‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 7 sur 191 · SCENE II. IJ · texte numérisé non relu

SCENE II. IJ

Madame, et pour me faire un peu souffrir aussi, Pour cela seulement, que vous venez ici?

LA COMTESSE

Souffrir ?

RAYMON D

Oui! Vous venez, charmante et cordiale, Offrir votre joli supplice de Tantale, Et vous voulez qu'on vous réponde : « Avec plaisir.» Mais, si je consentais, je mourrais de désir; Mais vous me croyez donc tout à fait insensible? Mais je vous aime!

Adieu donc, beau rêve impossible, Fruit d'Éden, oiseau bleu, fleur trop rare, amitié! Eh bien! cela révolte et cela fait pitié, Qu'un homme n'ait jamais assez de modestie, Lorsque nous lui montrons un peu de sympathie, Pour ne pas, sur-le-champ, tomber à nos genoux, Protestant qu'il nous aime et qu'il se meurt pour nous. Mais c'est cet éternel mensonge qui nous pèse. Nous tendons franchement la main ; on nous la baise. Fi! le vilain baiser d'une bouche qui ment!

Mais si le malheureux aime et souffre vraiment, Que voulez-vous qu'il fasse ?

LA COMTE?? E

Attendre qu'on devine

C'est si long!

LA COMTESSE

Pas toujours.

Ah ! vous êtes divine!

Et je vais consentir à ce que vous voudrez; Mais c'est bien dur.

Ainsi, voilà : vous ne serez Pour moi qu'un compagnon tout franc, un camarade ; On causera, c'est tout. Pas la moindre tirade Sur le bonheur à deux et l'union des cœurs! D'ailleurs vous baisserez devant mes yeux moqueurs

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