AVIS DU LIBRAIRE
L'aatetir avait résolu de ne point remettre, dans cette nouvelle édi-, tioo, les deui pièces suivantes, les regardant comme peu assortissantes aux matières sur lesquelles il avait écrit. Son dessein était de lés rétablir dans un autre ouvrage où leur genre n'aurait point été déplacé. Mais la mort, qui vient de Fenlever, m'ôtant Tespérance de rien avoir d*un homme si recommandable par la beauté de son génie, par la noblesse de ses pensées, et dont Tunique objet était de faire aimer la vertu, j'ai cru que le public me saurait gré de ne pas le priver de deux écrits aussi admirables pour le fond, que pour la dignité et Féléganoe avec lesquelles ils sont traités *.
Heureux sont ceux qui ont une foi sensible, et dont l'esprit se repose dans les promesses de la Religion ! Les gens du monde sont désespérés si les choses ne réussissent pas selon leurs désirs; si leur vaàité est confondue, s'ils font ' des fautes, ils se laissent abattre à la douleur ; le repos, qui est la fin naturelle des peines, fomente leurs inquiétudes ;
« Sar l'exemplaire d'Aix, Voltaire n'entre pas dans le détail de ce morceau, et n'y met d'autre note que cell&KU : A renvoyer dans un autre ouvrage, de piété. — G.
* Cet avis se trouve dans la seconde édition des Œuvres de Vauvenargues, commencée par lui-même, mais qui ne fut achevée, qu'après sa mort par le libraire Antoine-Claude Briaason, Paris, 17A7, in-12, sous la surveillance de l'abbé Trublet et de l'abbé Séguy. — B. — Quoi qu'en dise le libraire, Vauvenargues n'avait nullement résolu de retirer ces deux pièces. Nous avons examiné avec soin l'exemplaire d'Aix , annoté par Voltaire, et sur lequel Vauvenargues marquait lui-même les corrections, changements et suppressions à faire dans la seconde édition ; or, nous pouvons affirmer que, malgré les instances de Voltaire, dont ces choses affligeaient la phUpsophie (voir sa lettre de la fin d'avril 1746) , Vauvenargues les maintenait, sans en ôter un seul mot. — G.
1 abondance, qui devait satisfaire leurs besoins, les multiplie ; la raison, qui leur est donnée pour calmer leurs passions, les sert' ; une fatalité marquée tourne contre euxmêmes tous leurs avantagea. La force de leur caractère, qui leur servirait à porter les misères de leur fortune, s'ils savaient borner leurs désirs i les pousse à des extrémités qui passent toutes leurs ressources, et les fait errer hors d'eux-mêmes, loin des bornes de la raison. Us se perdent dans leurs chimères; et pendant qu'ils y sont plongés, et pour ainsi dire abîmés, la vieillesse, comme un sommeil dont on ne peut pas se défendre vers la fin d'un jour laborieux, les accable, et les précipite dans la longue nuit du tombeau.
Formez donc vos projets, hommes ambitieux, lorsque vous le pouvez encore ; hàtez-vous, achevez vos songes ; poussez vos superbes chimères au période* des choses humaines ; élevés par cette illusion au dernier degré de la gloire, vous vous convaincrez par vous-mêmes de la vanité des fortunes; h peine vous aurez atteint, sur les ailes de la pensée, le faîte de l'élévation, vous vous sentirez abattus, votre joie mourra, la tristesse corrompra vos magnificences, et jusque dans cette possession imaginaire des faveurs du monde, vous en connaîtrez l'imposture. 0 mortels ! l'espérance enivre ; mais la possession , sans espérance même chimérique, traîne le dégoût après elle ; au comble des grandeurs du monde, c'est là qu'on en sent le néant.
