‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 10 sur 17 · BALLADES J O Y E V S H S I · texte numérisé non relu

BALLADES J O Y E V S H S I

Ballade des belles Châlonnaises

Tour boire j'aime un compagnon, J'aime une franche gaillardise, J'aime un broc de vin bourguignon, J'aime de l'or dans ma valise, J'aime un verre fait à Venise, J'aime parfois les violons; Et surtout, pour faire à ma guise.

J'aime les filles de Châlons.

Ce n'est pas au bord du Lignon Qu'elles vont laver leur chemise.

Elles ont un épais chignon Que tour à tour frise et défrise L'aile du vent et de la brise :

De la nuque jusqu'aux talons, Tout le reste est neige et cerise.

J'aime les filles de Châlons.

Même en revenant d'Avignon On admire leur vaillantise.

Le sein riche et le pied mignon, L'œil allumé de convoitise, C'est dans le vin qu'on les baptise.

Vivent les cheveux drus et longs!

Pour avoir bonne marchandise, J'aime les filles de Chcâlonsl

Envoi .

Prince, un chevreau court au cytise Matin et soir, dans vos salons Vous raillez ma fainéantise :

J'aime les filles de Châlons.

Janvier 1862.

BALLADi:S JOYF.VSES 20I

Ballade de la bonne Doctrine

JLa gloriole est une viande creuse.

Rire à des yeux emplis de diamants, Baiser le front d'une vierge amoureuse, Être ébloui par les bleus firmaments.

Fuir la douleur entre des bras charmants, Boire un vin vieux bien vierge de teinture, Aimer une humble et forte créature, Dormir son saoul sur un bon matelas, Sur les murs nus clouer de la peinture, C'est le moyen d'avoir joie et soûlas.

Pleurer d'amour dans la nuit ténébreuse, Voir un beau sein tout chargé d'ornements, Cueillir la rose avec la tubéreuse.

Causer de rien, comme font les amants.

Tailler la pourpre en nobles vêtements,

Être ravi par l'humaine structure, Sucer le lait de la mère Nature, Quand l'or s'en va ne pas crier: Hélas! Prendre en tout temps Rabelais pour lecture, C'est le moyen d'avoir joie et soûlas.

Mordre en vainqueur la pomme savoureuse, Ouïr au loin le bruit des instruments, Rêver aux jours où rayonnait Chevreuse, Errer superbe au pays des romans, Chérir le calme et ses enchantements.

Louer la grâce à la riche ceinture, Tenir son cœur tout prêt à l'aventure.

Au mois d'avril fumer près des lilas.

Polir des vers pour la race future, C'est le moyen d'avoir joie et soûlas.

Envoi .

Prince, je fuis le monde et sa torture. Je resterai (Dieu veille à ma pâture!) Epris des vers, des lys, des falbalas, Tranchons le mot, de la littérature ; C'est le moyen d'avoir joie et soûlas.

Janvier 1862.

BALLADES JOYEVSES 2O3

Ballade en l'honneur de sa Mie

<J E ne vois que marionnettes Comme celles de Fagotin.

L'un est amoureux des planètes, Cet autre court dès le matin Pour un bracelet florentin Ou pour un livre d'alchimie.

Moi qui me fie à mon destin, Je ne veux du tout que ma mie.

On peut s'aller pendre aux sonnettes

Pour obtenir un picotin;

On peut débiter des sornettes

Avec l'aplomb d'un libertin ;

On peut s'enivrer au festin ;

On arrive à l'Académie

Avec un livre clandestin;

Je ne veux du tout que ma mie.

Ils se pâment pour des nonnettes Q.ui fout leur babil enfantin A la façon des serinettes.

Pourvu qu'elles aient l'air mutin, Des hommes de Romorantin Couvrent la plus sèche momie De diamants et de satin :

Je ne veux du tout que ma mie.

Envoi .

