‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 27 sur 191 · PROLOGUE D'OUVERTURE · texte numérisé non relu

PROLOGUE D'OUVERTURE

Place aux jeunes! dit-on. Pour ceux qu'ainsi l'on nomme, Nous ouvrons un concours loyal ; et le jeune homme Dont sera couronné le drame ou l'opéra, Est accueilli par nous, et sûr qu'on le jouera. Comment? Nous n'avons pas à faire notre éloge, Mais regardez. Voici le souffleur dans sa loge, Voici tous les décors et costumes voulus, Des acteurs, des chanteurs, un théâtre, et, de plus, Là, derrière le chef d'orchestre à son pupitre, Un public, le. vrai juge et le suprême arbitre. Notre aide, aux lauréats nous l'offrons ae bon cœur; Mais seuls, vous donnerez une palme au vainqueur.

Maintenant je devrais finir, mais il me semble. En voyant réunis tant de Français ensemble Venus pour acclamer les gloires du pays, Que par l'émotion nos cœurs sont envahis, Que nous chérissons plus, en ces heures amères. Le doux langage appris des lèvres de nos mères, Et que nous en trouvons les chefs-d'œuvre plus beaux, Quand un crêpe funèbre entoure nos drapeaux.

Oui, divin langage de France, Aux jours de deuil et de souffrance,

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Nous devons te comprendre mieux, Et nous t'aimons bien davantage, Cher et précieux héritage Que nous ont laissé nos aïeux.

O France, l'époque est passée

Où par ton glaive et ta pensée

L'univers était présidé;

Et tu ne peux plus, ô merveille!

Voir, pour ks vers du grand Corneille,

Couler les pleurs du grand Coudé.

Mais des chefs-d'œuvre qu'elle enfante Dans les jours de paix triomphante, Nous voulons choisir les plus beaux De cette langue inspiratrice Dont nous berça notre nourrice Et qu'on grave sur nos tombeaux.

Car ces magnifiques ouvrages, Où l'admiration des âges Revient toujours sans s'assouvir, Ces liers témoins de notre histoire, Ne sont pas comme un territoire:

On ne peut pas nous les ravir!

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