PROLOGUE D'OUVERTURE
Où, depuis deux cents ans, ô grand Français, ta Muse Jette des vérités à la foule et l'amuse. Et sur nos passions, en sublimes essors, Fait planer le bon sens du peuple dont tu sorp, Nous voulons faire encore éclater, ô poète, Le retentissement de ton grand rire honnête ! Vous viendrez après lui, vous tenant par la main. Racine, doux Français, Corneille, fier Romain ; Car l'admiration à jamais vous contemple Comme trois dieux égaux réunis dans un temple. Ils vous suivront, vos fils>et parfois vos rivaux, Qui se nomment Regnard, Beaumarchais, Marivaux. Et, pour qu'aux yeux du peuple assemblé devant elle Grandisse encor l'éclat de leur œuvre immortelle, Sur laquelle le temps destructeur passe en vain, Nous décidons qu'un art exquis, qu'un art divin, Que la chère musique à leurs drames s'allie. Mendelsohn gémira dans les chœurs d'Athalie; Et quand, sur les carreaux de velours, Chérubin Vers sa belle marraine, en robe de satin, Lancera son soupir dans sa chanson câline, Mozart habitera la douce mandoline; Et lorsque, sous la toge et le bonnet carré, Argan implorera le Dignus intrare,