Que Rothschild garde son butin, Leverrier son astronomie, Et monsieur Nisard son latin, Je ne veux du tout que ma mie.

Janvier 1862.

BALLAOIIS JOYEVSES 20)

Ballade pour une amoureuse

IVlusE au beau front, muse sereine, Plus de satire, j'y consens.

N'offensons pas avec ma haine Le calme éther d'où tu descends.

Je chante en ces vers caressants Une lèvre de pourpre, éclose Sous l'éclair des cieux rougissants, Ici tout est couleur de rose.

Ma guerrière a le front d'Hélène.

Son long regard aux feux puissants Resplendit comme une phalène.

Tout est digne de mes accents :

Là, sur ces contours frémissants Où le rayon charmé se pose, La neige et les lys fleurissants; Ici tout est couleur de rose.

206 TKEXTE-SIX

Q.aelle tendre voix de sirène, Au soir, aux astres pâlissants Dira la blancheur de ma reine?

Éteignez-vous, cieux languissants!

O chères délices ! je sens Se poser sur mon front morose Les longs baisers rafraîchissants 1 Ici tout est couleur de rose.

Envoi .

Q.ue de trésors éblouissants Et dignes d'une apothéose !

Fleurs splendides, boutons naissants, Ici tout est couleur de rose.

Juin 1861.

BALLADES J O Y E V S li S

Ballade de sa fidélité à la Poésie

v^iiACUN s'écrie avec un air de gloire : A moi le sac, à moi le million!

Je veux jouir, je veux manger et boire. Donnez-moi vite, et sans rébellion, Ma part d'argent; on me nomme Lion.

Les Dieux sont morts, et morte l'allégresse, L'art défleurit, la muse en sa détresse Fuit, les seins nus, sous un vent meurtrier. Et cependant tu demandes, maîtresse.

Pourquoi je vis? Pour l'amour du laurier.

O Piéride, ô fille de Mémoire, Trouvons des vers dignes de Pollion!

Non, mon ami, vends ta prose à la foire. Il s'agit bien de chanter Ilionl Cours de ce pas chez le tabellion.

2o8 TRENTE -s IX

Les coteaux verts n'ont plus d'enchanteresse; On ne va plus suivre la Chasseresse Sur l'herbe fraîche où court son lévrier. Si, nous irons, ô Lyre vengeresse.

Pourquoi je vis? Pour l'amour du laurier.

Et Galatée à la gorge d'ivoire

Chaque matin dit à P3'gmalion :

Oui, j'aimerai ta barbe rude et noire,

Mais que je morde à même un galion !

Il est venu, l'âge du talion :

As-tu de l'or? voilà de la tendresse.

Et tout se vend, la divine caresse

Et la vertu; rien ne sert de prier;

Le lait qu'on suce est un lait de tigresse.

Pourquoi je vis? Pour l'amour du laurier.

Envoi .

Siècle de fer, crève de sécheresse; Frappe et meurtris l'Ange à la blonde tresse. Moi, je me sens le cœur d'un ouvrier Pareil à ceux qui fîorissaient en Grèce. Pourquoi je vis? Pour l'amour du laurier.

Juillet i8éi.

BALLADES JOYEVSES 2C9

Ballade à la gloire du Lys

IVlusE au front d'or, farouche Aganippide, Je chanterai le Lys, aux Dieux pareil, Le Lys charmant, le Lys au cœur splendide. IDès qu'il fleurit, la Nature en éveil, Comme à son roi, lui demande conseil.

Couche de nacre où s'éveille l'Aurore, Noble palais que bat la mer sonore.

Blanc coudrier qui sait plaire à Phyllis, Pommier en fleur qui de rayons se dore. Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys.

La nuit, au bord de la source limpide, Le Lys s'endort d'un superbe sommeil.

Près du flot bleu qui doucement se ride. Tel, en songeant, dort sous un dais vermeil Un roi d'Asie en son riche appareil.

