‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 12 sur 17 · A sottise partout fait rage · texte numérisé non relu

A sottise partout fait rage

Bienheureux qui s'est abstenu D'ouïr maint et maint personnage Dont l'esprit a pour revenu Le banal et le convenu :

Que le Diable serre leurs gorges!

Puisque te voilà prévenu, Souviens-toi bien de cela, Georges.

Si tu veux vivre en homme sage,

Lorsque l'âge sera venu,

Fuis l'oisif et son bavardage,

Le rêveur au cerveau cornu

Et l'imbécile parvenu ;

Car tous ces gens-là font leurs orges

En pillant l'artiste ingénu.

Souviens-toi bien de cela, Georges.

Pour les filles au cœur volage Q.ui s'en vont, le sein demi-nu, Avec une fleur au corsage.

Fuis cette gent trotte-menu.

Car Amour, forgeron connu.

Pour leurs yeux martèle en ses forges Plus d'un trait subtil et ténu.

Souviens-toi bien de cela, Georges.

Ejivoi .

Il faut les fuir au bois chenu Des merles et des rouges-gorges, Ou dans le travail continu :

Souviens-toi bien de cela, Georges.

Juillet 1869.

BALLADES JOYEVSES 245

Ballade à sa femme, Lorraine

IVloN cher amour, c'est presque à Domremi

Que te berça la plaine bocagère,

D'où ton courage et ton cœur affermi;

Car tu naquis, ô bonne ménagère,

Dans le pays de la grande Bergère.

Comme au travail jamais tu ne pleuras

Ta peine rude et ne désespéras,

Dans la maison, régente et souveraine,

Tu fais tout luire, et toujours tu seras

D'un vaillant cœur, ô ma bonne Lorraine.

Quand nos Iris au teint pauvre et blêmi. Pour garder mieux leur beauté d'étagère. Traînent leurs pas d'un bel air endormi. Toi, tu fais tout, lingère et boulangère. D'une main forte à la fois et légère.

Tu sais aussi confire les cédrats

Et rendre nets les planchers et les draps

Comme faisaient ta mère et ta marraine;

Mais je te vois bâiller aux opéras

D'un vaillant cœur, ô ma bonne Lorraine,

Pour la douleur dont j'ai souvent gémi,

Elle s'enfuit, vision mensongère !

Grâce à toi seule et sous ton souffle ami,

Elle s'en va d'une aile passagère,

Et je l'oublie ainsi qu'une étrangère.

Vrai médecin, ignorant le fatras,

(Car tu guéris mon mal, sans embarras.

En le domptant par ta vigueur sereine,)

Pour le charmer, tu me prends dans tes bras

D'un vaillant cœur, ô ma bonne Lorraine.

E nvol.

Chère a me en feu, qui me transfiguras, due le bonheur, sans nous trouver ingrats, Devant nos pas comme un collier s'égrène. Je t'aimerai, comme tu m'aimeras, D'un vaillant cœur, ô ma bonne Lorraine.

Juillet 1869.

BALLADES JOYEVSES 24;

Ballade de la belle Viroise

EGARDEZ-LA, Cette fille de Vire Bonne à porter les sacs de son moulin! Elle ravit avec son large rire Tout le pays d'Olivier Basselin ; Elle a l'air, brave et le geste malin Et la noblesse au front, bien que vilaine, Et le sein droit, sans corset de baleine. Elle babille ainsi qu'un moineau franc; Le vent la baise et boit sa fraîche haleine, O lèvre rouge, ô belle fleur de sang!

Cette beauté qui jamais ne soupire

Court par les champs comme un jeune poulain

Et chante et mange, et folâtre et respire.

Même elle vide avec Pierre et Colin

Son pot de cidre écumeux et tout plein.

Dans le manoir dont elle est châtelaine One ne vit-on ruolz ni porcelaine ; Mais ses dents sont de neige, et bien en rang Comme s'en vont les agneaux dans la plaine. O lèvre rouge, ô belle fleur de sang I

L'ennui, ce mal afl"reux qui nous déchire. N'est pas connu de son cœur masculin.

