BAL MASQUÉ
lax es, jaunes, bleus, roses, comme la foudre, Les Débardeurs, farouches escadrons De leurs cheveux faisant voler la poudre, Passent, nombreux comme des moucherons, Sous l'ouragan des cors et des clairons. L'affreux galop furieux se prolonge, D'un élan fou dans la clarté se plonge, Chœur effréné qui jamais ne se rompt, Et, dans un coin pensif, Gavarni songe Que tout ce peuple est sorti de son front.
■La Saltimbanque aux yeux pleins de douceur Frappe et meurtrit les cymbales sonores. Son front, semé de taches de rousseur, Est plus brûlé que les rivages mores Et rouge encor du baiser des aurores.
Charmante, elle a des bijoux de laiton ; Pour égayer son maillot de coton, Elle a brodé sur sa jupe une guivre; Ses cheveux, noirs comme le Phlégéton, Sont enfermés dans un cercle de cuivre.