Neige étendue aux rives du Bosphore, Clair vêtement qu'un sein aigu colore, Temple de Tyr ou d'Héliopolis, Lotus divin dont le flot se décore, Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys.

Tel, ô guerrière, ô blanche Tyndaride,

Le sable est fier de baiser ton orteil,

Le Lys joyeux, riant, de pleurs humide.

Se dresse, orgueil du monde, à son réveil,

Et resplendit dans l'éclair du soleil.

Perle gisant dans l'or du sable more,

Urne que tient la svelte choéphore, •

Marbre vivant ciselé par Scyllis,

Nymphe au beau sein compagne du centaure,

Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys.

Envoi .

Lys exalté, grande fleur, je t'adore.

Cygne rêvant, contour pur de l'amphore, Nuit d'argent, voile éthéré des willis, Col de Vénus, pieds nus de Terpsichore, Rien n'est pareil à la gloire d'un Lys.

juin i86i.

BALLADES JO Y EVSES 211

Ballade sur la gentille façon de Rose

IVosE est toute caprice, et moi J'adore son œil qui pétille, Et je sens des bonheurs de roi Rien qu'à lui baiser la cheville.

Elle s'habille, elle babille, M'appelle avec son regard bleu, Et puis s'enfuit comme une anguille :

Jamais ne vites si beau jeu.

Je marche, comme à Fontenoy, Contre la folle qui frétille.

Et la voici presque en émoi.

Puis elle s'envole et grappille Une praline à la vanille :

On dirait que je parle hébreu !

La bonne heure qu'elle gaspille!

Jamais ne vîtes si beau jeu.

Je veux la quereller, ma foi ! Mais sa colère est si gentille!

Allons, c'est moi qui fais la loi.

Je la caresse et je la pille.

Mais elle remet sa mantille, M'effleure de sa lèvre en feu.

Et pleure pour ma peccadille :

Jamais ne vîtes si beau jeu.

Envoi .

Je baise une larme qui brille, Un bout de dentelle, un cheveu ; Elle rit, la méchante fîlle!

Jamais ne vîtes si beau jeu.

Février 1861.

BALLADES JOYEVSES 21^

Ballade pour sa commère

LfE beau baptême et la belle commère!

Quels jolis yeux ! disaient les assistants. On rôtissait les bœufs entiers d'Homère Et l'on ouvrait la porte à deux battants. Bonne Alizon ! même après tant de temps, Q.uand je la vois, mon âme en est tout aise. Elle a des yeux d'enfer, couleur de braise, Et le sein rose et des lys à foison ; Elle est savante avec ses airs de niaise. Le bon dieu gard' ma commère Alizon !

En ce temps-Là, mordant l'écorce amère, Dans mon pays de forêts et d'étangs, J'étais encore un coureur de chimère.

Elle, on eût dit un matin de printemps! Mais, à la fin, voici qu'elle a trente ans.

Ses grands cheveux sont blonds, ne vous déplaise !

Et longs et fins, et lourds, par parenthèse,

A n'y pas croire. O la riche toison!

A la tenir on sait ce qu'elle pèse.

Le bon dieu gard' ma commère Alizon!

Oh! comme fuit cette enfance éphémère!

Mon Alizon, dont les cheveux flottants Étaient si fous, regarde, en bonne mère, Ses petits gars, forts comme des titans, Courir pieds nus dans les prés éclatants. Elle travaille, assise sur sa chaise.

Ne croyez pas surtout qu'elle se taise Plus qu'un oiseau dans la belle saison. Et sa chanson n'est pas la plus mauvaise. Le bon dieu gard' ma commère Alizon!

Envoi .

Avec un rien, on la fâche, on l'apaise. Les belles dents à croquer une fraise!

J'en étais fou pendant la fenaison.

Elle est mignonne et rit quand on la baise, Le bon dieu gard' ma commère Alizon !

Juin 1861.

