LES ROSES
Lé ors que le ciel de saphir est en feu, Lorsque l'Été de son haleine touche La folle Nymphe amoureuse, et par jeu Met un charbon rougissant sur sa bouche ; Quand sa chaleur dédaigneuse et farouche Fait tressaillir le myrte et le cyprès, On sent brûler sous ses magiques traits Des fronts blêmis et des lèvres décloses Et le riant feuillage des forêts, Et vous aussi, cœurs enflammés des Roses!
/lux longs baisers offrant sa joue imberbe,
Sous les lambris du palais Doria,
Un tout jeune homme en fleur, pâle et superbe,
Est aux genoux charmants d'Impéria,
Tenant ses mains qu'Amour coloria.
Dans les langueurs d'une molle paresse,
Il sait ravir la grande enchanteresse;
La profondeur vague de l'Océan
En sa prunelle où rit une caresse
Joue, orgueilleuse et folle, et c'est don Juan.