Seigneur, ceux qui espèrent en vous s'élèvent sans peine au-dessus de ces réflexions accablantes. Lorsque leur cœur, pressé sous le poids des affaires, commence à sentir la tristesse, il se réfugient dans vos bras ; et là, oubliant leurs douleurs, ils puisent le courage et la paix à leur source. Vous les échauffez sous vos ailes et dans votre sein paternel ; vous faites briller à leurs yeux le flambeau sacré de la
* Les porte sur patsioni. Presque toutes les éditions donnent : les perd; c'c^^t une faute; notre leçon est celle des deux éditions originales. — G.
s L'auteur veut dire au faite , ou au phu haut période. -^ G.
Foi; Tenvie n'entre pas dans leur cœur; Fambilion ne le trouble point; l'injustice et la calomnie ne peuvent pas même l'aigrir. Les approbations, les caresses, les secours impuissants des hommes, leurs refus, leurs dédains, leurs ipfidélités, ne les touchent que faiblement ; ils n'en exigent rien ; ils n'en attendent rien ; Us n'ont pas mis en eux leur dernière ressource ; la Foi seule est leur saint asile, leur inébranlable soutien. Elle les console de la maladie qui accable les plus fortes âmes', de l'obscurité qui confond l'orgueil des esprits ambitieux, de la vieillesse qui renverse sans ressource les projets et les vœux outrés, de la perte du temps qu'on croit irréparable, des erreurs de l'esprit qui l'humilient sans fin, des difformités corporelles qu'on ne peut ni cacher ni guérir, enfin des faiblesses de Tâme, qui sont de tous les maux le plus insupportable et le plus irrémédiable *. Hélas' ! que vous êtes heureuses, âmes simples, âmes dociles! vous marchez dans des sentiers sûrs. Auguste Religion, douce et noble créance, comment peut-on vivre sans vous? et n'est-il pas bien manifeste qu*jl manque quelque chose aux hommes, lorsque leur orgueil vous rejette? Les astres, l^ terre, les cieux, suivent dans un ordre immuable l'étemelle loi de leur être ; toute la nature est conduite par UAS sagesse éclatante; l'homme seul flotte au gré de ses incertitudes et de ses passions tyranniques, plus troublé qu'éclairé *de sa faible raison. Misérablement délaissé, conçoit-on qu'un être si noble soit le seul privé de la règle qui règne dans tout l'univers? ou plutôt, n'est-il pas sensible que, n'en trouvant point de solide hors de la Religion chrétienne, c'est celle qui lui fut tracée devant la naissance des cieux? Qu'oppose l'impie à la foi d'une au- -
* Voir les 6* et 7' lettres à Saint^Vincens. — G.
s Outre que ces pensées se retrouvent , à peu près en mômes termes, dans la 6* lettre à Saiiit-Vincens, notons dès maintenant qu*il y a ici des détails particuliers à Vauvenargucs, entre autres la maladie, VohscuHté, et les difTormités corporelles; nous en tirerons plus loin la conclusion. — G.
' Notons aussi, dès maintenant, que tel n'est pas le langage d'un honmie en paix avec son Dieu. Ce mot est celui du regret, ou, tout au plus, de l'aspiration. — G.
torité si sacrée? Pensé-t*il qu'élevé par-dessus tous les êtres, son génie est indépendant 7 Et qui nourrirait dans ton cœur un si ridicule mensonge, être infirme? Tant de degrés de puissance et d'intellig^ce, que tu sens au delà de toi, ne te font-ils pas soupçonner une souveraine raison ? Tu vis, faible avorton de l'être ; tu vis, et tu t'oses assurer que l'Être parfait ne soit pas! Misérable, lève les yeux, regarde ces globes de feu qu'une force inconnue condense ; écoute, tout nous porte- à croire que des êtres si merveilleux n'ont pas le secret de leur cours; ils ne sentent pas leur grandeur ni leur étemelle beauté ; ils sont comme s'ils n'étaient pas. Parle donc, qui jouit de ces êtres aveugles, qui ne peuvent jouir d'eux-mêmes? qui met un accord si parfait entre tant de corps si divers, si puissants, si impétueux? d'où natt leur concert éternel'? D'un mouvement simple, incréé.... Je t'entends; mais ce mouvement, qui opère ces grandes merveilles, les sait-il, ne les sait-il pas? Tu sais que tu vis; nul insecte n'ignore sa propre existence ; et le seul principe de l'être, l'âme de l'univers.... ô prodige I 6 blasphème ! l'âme de l'univers I... O puissance invisible! pouvez- vous souffrir cet outrage I Vous parlez, les astres s'ébranlent, l'être sort du néant, les tombeaux sont féconds ; et l'impie vous défie avec impunité, il vous brave, il vous nie ! 0 parole exécrable ! il vous brave, il respire encore, et il croit triompher de vous I O Dieu I détournez loin de moi les effets de votre vengeance ! O Christ ! prenez-moi sous votre aile ! Esprit saint, soutenez ma foi* jusqu'à mon dernier soupir!
