‹ OEuvresChapitre 131 sur 286 · MÉDITATION SUR LA FOI · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA FOI

qui le chagrinait, en attestent invinciblement 1^ sinoôrité. AJontons, pour prettve^déflnitive, que Vauvenargues composa cette pièce dans le môme temps qne V Éloge funèltre d^Hippolyte de Seytre$^ Ters la an de la retraite de Bohême, c'esuà-dire dans des circonstances où il n'était guère en humeor de faire des (eux d'esprit. Dans la 26* lettre à Saint-Vincens, adressée d'un cantonnement sur le Rhin, à la date du 7 novembre 174S, Vauvenargnes lui parie de la Méditation^ dont il lui avait envoyé précédemment copie, et lui en parle trop sérieusement, pour que les diverses versions que nous avons rapportées puissent être admissibles. Est-ce à dire pour cela que Vauvenargues fût chrétien? Non, sans doute, et cette Méditation même, nous l'avons remarqué, n'est pas un acte de foi positive, ce n'est qu'un regret, ou, tout an plus, qu'une aspiration. Vauvenargues est, avant tout, un homme sincère, et, comme tel, il n'a pas de parti pris; il note ses impressions, à mesure qu'elles lui viennent : hier incrédule, ai:^o«rd*hui croyant, ou regrettant de ne pas l'être. Il suffit de comparer cette Méditation avec l'/miteKon de Paualj qui précède immédiatement, pour se faire une Juste idée de l'état de son âme, pour saisir au vif lesxalternatives de sa pensée, et comprendre ses contradictions sur ce point. Marmontel, qui l'a vu de près, a dit le mol peut-être : c n est mort dans les sentiments d'un chrétien philoiophe >, c'estrà-dire & moitié l'un, & moitié l'autre. En tout cas, ce qu'on ne saurait contester, c'est qu'au moins il s'inquiète sérieusement de cette sérieuse question ; aussi. Je ne sais si un théologien est venu le trouver à son lit de mort, mais J'affirme que si Vauvenargues ne s'est pas rendu & ses instances, du moins, il ne l'a pas renvoyé avec insulte. Après une étude plus approfondie de ses œuvres et de son caractère, nous restons dans les termes de notre Éloge : s'il ne croit pas, du moins. Jamais il n'a pris son parti de ne pas croire ; son esprit hésite, et va tour à tour de la foi au doute, et du doute à la fol ; quand la mort est venue, il hésitait encore. — G.

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