‹ OEuvresChapitre 100 sur 286 · SUR LES CONSÉQUENCES DE LA. CONDUITE · texte numérisé non relu

SUR LES CONSÉQUENCES DE LA. CONDUITE

• Que je serai fâché, mon cher ami, si vous adoptez des maximes qui puissent vous nuire ! Je vois avec regret que vous abandonnez par complabance tout ce que la nature a mis en vous * ; vous avez honte de votre raison, qui devrait faire honte à ceux qui en manquent; vous vous défiez de la force et de la hauteur de votre âme, et vous ne vous défiez pas des mauvais exemples. Vous ëtes-vous donc persuadé qu'avec un esprit très-ardent et un caractère élevé, vous puissiez vivre honteusement dans la mollesse comme un homme fou et frivole? Et qui vous assure que vous ne serez pas même méprisé dans cette carrière, né pour une autre? Vous vous inquiétez trop des injustices que Ton peut vous faire, et de ce qu'on pense de vous : qui aurait cultivé la vertu, qui aurait tenté ou sa réputation, ou sa fortune par des voies hardies, s'il avait attendu que les louanges l'y encourageassent? Les hommes ne se rendent, d'ordinaire, sur le mérite d'autrui, qu'à la dernière extré-

1 Ces conseils étaient adressés au Jeune Hîppolyte de Seytres, qui serrait avec Vauvenargues dans le régiment du Roi. (Voir plus loin la l'* note de V Éloge d'Hippolyte de Seytres.) — G.

s [Très-bien. — V.]

^ V édition : u Vous n'êtes pas né médiocre, et voulez l'être. Quoi ! le petit < cercle où vous êtes vous imposerait à ce point ! Quoi ! parce qu'on ne vous a rend pas justice parmi vos amis... et à quel homme a-t-on d'abord rendu (( Justice, lorsqu'il s'est écarté de la route commune ? Parce que vous êtes en- « viromié d'hommes frivoles, vous n'osez être sage et solide à leurs yeux ; > vous aiei honte de votre raison^ etc.

mité ; ceux que nous croyons nos amis sont assez souvent les derniers à nous accorder leur aveu. On a toujours dit que personne n'a créance parmi les siens; pourquoi? parce que les pluâ grands hommes ont eu leurs progrès comme nous ; ceux qui les ont connus dans les imperfections de leurs commencements, se les représentent toujours dans cette première faiblesse, et ne peuvent souffrir qu'ils sortent de l'égalité imaginaire où ils se croyaient avec eux : mais les étrangers sont plus justes, et enfin le' mérite et le courage triomphent de tout.

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