Où tout est dépendant, il y a un mattre : l'air ap
« [Bien — V.]
* [01»cor. — V.] — La pensée est , je crois : Poar ne pas nons méprieer notts-inêmes de n*avoir pas le eoiirage d'y aspirer; la gloire, par exemple. —G.
' Var. : « Le dégoût est un témoignage d'indigestion et de faiblesse. ^
* [Très-beau. — V.] — C'est à Pascal que Vauvenargues répond. — G.
partient à rhomme, et rhomme à Tair; et rien n'est à soi, ni à part '.
202. O soleil! ô pompe des cieuxl qu'ëtes-vous? Nous avons surpris le secret et Tordre de vos mouvements. Dans la main de l'Être des ètres% instruments aveugles êtres* sorts peut-être insensibles, le monde, sur qui vous régnez, mériterait-il nos hommages? Les révolutions des empires, la diverse face des temps, les nations qui ont dominé, et les hommes qui ont fait la destinée de ces nations mêmes, les principales opinions et les coutumes qui ont pàilagé la créance des peuples dans la religion, les arts, la morale et les sciences, tout cela, que peut-il paraître? Un atôtne presque invisible % qu'on appelle l'homme, qui rampe sur la face de la terre, et qui ne dure qu'un jour, embrasse en quelque sorte d'un coup d'œil le spectacle de l'univers dans tous lés âges"^.
203. Quand on a beaucoup de lumières, on admire peu ; lorsque l'on en manque, de même. L'admiir^tion marque le terme de nos connaissances, et prouve moins, souvent,
< Cette Maxime parait obscure, n semble que Vauvenargues a voulu prouver Texisteoce de Dieu par la dépendance mutuelle des différentes parties de Tunivers, dont aucune ne peutsMsoler des autres, ni subsister par elle-même. On n*entend pas ce que vent dire Vair appartient à Vhomme, et Vhomme à l'air. Lliomme ne peut se passer d'air; mais Tair existerait fort bien sans rhomme. Appartient veut-il dire participe de la nature, etc. ? Alors l'idée d'appartenir n'a plus de liaison sensible avec l'idée de dépendance exprimée dans la première phrase. H y a, je crois, abus de mots. — S. — Voltaire trouve cette pensée fort belle , et l'on a peine à comprendre que Suard la trouve obscure. Vauvenargues n'a nullement songé à prouver Vexislencè de Dieu ; il a voulu exprimer cette idée, sur laquelle il revient souvent, qu'il n'y a d'indépendance abfiohie ni pour les personnes, ni pour les choses, et que, tontes étant mutuellement dépendantes y chacune a son maître. Sans doute, l'air existerait fort bien sans Vhomme, si Dieu l'avait voulu ; mais , comme il est permis de supposer que l'air a été fait pour l'homme, on peut dire que l'air appartient à l'homme, aussi bien que l'homme appartient à l'air, sans leqael il ne pourrait vivre. Il n'y a pas là le moindre abus de mots. — G.
* Var. : <« Dans la main d'un roi invisible , esclaves soumis, * et ressorts, elc.
^ Var. « Un hotnme, du creux d*un rocher, et comme ua atome presque invisible, » embrasse, etc.
^ Ici, Vauvenargaes se rencontre avec Pascal, pour établir la Supériorité de l'homme sur la nature. — (Voir Pascal, — f' partie, art. IV, pensée 6.) —G.
la perfection des choses, que rimperfection de notre esprit'.
20&. Ce n'est pas un grand avantage d'avoir Tesprit vir, si on ne l'a juste : la perfection d'une pendule n'est pas d'aller vite, mais d'être réglée.
205. Parler imprudemment et parler hardiment, est presque toujours la même chose ; mais on peut parler sans prudence, et parler juste; et il ne faut pas croire qu'un homme a l'esprit faux, parce que la hardiesse de son caractère ou la vivacité de son humeur lui auront arraché, malgré lui-même, quelque vérité périlleuse.
206. Il y a plus de sérieux que de folie dans l'esprit des hommes. Peu sont nés plaisants ; la plupart le deviennent par imitation , froids copistes de la vivacité et de la galté \
207. Ceux qui se moquent des goûts sérieux aiment sérieusement les bagatelles '.
208. Différent génie, différent goût : ce n'est pas toujours par jalousie que réciproquement on se rabaisse.
200. On juge des productions de l'esprit comme des ouvrages mécaniques. Lorsque l'on achète une bague, on dit : delle-là est trop grande, l'autre est trop petite ; jusqu'à ce qu'on en rencontre une pour son doigt. Mais il n'en reste pas chez le joaillier, car celle qui m'est trop petite va fort bien à un autre.