Notre Viroise au ruisseau qui l'admire Lave ses pieds dans le flot cristallin; Puis, sous l'ardent soleil à son déclin, Par le sentier fleuri de marjolaine.

Laissant flotter son cotillon de laine Sur la rondeur de son robuste flanc.

Elle s'en va, chantant de sa voix pleine, O lèvre rouge, ô belle fleur de sang !

Envoi .

Prince, la bouche en fleur de Madeleine Pâlit d'amour parfois, jamais de haine.

Le magister, assis sur un vieux banc, En la voyant dit : C'est la grecque Hélène. O lèvre rouge, ô belle fleur de sang!

Juillet 1869.

BALLADES JOYEVSES

Ballade sur lui-même

Assembleur de rimes, Banville, C'est bien que les chardonnerets Chantent dans les bois de Chaville; Mais veux-tu chez les Turcarets Emplir ton coffre et tes coffrets ?

Plante là ton rêve féerique!

C'est bien dit, mais je ne saurais, Je suis un poëte lyrique.

Je puis encor charmer la ville Avec la flûte de Segrais; Mais exercer un art servile, Comment l'oserions-nous, pauvrets!

Si je le pouvais, j'aimerais La toile-cuir et l'Amérique, Mais de quoi servent les regrets?

Je suis un poëte lyrique.

Mon allure est trop peu civile.

Toujours (autrement je mourrais,) Fuyant toute besogne vile, Je retourne aux divins retraits, Comme, fuyant l'impur marais, A travers la nue électrique L'oiselet retourne aux forêts; Je suis un poëte lyrique.

Etivoi.

Prince, voilà tous mes secrets, Je ne m'entends qu'à la métrique :

Fils du dieu qui lance des traits, Je suis un poëte lyrique.

Juillet 1869.

BALLADES JO Y EVSES 2<y l

Ballade de l'Amour bon ouvrier

L. E monde est plein de compagnons habiles, De ciseleurs, de rudes artisans Forgeant. le fer ou les métaux fragiles, Faiseurs d'outils et de joyaux plaisants, Tenant la lime ou les marteaux pesants. D'autres, chanteurs, histrions, folle race, Ayant des tours nombreux en leur besace, Vont mariant la flûte et le tambour; Mais entre tous, quelque ouvrage qu'il fasse, Le plus subtil ouvrier, c'est Amour.

11 fait errer les zéphyrs indociles Dans les cheveux des filles de seize ans, 11 enrubanne Églé dans les idylles, Fauche la gerbe avec les paysans Ou fait piaffer les chevaux alezans,

Baisse les yeux ou danse la cordace.

Il fait des ducs avec la populace Et des bergers avec des gens de cour; Glaçant la flamme, il échauffe la glace : Le plus subtil ouvrier, c'est Amour.

Nous le voyons avec ses doigts agiles Cousant l'habit vermeil des courtisans Ou, fier sculpteur, pétrissant les argiles; Gueux qui mendie ou donneur de présents. Sinistre, ou gai comme des vers luisants. Pêcheur, il prend tout poisson dans sa nasse; Archer folâtre, il atteint dans sa chasse Buse et colombe, alouette et vautour.

Joueur de luth, on le fête au Parnasse: Le plus subtil ouvrier, c'est Amour.

Envoi .

Prince, Amour vaut Tartuffe et Lovelace. Comédien et roi de la grimace.

Soldat, mercier, diplomate et pastour, Il est tout; nul métier ne l'embarrasse. Le plus subtil ouvrier, c'est Amour.

Juillet 1869.

BALLADES JOYEVSES 255

Ballade du Rossignol

Oous les berceaux touffus, près de la rive, Deux amoureux, couple jeune et charmant, Passent. Il est heureux, elle est pensive. La bien-aimée a souri tendrement, Dans ses yeux noirs brille un noir diamant. C'est l'heure émue, ardente, électrisée!