IPrière* — O Dieu ! qu'ai-je fait? quelle offense arme votre bras contre moi ? quelle malheureuse faiblesse m'attire votre indignation? Vous versez dans mon cœur malade le fiel et l'ennui qui le rongent; vous séchez l'espérance au
« Vauvenargues a exprimé les mômes idées dans le Discours sur Vlnégaliiè des richesses (p. 178-179). — G.
s II est assez clair, d'après ce qui. précède, que cette foi vient à peine de naîlre ou de renaître. — G. .
fond de ma pensée ; vous noyez ma vie d'amertume ; les plaisirs, la santé, la jeunesse, m'échappent; la gloire, qui flatte de loin les songes d'une âme ambitieuse, vous me ravissez tout'....
Être juste, je vous cherchai sitôt que je pus vous connaître; je vous consacrai mes hommages et mes vœUx innocents dès ma plus tendre enfance, et j'aimai vos saintes rigueurs. Pourquoi m'avez-vous délaissé? pourquoi, lorsque l'orgueil, l'ambition, les plaisirs, m'ont tendu leurs pièges infidèles.... C'était sous leurs traits que mon cœur ne pouvait se passer d'appui*.
J'ai laissé tomber un regard sur les dons enchanteurs du monde, et soudain vous m'avez quitté ; et l'ennui, les soucis, les remords, les douleurs, ont en foule inondé ma vie.
0 mon âme I montre-toi forte dans ces rigoureuses épreuves; sois patiente; espère à ton Dieu, tes maux finiront; rien n'est stable; la terre elle-même et les cîeux s'évanouiront comme un songe. Tu vois ces nations et ces trônes» qui tiennent la terre asservie : tout cela périra. Écoute, le jour du Seigneur n'est pas loin, il viendra; l'univers surpris sentira les ressorts de son être épuisés, et ses fondements ébranlés : l'aurore de l'éternité luira dans le fond des tombeaux, et la mort n'aura plus d'asiles. O révolution effroyable I L'homicide et l'incestueux jouissaient en paix de leurs crimes, et dormaient sur des lits de fleurs : cette voix a frappé les airs, le soleil a fait sa carrière, la face des cieux a changé. A ces mots, les mers, les montagnes, les forêts, les tombeaux frémissent, la nuit parle, les vents s'appellent.
Dieu vivant I ainsi vos vengeances se déclarent et s'accomplissent; ainâi vous sortez du silence et des ombres qui vous couvraient. O Christ I votre règne est venu. Père,
1 Voilà encore des traits bien particuliers à Vauvenargaes. — G.
* C'est rhistoire de Vauvenargues, et de bien des Ames. 11 avait ea, dans son enfance, des moments de foi, auprès de sa mère dont la piété était ardente, auprès de sa sœur qui mourut carmâite à Marseille; puis, nu temps de la jeunesse, les passions étaient venues, et, avec elles, Tesprit d'examen, et, par suite, le doute. ^ G.
