‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 125 sur 160 · CHOEUR DES NYMPHES ET DES NAL\DES · texte numérisé non relu

CHOEUR DES NYMPHES ET DES NAL\DES

Sommeille, ô bel enfant, et que le dieu voilé

Égare tes yeux bleus dans un rêve étoile !

Vêtu d'un sombre azur, comme le ciel nocturne,

(Ju'il verse autour de toi les trésors de son urne.

Et te fasse entrevoir sur ces coteaux penchants

L'Olympe, débordé de lumière et de chants.

Sommeille ! pour sourire à ta beauté fatale,

J'ai quitté les fraîcheurs de mon onde natale,

Et renoncé, tandis que le jour brille encor,

A tresser mes cheveux pareils au sable d'or.

Car la Nymphe du fleuve et des grottes profondes

T'aime avant les grands bois et la fraîcheur des ondes.

Lorsque ta mère Ilécube, avec un doux espoir, Te portait dans son sein, un songe lui fit voir Un flambeau sortir d'elle et mettre en feu l'Asie. Et, sitôt que du jour tu goûtas l'ambroisie. Tu fus dans ces grands bois, par tes frères jaloux, Exposé sans défense aux morsures des loups. Mais moi, dans ma pitié, sur des tapis de mousse, J'ai recueilli d'abord ton enfance humble et douce ; Et, tu le sais, berger, plus tard, quand tu revins. Heureuse, et frappant l'herbe avec mes pieds divins, J'ai, la robe flottante et le front ceint de lierre, Conduit sous ces grands bois ma danse régulière.

Puisque je veille ainsi, comme sur des trésors, Sur ta calme beauté, dors, ô bel enfant! dors. Que le vague Morphée en songe t'émerveille î Mais sa paupière s'ouvre, ô mes sœurs, il s'éveille : Gomme au sortir d'un rêve, il pâlit, et ses yeux, Levés languissamment vers l'abîme des cieux, Semblent j contempler des formes inconnues. Quels chars éblouissants sortent du sein des nues? Quelles divinités quittent le ciel serein? C'est la sage Hèra, Pallas au cœur d'airain, Dont le lourd bouclier brille parmi les ombres. Et Cypris aux yeux noirs, amante des nuits sombres.

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