Pour sa compagne auprès de lui posée, Au vaste azur qu'a mesuré son vol. Lançant, joj'eux, sa voix divinisée.

Au fond des bois chante le rossignol.

La bien-aimée, âme fière et captive, Laisse tomber ses bras languissamment.

Elle frémit comme une sensitive.

Devant ses yeux tout n'est qu'enchantement. La blanche lune éclaire à ce moment

Sa main d'enfant, par les lys jalousée. Dans les rameaux, sur la rive opposée, Semblant alors égrener sur le sol Sa strophe d'or de mille feux croisée, Au fond des bois chante le rossignol.

Ils parlent bas, et la brise furtive

Touche leurs fronts délicieusement.

Pâle de joie et cependant craintive,

La bien-aimée, au bord du flot dormant,

Vient, et se penche au bras de son amant.

L'aile du feu des astres arrosée,

Et frémissante et par le vent baisée,

Fier, célébrant son triomphe, le col

Dans la lumière et baigné de rosée,

Au fond des bois chante le rossignol. 'I

Envoi.

Le chant éclate en brillante fusée,

Et, s'enivrant de lumière irisée,

L'oiseau dérobe aux cieux, par un doux vol.

Les traits divins de son hymne embrasée.

Au fond des bois chante le rossignol.

Juillet 1869,

BALLADES JOYEVSES 25 5

Ballade de Victor Hugo père de tous les rimeurs

12 N ce temps dédaigneux, la Rime A force amants et chevaliers.

Ces chanteurs, pour qu'on les imprime.

Accourent chez nos hôteliers De Voyron, pays des toiliers, D'Auch, de Nuits, de Gap ou de Lille, Et nous en avons par milliers, Mais le père est là-bas, dans l'ile.

Les uns devant le mont sublime Bâtissent de grands escaliers Qui vont jusqu'à la double cime; Ceux-là, comme des oiseliers, Prennent des rhythmes singuliers, Ou rejoignent l'abbé Delille Par le chemin des écoliers ; Mais le père est là-bas, dans l'île.

D'autres encor tiennent la lime ; D'autres, s'adossaut aux piliers, Heurtent la sottise unanime De leurs fronts, comme des béliers D'autres, effrayant les geôliers Du grand cri de Rouget de l'Isle, Brisent nos fers et nos colliers; Mais le père est là-bas, dans l'île.

Envoi .

Gautier parmi ces joailliers Est prince, et Leconte de Lisle Forge l'or dans ses ateliers ; Mais le père est là-bas, dans l'île.

Août 1869.

BALLADES JOYEVSES 257

Ballade de la sainte Buverie

UME le piot sans trêve, biberon.

Le Tourangeau, le poëte au grand cœur, Maître François, le sage vigneron Qui parmi nous fut comme un dieu vainqueur, Maître François, riant, joyeux, moqueur, Comme un Bacchus debout sur son pressoir, Écrase encor le raisin du terroir Et du sang rose emplit son broc divin. As-tu soif? bois la vie et bois l'espoir. C'est Rabelais qui nous verse du vin.

Nous boirons tous, l'ouvrier, le patron Et l'usurier de nos sous escroqueur.

Et le soldat qu'emporte le clairon ! Donc, fais en paix ton commerce, troqueur, Et toi, noircis tes feuilles, chroniqueur.

Fume l'andouille et garnis le saloir, Bon paysan courbé sous le devoir, Ou travailleur des bois, rude Sylvain Toujours cognant sous le feuillage noir : C'est Rabelais qui nous verse du vin.

Q.ui que tu sois, artisan, bûcheron, Humble mercier fait pour chanter le choeur Sur le théâtre où déclame Néron, Même valet d'écurie ou piqueur, Tu goûteras à la rouge liqueur.

Quand tu serais, en ton pauvre manoir, Plus altéré que ne l'est vers le soir D'un jour de juin, le sable d'un ravin, Nargue la soif, car tu n'as qu'à vouloir, C'est Rabelais qui nous verse du vin.

Envoi.

