‹ ŒuvresChapitre 25 sur 41 · LE LILAS · texte numérisé non relu

LE LILAS

v-/ floraison divine du Lilas,

Je te bénis, pour si peu que tu dures I

Nos pauvres cœurs de souffrir étaient las :

Enfin l'oubli guérit nos peines dures.

Enivrez-nous, fleurs, horizons, verdures 1

Le clair réveil du matin gracieux

Charme l'azur irradié des cieux;

Mai fleurissant cache les blanches tombes,

Tout éclairé de feux délicieux,

Et l'air frémit, blanc des vols de colombes.

V-/h! tu pouvais porter la noble armure Et, blond héros, faucher au grand soleil Tes ennemis, comme une moisson mûre, Et resplendir, aux Dieux même pareil, Dans la poussière et dans le sang vermeil. Et cependant, enfant sevré de gloire, Tu sens courir dans la nuit dérisoire, Sur ton front pâle, aussi blanc que du lait, Ce vent qui fait voler ta plume noire Et te caresse, Hamlet, ô jeune Hamlet!

LES CARIATIDES 2ÔI

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