‹ ŒuvresChapitre 22 sur 41 · ENFIN MALHERBE VINT · texte numérisé non relu

ENFIN MALHERBE VINT

v^'était l'orgie au Parnasse, la Muse Qui par raison se plaît à courir vers Tout ce qui brille et tout ce qui l'amuse, Éparpillait les rubis dans ses vers.

Elle mettait son laurier de travers.

Les bons rbythmeurs, pris d'une frénésie, Comme des Dieux gaspillaient l'ambroisie ; Tant qu'à la fin, pour mettre le holà Malherbe vint, et que la Poésie, En le voyant arriver, s'en alla.

V>omme Phcebos, après l'avoir branché, Heine toujours portait la peau sanglante D'un Marsyas qu'il avait écorché.

Pour un amant de la rime galante Cette manière est un peu violente.

O noirs pavots! horrible floraison !

Mais le Satyre à la comparaison Ne peut gagner, s'il entreprend la lutte, Et les porteurs de lyre ont eu raison En écorchant le vain joueur de flûte.

\J h ! je voudrais sur leur front innocent Baiser tous ceux qu'on raille et qu'on opprime ! Dieux! apporter le malheur en naissant!

Toi qui sais tout, mystérieuse Rime, Dis-moi pourquoi la tendresse est un crime. La Terre noire à l'homme triste et vain Prodigue tout, les blés d'or, le doux vin; Mais qu'elle fut une amère nourrice, L'inépuisable aïeule au flanc divin, Pour l'Ane triste et pour le doux Jocrisse 1

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