Prince, la France enivrée a pu voir Le flot sacré dans son verre pleuvoir.

Buvons encor ! nous n'aurons pas en vain Soif de gaieté, d'amour et de savoir, C'est Rabelais qui nous verse du vin.

Septembre 1869.

BALLADES J O Y E V S li S 2)0

Ballade à sa Mère

Madame Élisareth Zélie de Banville

1 oujouRs charmé par la douceur des vers, Ne pense pas que je m'en rassasie.

Même à cette heure, en dépit des hivers, J'ai sur la lèvre un parfum d'ambroisie. Né pour le rhythme et pour la poésie, Dans nos pays, où, tenant son fuseau, Le long des prés où chante un gai ruisseau Va la bergère au gré de son caprice, Je surprenais les soupirs du roseau.

Tu le sais, toi, ma mère et ma nourrice.

Tout a son prix; mais hors les lauriers verts, Je puis encor tout voir sans jalousie, Car chanter juste en des mètres divers Serait ma loi, si je l'avais choisie.

Quand m'emporta la sainte frénésie.

26o TRENTI--SIX

Parfois, montant Pégase au fier naseau, J'ai de ma chair laissé quelque morceau Parmi les rocs; plus d'une cicatrice Marquait alors mon front de jouvenceau, Tu le sais, toi, ma mère et ma nourrice.

Et je me crois maître de l'univers!

Car pour orner ma riche fantaisie.

J'ai des rubis en mes coffres ouverts.

Tels qu'un avare ou qu'un sultan d'Asie. Foin de l'orgueil et de l'hypocrisie !

Comme un orfèvre, avec le dur ciseau Dont mainte lime affûte le biseau, Je dompte l'or sous ma main créatrice, Car une fée enchanta mon berceau, Tu le sais, toi, ma mère et ma nourrice.

Ma mère, ainsi j'aurai fui tout réseau. N'étant valet, seigneur ni damoiseau. (Q.ue de ce mal jamais je ne guérisse!) J'aurai vécu libre comme un oiseau, Tu le sais, toi, ma mère et ma nourrice.

19 novembre 1869.

HALLADl-S JOYEVSES 261

Ballade à la louange des Roses

Je veux encor d'un vers audacieux

Louer la fleur adorable et sanglante

Q.ui dit : Amour! sous l'œil charmé des cieux

La fleur qui semble une lèvre vivante

Et qui nous baise, et dont la couleur chante

Dans ses rougeurs un bel hymne idéal.

Par ce matin vermeil de Floréal,

Je veux chanter le calice où repose

L'enivrement du parfum nuptial.

Sur toutes fleurs je veux louer la Rose.

La Rose ouvrait son cœur délicieux.

Dans les sentiers où verdissait l'acanthe Tu la rougis de ton sang précieux.

Reine de Cypre, ô Cypris triomphante!

La violette est sa pâle servante.

Le chaste lys près du flot de cristal Reste épris d'elle, et n'est que le vassal De sa splendeur suave et grandiose, Et l'astre seul croit qu'il est son égal. Sur toutes fleurs je veux louer la Rose

Sans dérider le Roi silencieux, Vivant rubis, une Rose galante Egayé, au sein du palais soucieux.

Les cheveux blonds de la petite Infante. Et cependant, sans voir son épouvante, Pareil lui-même au sombre Escurial, Son père au front livide et glacial Se tient auprès d'une fenêtre close, Paie à jamais de son ennui royal.

Sur toutes fleurs je veux louer la Rose.

Envoi .

Prince, un divin poëte oriental Chanta jadis pour son pays natal Ma fleur de pourpre et son apothéose.

Tel, après lui, dans un chant triomphal, Sur toutes fleurs je veux louer la Rose.

Mai 1869.

BALLADES J O Y li V S IC S

Ballade pour les chanteurs

D OYONS sérieux ou bouffons, Mais chantons! Luth ou flageolet, C'est par là que nous triomphons, Prenant les âmes au filet.

