TRIOLET, A A -M A R A N T E
Je mourrai de mon désespoir Si vous n'y trouvez un remède.
Exilé de votre boudoir, Je mourrai de mon désespoir.
Pour votre toilette du soir Bien heureux celui qui vous aide!
Je mourrai de mon désespoir Si vous n'y trouvez un remède.
RONDEAU REDOURLE, A SYLVIE
.Te veux vous peindre, ô belle enchanteresse, Dans un fauteuil ouvrant ses bras dorés. Comme Diane, en jeune chasseresse, L'arc à la main et les cheveux poudrés.
Sur les rougeurs d'un ciel aux feux pourprés Quelquefois passe un voile de tristesse, Voilà pourquoi, lorsque vous sourirez, Je veux vous peindre, ô belle enchanteresse !
Vous serez là, frivole et charmeresse, Parmi les fleurs des jardins adorés Où doucement le zéphjr vous caresse Dans un fauteuil ouvrant ses bras dorés.
Auprès de vous, Madame, vous aurez Le lévrier qui folâtre et se dresse, Et le carquois plein de traits désœuvrés, Comme Diane en jeune chasseresse.
Mais n'allez pas, fugitive déesse.
Chercher, pieds nus, par les bois et les prés Un berger grec, et pâlir de tendresse.
L'arc à la main et les cheveux poudrés.
Heureusement le cadre d'or qui blesse Vous retiendra dans ses bâtons carrés.
Et sauvera votre antique noblesse D'enlèvements trop inconsidérés.
Je veux vous peindre.