‹ OEuvresChapitre 251 sur 286 · On parle et l'on écrit rarement comme l'on pçnâe · texte numérisé non relu

On parle et l'on écrit rarement comme l'on pçnâe

556. Quelle diversité, quel changement et quel intérêt dans les livres, si on n'écrivait plus que ce qu'ort pepse!

* Rapprochez de la Maxime 227' et de ses variante*.

557. On pardonne aisément les maux passés et les aversions impuissantes.

558. Quiconque ose de grandes dioses risque inévitablement sa réputation.

559. [Que la fortune donne prise sur quelqu'un, la malignité et la faiblesse s'enhardissent, et c'est comme un signal pour Taccabler.]

560. [Les qualités dominantes des hommes ne sont pas celles qu'ils laissent paraître, mais, au contraire, celles qu'ils cachent le plus volontiers ; car ce sont leurs passions qui forment véritablement leur caractère, et on n'avoue point les passions, 4 moins qu'elles ne soient si frivoles, que la mode les justifie, ou si modérées, que la raison n'en rougisse point'. On cache surtout l'ambition, parce qu'elle est une espèce de reconnaissance humiliante de la supériorité dés grandSf et un aveu de la petitesse de notre fortune, ou de la présomption de notre esprit. II n'y a que ceux qui désirent peu, ou ceux qui sont à portée de faire réussir leurs prétentions, qui puissent les laisser paraître avec Inenséance. Ce qui fait tous les ridicules dans le monde, ce sont les prétentions en apparence mal fondées,, ou démesurées, et, parce que la gloire et la fortune sont les avantages les plus difficiles à acquérir, ils sont aussi la source des plus grands ridicules pour ceux qui les manquent.]

561. [Si un homme est né avec l'âme haute et courageuse, s'il est laborieux , altier, ambitieux, sans bassesse, d'un esprit profond et caché, j'ose dire qu'il ne lui manque rien pour être négligé des grands et des gens en place, qui craignent, encore plus que les autres hommes, ceux qu'ils ne pourraient dominer *. J

< Voir la Maxime 328*. —G.

* n n*est pas possible de s*y méprendre : dans cette Maxime, dans la précédente, et dans les trois^qui suivent, il y a des retours de Vauvenargues sur lui-même, — Voir notre Eloge. — G.

ET MAXIMES. m

562. [Le plus grand mal que la fortune puisse faire aux hommes, est de les faire naître faibles de resaourcea, et ambitieux.]

5tf3. [Nul n'est content de son état seulement par modestie; il n*y a que la religion ou que la force des choses qui puisse borner l'ambition.]

5(5â. [Les hommes médiocres craignent quelquefois les grandes places, et, quand ils n*y visent point ou les refusent, tout ce qu'on en peut conclure, c'est qu'ils savent qu'ils sont médiocres ' .]

665. [Ceux qui ont le plus de vertu ne peuvent quelquefois se défendre de respecter, comme le peuple, les dons de la fortune, tant Us sentent quelle est la force et TutiHlé du pouvoir; mais ils se cachent de ce sentiment comme d'un vice, et comme d'un aveu de leur faiblesse.]

666. [Si le mérite donnait une partie de l'autorité qui est attachée à la fortune, il n'y a personne qui ne lui accordât la préférence.]

567. [Il y a plus de grandes fortunes que de grands talents.]

568. Il n'est pas besoin d'un long apprentissage pour se rendre capable de négocier, toute notre vie n'étant qu'une pratique non interrompue d'artifices et d'intérêts •.

560. Les grandes places instruisent promptement les grands esprits.

570. La présence d'esprit est plus nécessaire à un négociateur qu'à nn ministre : les grandes places dispensent quelquefois des moindres talents.

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