Lion fauve, doux agnelet Et rochers à qui maintes fois Orphée en leur langue parlait, Tout cède au charme de la voix.

Jeannettes que nous attifons, Lindors triés sur le volet.

Banquier maniant ses chiffons.

Soudard tenant son pistolet.

Moine disant sou chapelet.

Amour qui de ses petits doigts Sans façon nous prend au collet, Tout cède au charme de la voix.

Chantons sous les ardents plafonds Où l'or pompeux met son reflet, Ou dans les bocages profonds Comme fait le rossignolet, Mais chantons! Duc ou Jodelet, Orgueil indomptable des rois Et fillette à l'esprit follet, Tout cède au charme de la -coix.

Prince, je suis votre valet!

Vous aimez Lyse, je le vois; Eh bien, chantez! car, s'il vous plaît, Tout cède au charme de la voix.

Juillet 1869.

BALLADES JOYEVSLS 265

Ballade de la joyeuse chanson du cor

/1.IXSI qu un orage tonnant A la voix des magiciens, Le cor éveille, en résonnant Sur les coteaux aériens, Le chœur des vents musiciens.

Sonnez, piqueurs galonnés d'or!

Parmi les aboiements des chiens Q.u'il est joyeux le chant du cor I

Dans le clair matin rayonnant.

Plus d'ennuis et plus de liens Au bois sauvage et frissonnant Q.ui n'a que des loups pour gardiens ! Éclatez, cris olympiens, Encor! encor! encor ! encor!

O chasseurs, francs bohémiens, Q.u'il est joyeux le chant du cor!

266 TKENTE-SIX

Le soleil embrase, en tournant, Les gorges de ces monts anciens, Et l'on croit y voir maintenant Briller cent rubis indiens.

O sanglier géant, tu viens Tomber dans ce riche décor :

Hurrah! bons chiens patriciens!

Qu'il est joyeux le chant du cor!

Envoi.

Prince, les beaux tragédiens due ces chiens au rapide essor, Et dans les vents éoliens Q.u'il est joyeux le chant du cor!

Octobre 1869.

BALLADES JOYEVSILS 267

Ballade à la Sainte Vierge

ERGE MarieI après ce bon rimeur François Villon, qui sut prier et croire, Et qui jadis, malgré sa folle humeur, Fit sa ballade immortelle à ta gloire.

Je chanterai ton règne et ta victoire.

Ton diadème éclate avec fierlé Et sur ton front il rayonne, enchanté.

Mille astres d'or frissonnent sur tes voiles. Tu resplendis, ô Lys de pureté, Dame des Cieux, dans l'azur plein d'étoiles.

Mère sans tache, entends notre clameur Et sauve-nous du mirage illusoire!

Vierge, à travers le Jiionde et sa rumeur Guide nos pas tremblants dans la nuit noire. Luis, Porte d'Or! Apparais, Tour d'Ivoire!

268 TRENTE-SrX

Toujours le Mal, avec peine évité,

Poursuit notre ombre, et dans l'obscurité

Pour nous meurtrir ce chasseur tend ses toiles.

Aide-nous, toi dont le Fils a lutté.

Dame des Cieux, dans l'azur plein d'étoiles!

Conduis le faible! Eveille le dormeur!

Parfois le sombre Océan sans mémoire

Rit à nos yeux troublés, comme un charmeur,

Et montre un flot calme et rayé de moire

Comme une source où la biche vient boire;

Puis il devient un gouffre épouvanté!

Quand le marin sent l'orage irrité

Briser ses mâts et déchirer ses voiles,

Tu fais pour lui briller une clarté,

Dame des Cieux, dans l'azur plein d'étoiles!

Envoi .

Reine de Grâce, et Reine de Bonté,

Aide et soutiens notre fragilité.

Fuyant l'abîme affreux que tu nous voiles,

Fais que notre âme arrive en liberté.

Dame des Cieux, dans l'azur plein d'étoiles!

Mai 1869.

BALLADES JOYEVSES 269

Ballade au lecteur, pour finir

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