PROLOGUE D OUVERTURE. .jO
O seule langue universelle,
Toi que bégayait la Pucelle
Sous les fers des Anglais bourreaux,
Parle à nos âmes toujours prêtes
Et, par la voix de tes poètes,
Rends-nous le cœur de tes héros.
Cher langage avec qui l'on aime,
Apaise en ce péril suprême
Nos discordes et nos excès,
Et, vainqueur des partis contraires,
Donne des sentiments de frères
A tous ceux qui parlent français !
Cher langage avec qui l'on prie, Dieu, sévère pour la patrie, Ne t'a pas naguère écouté ; Mais il faudra qu'il te réponde, A toi qui fis le tour du monde En y semant la liberté !
Cher langage avec qui l'on pleure, Si devait pourtant sonner l'heure Où l'invasion reparût,