BALLADES JOYEVSES 21$

Ballade pour célébrer les pucelles

I uiSQUE Paris, fou de poudre de riz, Veut qu'on se plâtre en manière de C5'gne, Et qu'il a fait ses plaisirs favoris

De ces gotons qui se peignent un signe, Je tourne bride et change ma consigne.

Loue avec nous, Amour, méchant garçon, La gerbe d'or qui sera ta moisson ; Viens, lorsqu'on suit les saintes jouvencelles Q.ui vont tressant leurs voix à l'unisson,

II sied de boire en l'honneur des pucelles.

Le parfumeur vend les Jeux et les Ris Et sous les 5'eux on se trace une ligne. On badigeonne un front comme un lambris; C'est trop de luxe et je m'en sens indigne. Qu'on me ramène à la feuille de vigne 1

2l6 TRENTE-SIX

Oh I quelle gloire, ignorer sa leçon I

Balbutier l'immortelle chanson I

Rien n'est cruel et divin comme celles

Que fait rougir un timide frisson :

Il sied de boire en l'honneur des pucelles.

Les vierges sont des cœurs et des esprits,

Et la candeur sereine les désigne.

Leurs francs appas sont comme un gai pourpris

Jonché de rose et de blancheur insigne;

Le lys les nomme et la neige les signe.

Leurs bras polis sont froids comme un glaçon

Et le Désir niche dans le buisson

De leurs cheveux, où brillent des parcelles

D'or, ouvragé d'une riche façon.

11 sied de boire en l'honneur des pucelles.

Envoi .

Il faut se rendre et leur payer rançon, Lorsque Vénus, guidant son enfançon, Dans leurs yeux noirs jette des étincelles. Le vin bouillonne; allons, verse, échanson, Il sied de boire en l'honneur des pucelles.

Avril i8éi.

BALLADES JOYEVSES 2t7

Ballade en faveur de la Poésie dédaignée

1 oi qui tins la lyre et le glaive, Et qui marchais, rouge d'éclairs, Dans l'action et dans le rêve, O rude forgeron des vers Qui faisaient tressaillir les mers, Ame de héros courroucée Qui t'exhalais en hymnes fiers, Où dors-tu, grande ombre d'Alcée?

Viens parmi nous! combats sans trêve.

Il en faut de ces cris amers Que tu répandais sur la grève.

La Muse, ivre des maux soufferts.

S'en va cacher dans les déserts Sa lyre pour jamais blessée. Toi que ravivent ses concerts, Où dors-tu, grande ombre d'Alcée

2l8 TRENTE-SIX

Ton laurier perd sa mâle sève, O maître, par ses flancs ouverts.

Reviens, comme un dieu qui se lève, Pour guérir ceux qui te sont chers, Abriter sous tes rameaux verts Le martyre de la Pensée Que déchirent ces noirs hivers.

Où dors-tu, grande ombre d'Alcée?

Envoi .

due ton courroux brûle mes chairs!

Donne-moi ta haine amassée Sur la terre et dans les enfers.

Où dors-tu, grande ombre d'Alcée ?

Décembre 1861.

BALLADES JOYEVSES

Ballade de Banville aux Enfants perdus

J E le sais bien que Cythère est en deuil!

due son jardin, souffleté par l'orage,

O mes amis, n'est plus qu'un sombre écueil

Agonisant sous le soleil sauvage.

La solitude habite son rivage.

Qu'importe! allons vers les pays fictifs!

Cherchons la plage où nos désirs oisifs

S'abreuveront dans le sacré mystère

Fait pour un chœur d'esprits contemplatifs:

Embarquons-nous pour la belle Cythère.

La grande mer sera notre cercueil ; Nous servirons de proie au noir naufrage, Le feu du ciel punira notre orgueil Et l'aquilon nous garde son outrage.

Qu'importe ! allons vers le clair paysage !

