SCENE III
Les mêmes, LE DUC d'ANJOU. Il entre, suivi d'une brillante escorte. Un de ses gentilshommes porte sur un coussin l'èpèe de connétable, dans une gaine de velours bleu, semée de fleurs de lis d'or.
DU GUESCLIN, au duc d'Anjou .
Qui me vaut cet honneur De voir un fils de France à mon lit funéraire ?
LE DUC D'ANJOU, aux assistants.
Grâce au ciel ! il n'est pas trop tard.
A Du Guesclin.
Le roi mon frère, Dont de malins rapports égarèrent l'esprit, Messire du Guesclin, a le cœur très contrit. Il a vu s'altérer avec trop de soutfrance Une amitié qui fit la gloire de la France. Mais, connaissant combien votre grand cœur l'aimait, 11 vous dit d'oublier, messire, et me commet Pour clore entre vous deux ce débat regrettable.
Je viens donc en son nom, monsieur le connétable, Vous embrasser et vous prier de ceindre eucor La glorieuse épée aux trois fleurs de lis d'or, Qui. i'y compte, fera longtemps son noble
II embrasse Du Guesdin.
DU G U ESCLÏH , très ému.
Ah ! monseigneur, c'est trop !... c'est trop !...