LA GLOIRE DE MOLIÈRE
01)E UÉCITIÎE AU THEATRE DE l'odÉOX, LE lo JANVIER 1851.
La Poésie. M"'-' Roger-Solié.
La Comédie. M"* Sarah Félix,
Le Drame. M"'e Marie Laurent.
Alceste. M. Bouchet.
L'a rideau devant lequel sont groupées les trois Muses de la Poésie, de la Comédie et du Drame.
LA POKSIE.
Peuple, je suis la Poésie.
Ma lyre, en horreur aux méclianls.
Vibre, et ma sainte frénésie Laisse, comme un flot d'ambroisie, Déborder la source des chants.
En ce jour où naquit Molière, Je viens, au doux sou de mes vers, Sur sa tête aux Dieux familière, Au lieu de roses et de lierre, Poser ces lauriers toujours verts.
Car, depuis le siècle d'Astrée, Nul parmi ces audacieux Que je redoute et que je crée, N'a mieux su la langue sacrée Empruntée au rhjthme des cieux.
360 LE SANG dp: la coupe.
Et moi qui descends d'une cime Et qui naquit sur un autel, Ame du mètre et de la rime, Je veux voir sur son front sublime Briller le feuillage immortel.
Et sous mes pieds, sœur du poëte, Foulant les trésors, dédaignés Pour une plus noble conquête, J'entrelacerai sur sa tête Ces rameaux, de soleil bai£?nés.