‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 26 sur 191 · PROLOGUE D OUVERTURE · texte numérisé non relu

PROLOGUE D OUVERTURE

Conserve encor sa grâce et son esprit premier, Que la fleur soit toujours fraîche dans son herbier. Et que le papillon séché, mesdemoiselles, Garde la poudre d'or et d'azur de ses ailes.

Pourtant ne croyez pas que nous ayons pensé A nous tenir toujours ainsi dans le passé. Nous ne l'ignorons pas : le présent a ses gloires ; Et nous pouvons d'avance annoncer deux victoires, Deux drames consacrés par un ferme succès : Le Ruy-Blas, du premier des lyriques français. Dont l'œuvre radieuse, où l'idéal respire, Donne à notre patrie un égal de Shakspeare, Et dont, simple écuyer servant sous son pennon, Tout poète est heureux de saluer le nom ; Et, charme exquis auprès de la force infinie. Le Champi, que signa la femme de génie Qui chez nos paysans retrouve les échos Notés par Théocritt aux rivages de Cos, Et donne, en son idylle adorable et fragile. Au patois du Berry la grâce de Virgile.

Nous ferons encor plus; car nous voulons unir Aux trésors du passé l'effort de l'avenir.

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