‹ OEuvresChapitre 21 sur 286 · DE l'étendue de l'esprit · texte numérisé non relu

DE l'étendue de l'esprit

Rien ne sert au jugement et à la pénétration comme Tétendue de l'esprit. Ou peut la regarderi je crois^ comme une disposition admirable des organes, qui nous donne d'embrasser beaucoup d'idées à la fois sans les confondre.

Un esprit étendu considère les êtres dans leurs rapports mutuels ; il sûsit d'un coup d'œil tous les rameaux des choses; il les réunit à leur source* et dans un centre commun ; il les met spus un même point de vue ; enfin il répand la lumière sur de grands objets et sur une vaste surface\

* [Peu lié. — V.] — La liaison est immédiate. Vauvenargues soutient avec raiion que Téloquence consiste, non pas dans le sentiment pur et simple, mais dans Texpression de ce sentiment; or, comme les hommes, en général, sentent plus Tirement qu'ils ne peuvent rendre, il en conclut que le don de TéloQuence est rare. — G.

- Métaphore incohérente: un rameau n'a pas de source, ~ M.

s Sur l'exemplaire d'Aix, Voltaire remarque avec raison que cette défioi-

On ne saurait avoir un grand génie, sans avoir l'esprit étendu ; mais il est possible qu'on ait l'esprit étendu sans avoir du génie; car ce sont deux choses distinctes. Le génie est actif, fécond; l'esprit étendu, fort souvent, se borne à la spéculation ; il est froid, paresseux, timide.

Personne n'ignore que cette qualité dépend aussi beaucoup de l'âme, qui donne ordinairement à l'esprit ses propres bornes, et le rétrécit ou l' étend, selon l'essor qu'ellemême se donne.

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