Fils, Esprit éternel, l'noivers aveuglé ne pouvait vous comprendre; runhrers n'est plus, mais vous êtes; vous êtes, vous jugez les peuples : le faible, le fort, l'innocent, l'incrédule, le sacrilège, tous sont devant vous. Quel spectacle ! je me tais; mon âme se trouble et s'égare en son propre fonds. Trinité formidable au crime , recevez mes bumbles bommages '•
< On conçoit aisément que le morceau qui précède ait donné lien à de nombreux commentaires. Il est bon de les rapporter et de les discuter en peu de mots. Voici la première Tersiov : . .
~~ Voltaire, dans son Siècle de Louis X\\ p. &i2, édition de Renouard, 1810-22, t. XIX, nous donne l'historique de la publication du principal ouvrage de Vauvenargues, Vlniroduction à la Ccnnaistanee de VEsprit hmimmsa, et aussi de la Méditation sur la Foi, et d^une Prière, Voici ce qu'il dit à ce sujet : « Dans le temps de la mort de M. de Vauvenargues, les Jésuites avaient « la manie de chercher à s'emparer des derniers moments de tous les hommes « qui avalent quelque célébrité ; et, s'ils pouvaient, ou en extorquer quelque « déclaration , ou réveiller dans leur &me affaiblie les terreurs de l'enfer, ils • criaient au miracle. Un de ces Pères se présente chez IL de Vauvenargues « mourant. — Qui vous a envoyé ici ? dit le philosophe. — Je viens de la part « de Dieu, répondit le Jésuite. Vauvenargues le chassa, puis, se tournant « vevB ses amis :
Cet esclave est venu, n a montré son ordre, et n'a rien obtenu.
« L*ouvrage de M. de Vauvenargues, imprimé après sa mort, est intitulé: « Introduction à la Connaissance de l'Esprit humain; les éditeurs, pour faire (« passer les maximes hardies qu'il renferme, y ont Joint une Méditation et « une Prière trouvées dans les papiers de l'auteur, qui , dans une dispute sur « Bossuet, avec ses amis, avait soutenu qu'on pouvait parier de la religion M avec majesté et avec enthousiasme sans y croire. On le défia de le prouver, « et c'est pour répondre à ce défi qu'il fit les deux pièces qu'on trouve dans « ses œuvres. » — B. -^ Constatons d'abord que l'édition Renouard, d'où cette note est tirée, ne l'attribue pas expressément à Voltaire, et la donne sans nom d'auteur. La Harpe nous apprend (article Vauvenargues) qu'elle est de Condorcet ; en effet, elle a paru pour la première fois dans* l'édition de Kchl, plus de 30 ans après la mort de Vauvenargues, plusieurs années après la mort de Voltaire lui-même, et dans un temps où la manie de tirer à soi les hommes de quelque célébrité avait gagné d'autres que les Jésuites. Voltaire, qui, d'ailleurs, est plus sincère et plus vrai qu'on ne le croit communément, n'eût jamais pu ni voulu dire que V Introduction à la Connaissance de C Esprit humain avait été imprimée après la mort de l'auteur, lui qui avait assisté à la première édition que Vauvenargues en avait donnée, et préparé avec lui la seconde ; il n'eût jamais pu ni voulu dire que les deux pièces qui précèdent étaient le résultat d'un défi: car il les prenait tellement au sérieux que, comme nous l'avons rapporté dans notre ElogCf et comme nous ne saurions trop le répéter, car la preuve est décisive, c'est à leur sujet qu'il écrivait ù Vauvenargues, à la fin d'avril 1746 : f^ Il y a des choses qui ont affligé ma philosophie; ne peut- « on pas adorer V Être-Supréme sans se faire capucin? » Voltaire avait tellement à cœur ces deux pièces, que, n'ayant pu décider Vauvenaiigues à y re-