Malgré la mer jalouse et les récifs,

Venez, partons comme des fugitifs.

Loin de ce monde au souffle délétère.

Nous dont les cœurs sont des ramiers plaintifs,

Embarquons-nous pour la belle Cythère.

Des serpents gris se traînent sur le seuil Où souriait Cypris, la chère image Aux tresses d'or, la vierge au doux accueil ! Mais les amours sur le plus haut cordage Nous chantent l'hymne adoré du voyage.

Héros cachés dans ces corps maladifs, Fuyons, partons sur nos légers esquifs, Vers le divin bocage où la panthère Pleure d'amour sous les rosiers lascifs : Embarquons-nous pour la belle Cythère.

Envoi.

Rassasions d'azur nos yeux pensifs!

Oiseaux chanteurs, dans la brise expansifs, Ne souillons pas nos ailes sur la terre. Volons, charmés, vers les Dieux primitifs! Embarquons-nous pour la belle Cythère.

Mai 1861.

BALLADES JOYEVSES

Ballade pour la servante du cabaret

i\mi, partez sans moi; l'Amour vous suit

Pour faire fête à votre belle hôtesse.

Vous dites donc qu'on aura cette nuit

Souper au vin du Rhin, grande liesse

Et cotillon chez une poëtesse.

Q.ue j'aime mieux dans les quartiers lointains,

Au grand soleil ouvert tous les matins,

Ce cabaret flamboyant de Montrouge

Où la servante a des yeux libertins!

Vive Margot avec sa jupe rouge!

On peut trouver là-bas, si l'on séduit Quelque farouche et svelte enchanteresse, Un doux baiser pris et donné sans bruit, Même, au besoin, un soupçon de caresse; Mais, voyez-vous, Margot est ma déesse.

J'ai tant chéri ses regards enfantins,

Et les boutons de rose si mutins

Qu'on voit fleurir dans son corset qui bouge 1

Sa lèvre est folle et ses cheveux châtains :

Vive Margot avec sa jupe rouge!

J'ai quelquefois grimpé dans son réduit Où le vieux mur a vu mainte prouesse.

Elle est si rose et si fraîche au déduit, Quand rien ne gène en leur rude allégresse Son noble sang et sa verte jeunesse!

Le lys tremblant, la neige et les satins Ne brillent pas plus que les blancs tétins Et que les bras de cette belle gouge.

Pour égayer l'ivresse et les festins.

Vive Margot avec sa jupe rouge!

Envoi .

Prince, chacun nous suivons nos destins. Restez ce soir dans les salons hautains De Cidalise, et je retourne au bouge, Aux gobelets, aux rires argentins.

Vive Margot avec sa jupe rouge!

Février 1861.

BALLVDES JOYEVSES 225

Ballade pour une aux cheveux dorés

V^YPRis comme toi, fleur d'amour, Eut cet adorable enjouement, Cette lèvre dont le contour M'attire comme un doux aimant, Et tout ce resplendissement D'un incomparable trésor, Prunelles de clair diamant, Sourcils d'ébène et frisons d'or.

Tes cheveux, en chaque détour, Ont comme le bruissement Du flot bleu qui baigne la tour.

En toi, pour des regards d'amant Tout est le miracle charmant Que ton âme embellit encor.

Roses, neiges, enchantement.

Sourcils d'ébène et frisons d'or.

Et tout nous ravit tour à tour, Roses faites d'embrasement, Cheveux plus vermeils que le jour.

Sein plus blanc que le pur froment, Yeux profonds, qu'emplit fièrement De lumière, un profond décor D'étoiles et de firmament, Sourcils d'ébène et frisons d'or.

Envoi .

O chère joie! ô cher tourment!

Ma strophe au gracieux essor Mêle, en son éblouissement, Sourcils d'ébène et frisons d'or!

Février i8éi.

BALLADES JOYEVSES 22$

Ballade pour trois sœurs qui sont ses amies

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