EPILOGUE, SCENE II
Puis, que mes héritiers prennent dans mon trésor
Pour les soldats blessés, trente mille écus d'or !
Mes armes, à mon frère Olivier je les donne.
Je me remets aux mains du Seigneur. Je pardonne
A ceux qui par erreur ou par mauvaise foi
M'ont pu nuire. En ce jour, je renouvelle au roi
Mon serment d'allégeance, et devant vous j'atteste
— Et j'en prends à témoin la justice céleste —
Que j'ai toujours servi Charles fidèlement,
Et que ma loyauté regrette seulement
De n'avoir pas pour lui pu faire davantage.
A vous autres, soldats, je laisse en héritage,
A toi, Clisson, à vous, de Sancerre, Mauny,
Mon labeur commencé que j'aurais bien fini
Si la mort ne s'était jetée à la traverse.
Ainsi qu'un laboureur qui promène la herse
Pour arracher l'ivraie et les ronces d'un champ,
Quarante ans on m'a vu, par la France, arrachant
En tout lieu l'étendard à la double licorne.
Contre l'invasion je fus comme une borne,
Et devant moi l'Anglais a reculé partout.
Mais vous devez mener cette œuvre jusqu'au bout.
Donc, du dernier soldat jusques au connétable,
Ne dormez dans un lit et ne mangez à table,
Jl8 LA GUERRE DE CENT AN-,
Tant qu'un Anglais sera possesseur d'un lambeau De sol qui ne soit pas le lieu de son tombeau !
TOUS
Nous le jurons!
du g u escli m.
Merci ! Je puis mourir sans crainte...
Mes amis, mes enfants, une dernière étreinte !
Le capitaine et les soldats entourent Du Guesclin et lui baisent les mains. Soudain éclatent au dehors des fanfares et des clameurs.
OLIVIER
Mais pourquoi tout ce bruit, page ?
UN PAGE entrant, à Du Guesclin.
C"est monseigneur Le duc d'Anjou.
DU CVF..-CUX,
Pour moi?
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