‹ OEuvresChapitre 175 sur 286 · erox, ou le Fat · texte numérisé non relu

erox, ou le Fat

[Erox est un fat qui caresse» en particulier , le même homme qu'il va désavouer en public, et qu'il affectera de

< Add.: rII rêve, il sommeiHe, il digère, il sue d*être assis; et son &ine, a qui est entièrement ramassée dans ses durs organes, pèsfr sur ses yeux, M sur sa langue, et sur les imaginations les plus actives de ceux qui Té- « coûtent. » — Autre add. : [ « Les objets ne font qu'errer sur la surface de Il son esprit ; ses sens sont comme liés par la force de quelque charme in- « vincible, et tous les objets qui intéressent les hommes passent devant lui « comme un rêve qui s'enfuit sans laisser de trace, et s'évanouit sans re- « tour, n ]

* Add. : «Malheureux d'ignorer les craintes, les désire et les inquiétudes u qui agitent les autres hommes, puisqu'il ne jouit du rrpos qu'au prix plus Il toucliant des plaisirs ! » — Var. : [ « Un homme est chez lui , à qiâ il a « donné heure pour une alTaii-e; il arrive deux heures après le rendez-vous; « il tire sa montre, il est tout étonné qu'il soie si tard, et que son homme ne M soit pas encore venu ; on lui répond qu'il est venu , mais qu'il s'en est allé « avec quelque impatience, après avoir longtemps attendu; le paresseux ne « se trouble point de ce contretemps, et dit que son affaire se fera tout aussi tf bien un autre jour. S'il lit une tragédie, il suit exactement la division des M actes, et ne l'achève qu'en cinq jours; si on lui prête un livre, il le laisse « perdre, ou n'en rend, bien longtemps après, que la moitié, parce que l'au- « tre s'est usée entre ses mains, ou entre les mains de ses gens. U entre quel- « quefois en colère, pour des bagatelles; mais, le plus souvent, il ne suit .que « son indifférence, et laisse faire des sottises irréparables à ses enfants, pour Il ne pas se donner la peine à% les reprendre; quelque malheur qu*il arrive « à lui ou aux siens, il s'en console aisément, et déclare que la vie est trop Il courte pour s'affliger. Tout est. désordre et dérangement dans sa maison; a on n'y mange jamais deux fois à la même heure, et chacun y fait ce qu'il a veut; si bien que ses valets eux-mêmes s'ennuient de la liberté qu'il leur « laisse ; ils se lassent d'une vie si peu réglée, et sortent d'une maison où ils « ont trop de temps pour réfléchir. Pauvre être, sans vertus et sans vices, et « qui ne connaît ni les biens, ni les maux de la vie, ni le plaisir, ni la gloire ! >} — Le lectetir remarquera aisément que, dans cette version inédite, Vauvenargues donne plus aux détails que d'ordinaire, et se rapproche ainsi davantage du tour et de la façon de La Bruyère. — G.

' Le Caractère que les diverses éditions donnent sous le Litre de Vlmportant n'est qu'un fragment de celui-ci. — G.

traiter sans politesse et sans égards, pour jouer lui-même r homme d'importance. La fortune a mis en lui Tinselence à défaut de cœur« et l'effronterie au lieu de courage; vide et desséché au dedans^ lorsqu'il parait pl^n au dehors, il porte sur son front et sur ses lèvres toute sa joie et toute &a suffisance; mais il en rabat en lui-même, car, au fond, il n'est ni heureux , ni content de lui. Il a médiocrement d'esprit, mais beaucoup d'amour-propre devant le monde, et, quoiqu'il veuille paraître assuré de son mérite, il appréhende le ridicule comme un déshonneur; la plus légère improbation l'aigrit, et la plaisanterie la plus douce l'embarrasse; il a cependant lui-même la raillerie amëre, et ce commerce désagréable qui vient d'une humeur mécontente et jalouse. 11 a l'entendement assez net, mais étroit, et il est plus juste dans ses expressions que dans ses idées. La raideur de. caractère qu'il affecte fait haïr ses sincérités et sa probité fastueuses, et ses manières dures l'ont empêché aussi de réussir auprès des femmes. Ce sont là les plus grands chagrins qu'il ait éprouvés dans sa vie, niais ilsne l'ont pu corriger de ses défauts; suivi de toutes les erreurs de la jeunesse dans un âge déjà avancé, il joue encore Tim* portant dans un petit cercle, ou parmi les siens, et ne peut se passer du monde, qui est son idole. 11 n'a point d'amis, mais il veut faire croire qu'il n'en a pas besoin, et qu'il se suffit à lui-même ; aussi dépourvu de fermeté que d'agrément, c'est un midheureux à qui, malgré ses grands airs, la nature n'a pas même, accordé de vices assez forts pour le faire craindre.]

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