nooeer, il voulait au moins qa*il les résenrftt pour ane autre occasion , pour un ouvrage de piéié, par exemple. (Voir Texemplaire d'Aix.) Je ne relève ici que les erreun matérielles, pour ne pas dire plus, et ne m'arrête pas à montrer ce qu'il y a d'invraisemblable, de contradictoire au caractère de Vauyenargués, dans cette forfanterie devant la mort, que Condorcet lui prête. Sans parler de ses Maximes^ où son &me, vraiment fière et vraiment courageuse, dédaigne la fausie intrépidité de Vincrédule, Vauvenargues était trop bien élevé et trop peu pédant pour chasser, môme avec deux vers de Racine, un homme qui venait lui parler de Dieu. Mais passons à la seconde version :
— « D'Argental, ami de Vauvenargues, qui assistait à ses derniers moments, « lui ayant demandé s'il s'était confessé à un théologien qu'on venait d'en- « voyer au moribond, pour le convertir, ou en faire semblant, Vauvenargues « répondit par ces deux vers de Racine, dans B^azet {cités plus haut),.». « L'affaiblissement du corps influa peu en lui sur la vigueur de l'&me, et il « pensait, comme Voltaire, qu'or» peut adorer VÊtre-Suprême sans se faire « capucin.» — Cette historiette, qui appartient à l'édition Bouchot, est signée de M. Ctogenson, qui n'en indique pas la source. Elle est évidemment de même provenance que la première, dont elle n'est que l'abrégé; elle en diiTère, toutefois, en plusieurs points : nous avons ici un simple théologien, au lien du Père Jé^ suite qui convenait mieux à Condorcet ; de plus, la scène est réduite ; elle ne se passe plus devant un cercle d'amis, vers lesquels Vauvenargues se tourne pour débiter, en héros de théfttre, deux vers de tlié&tre ; elle ne se passe même pas devant D'Argental, qui n'en reçoit qu'après coup la confidence. Enfin, quand le commentateur ajoute que Vauvenargues pensait comme Voltaire, dont il cite un mot que nous avons cité nous-même, il oublie que c'est précisément à Vauvenargues que Voltaire adressait ce mot, pour lui reprocher précisément de ne pas penser comme lui, et de se faire capucin, au lieu d'adorer tout bonnement V Etre-Suprême. Mais passons à la troisième version ; c'est celle de Suard, dans l'édition de 1806 :
— « On a dit, et il passe même pour constant parmi les personnes ^ui ont a le plus connu Vauvenargues, que la Prière précédente était le résultat d'une « espèce de défi fait à l'auteur d'écrire tout un morceau de prose en vers « blancs, de manière à ce qu'on ne s'en aperçût pas, à moins d'être averti. « C'est ce qu'il a fait dans cette Prière. Pour peu qu'on y fasse attention , on «i la trouvera entièrement composée de vers ayant tous le nombre de pieds « qu'il faut pour composer un vers français, et remplissant presque toutes les « conditions nécessaires des vers, excepté la rime. Au reste, quoi qu'on puisse « penser de cette anecdote, il faut remarquer que, partout où Vauvenargues « a pris un ton élevé, il a adopté la même manière; et l'Eloge du Jeune de « Seytres, en psrticulier, est presque entièrement dans ce genre. » -- Ici, le défi n'est plus le même ; Vauvenargues n'a plus voulu contrefaire la majesté et Venthousiasme de Bossuet ; il a voulu simplement écrire un morceau de prose en vers blancs, de manière à ce qu'on ne s'en aperçût pas, et il faut avouer que le cas est moins grave ; mais, supposé que ce fût l'objet de Vauvenargues dans la forme de ce morceau, est- il permis pour cela de nier la sincérité du fond ? Niera-t-on la siucérité de V Eloge de Seytres, parce qu'il est écrit avec le même procédé, et dira-tron que cet Eloge n'est qu'un jeu, ou un puéril exercice de composition ?
Que conclure de qes différentes versions, sinon que leur contradiction même les rend au moins suspectes, ou plutôt qu'elles se détruisent les unes par les autres ? Pour nous, la question n'est pas douteuse ; outre les retours personnels de l'auteur que nous avons remarqués dans ce morceau, outre quelques passages qui se retrouvent à peu près identiques dans ses lettres à Saint- Vinceus et ailleurs, les vains efforts de Voltaire, pour faire supprimer une page