‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 75 sur 160 · NÉÈRE, MYRRHA · texte numérisé non relu

NÉÈRE, MYRRHA

NEERE.

Le soir est tiède et pur, le vent pleure. 0 Myrrha, Notre jeune lollas, qui souvent t'admira, Va venir près de nous, sous l'arbre qui soupire, Dénouer nos cheveux et caresser la lyre.

MYRRHA

Néère, c'est pour toi qu'il éveille, en songeant, La douce lyre, auprès de ce ruisseau d'argent. Gomme toi, dans mes yeux, ô Néère! que n'ai-je Ce trait qui brûle un cœur endormi sous la neige!

NEERE.

Sa main silencieuse aime tes cheveux bruns,

D'où ses doigts pour longtemps s'en vont pleins de parfums.

MYRRHA

Les tiens, jouet charmant de la brise qui vole, Sont lisses et dorés comme un flot du Pactole.

NEERK.

Tes pieds charment la lèvre, et montrent au hasard Leurs ongles transparents arrondis avec art.

MYRRHA

Ta gorge est comme un marbre, et la lumiôre arrose Sur ses fermes contours deux Irais boutons de rose.

Que n'es-tu beau comme elle, ô bel enfant ? Hélas J'irais en suppliante adorer lollas !

MYRRHA

lollas! pour un jour sois semblable à Néère, Et je n'aurai [)0ur toi nulle froideur amère.

La boucbe des Zéphyrs aux souffles embaumés S'enivre en s'égarant sous tes bras parfumés.

MYRRHA

Uuelle autre ivresse attend les deux lèvres choisies Qui, goûtant de ton cou les blanches ambroisies Et buvant à longs traits les flammes que j'y sens, Y feront circuler des frissons rougissants !

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