TRENTE-SIX BALLADES JOYEVSES
Clément Marot, puis La Fontaine aussi, Après Villon, s'en mêlèrent ainsi; Mais plus heureux que ces fiers Encelades Ou qu'un mineur qui trouve le Sancy, J'ai composé mes trente-six ballades.
Folâtrement, comme j'en ai fait vœu,
Pour ton plaisir j'ai fini cet ouvrage.
Avec ta mie errant sous le ciel bleu,
Emporte-le dans la forêt sauvage
Où l'herbe pousse, et lisez sous l'ombrage.
Au fond du bois par le soir obscurci.
Le rossignol tremblant donne le si
De Tamberlick dans toutes ses roulades;
Mais, tu l'entends, moi je le donne aussi.
J'ai composé mes trente-six ballades.
Envoi .
Ami lecteur, qui seul fais mon souci, Ne va point dire : Il n'a pas réussi Même à gravir par maintes escalades Le double mont; je te répondrais : Si, J'ai composé mes trente-six ballades.
Octobre 1869.
<co
THZ^risL a VILLOlsL
Dage Villon, dont la mémoire fut Navrée, hélas! comme une Iphigénie, Tant de menteurs s'étant mis à l'affût, Dans ta légende ahfurde, moi je nie Tout, grand aïeul, hors ton libre génie, O vagabond dormant fous le ciel bleu.
Qui vins un jour nous apporter le feu Dans ta prunelle encore épouvantée.
Ce vol hardi, tu ne l'as fait qu'à Dieu. Tu fus larron, mais comme Prométhée.
3 1 juin 1873.
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