‹ ŒuvresChapitre 33 sur 41 · RONDEAU REDOUBLÉ, A SYLVIE · texte numérisé non relu

RONDEAU REDOUBLÉ, A SYLVIE

Je veux vous peindre, ô belle enchanteresse, Dans un fauteuil ouvrant ses bras dorés, Comme Diane, en jeune chasseresse, L'arc à la main et les cheveux poudrés.

Sur les rougeurs d'un ciel aux feux pourprés Quelquefois passe un voile de tristesse, Voilà pourquoi, lorsque vous sourirez, Je veux vous peindre, ô belle enchanteresse !

Vous serez là, frivole et charmeresse, Parmi les fleurs des jardins adorés Où doucement le zéphyr vous caresse Dans un fauteuil ouvrant ses bras dorés.

Auprès de vous, Madame, vous aurez Le lévrier qui folâtre et se dresse, Et le carquois plein de traits désœuvrés, Comme Diane en jeune chasseresse.

Mais n'allez pas, fugitive déesse, Chercher, pieds nus, par les bois et les prés Un berger grec, et pâlir de tendresse, L'arc à la main et les cheveux poudrés.

Heureusement le cadre d'or qui blesse Vous retiendra dans ses bâtons carrés.

Et sauvera votre antique noblesse D'enlèvements trop inconsidérés.

Je veux vous peindre.

MADRIGAL, A CLÏMÈKE

Wuoi donc! vous voir et vous aimer Est un crime à vos yeux, Clymène.

Et rien ne saurait désarmer Cette rigueur plus qu'inhumaine!

Puisque la mort de tout regret Et de tout souci nous délivre, J'accepte de bon cœur l'arrêt Qui m'ordonne de ne plus vivre.

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