LE LILAS
0 floraison divine du Lilas,
Je te bénis, pour si peu que tu dures!
Nos pauvres cœurs de souffrir étaient las :
Enfin l'oubli guérit nos peines dures.
Enivrez-nous, fleurs, horizons, verdures!
Le clair réveil du matin gracieux
(-harme l'azur irradié des cieux;
Mai fleurissant cache les blanches tombes,
Tout éclairé de feux délicieux,
Et l'air frémit, blanc des vols de colombes.
XYIII
Oh! tu pouvais porter la noble armure Et. blond héros, faucher au grand soleil Tes ennemis, comme une moisson mùro, l']t resplendir, aux Dieux même pareil, Dans la poussière et dans le sang vermeil. Et cependant, enfant sevré de gloire, Tu sens courir dans la nuit dérisoire.
Sur ton front pâle, aussi blanc que du lait. Ce vent qui fait voler ta plume noire Et te caresse, Hamlet, ô jeune Hamlet!
188 LES CÂKIATIDES.