‹ OEuvresChapitre 253 sur 286 · La familiarité et Taïuitié font beaucoup d'ingrats · texte numérisé non relu

La familiarité et Taïuitié font beaucoup d'ingrats

578. Les grandes vertus excitent les grandes jalousies; les grandes générosités produisent les grandes ingratitudes : il en coûte trop d'être juste envers le mérite éminent

579. Ni la pauvreté ne peut avilir les âmes fortes» ni la richesse ne peut élever les âmes basses ; on cultive la gloire dans l'obscurité; on souffre l'opprobre dans la grandeur : la fortune, qu'on croit si souveraine, ne peut presque rien sans la nature '.

.680. [ L'ascendant sur les hommes vaut mieux que la richesse.]

bSl. [On en voit que les plus grands intérêts ne peuvent engager à se dessaisir des moindres biens.]

582. Qu'importe à un homme ambitieux, qui a manqué sa fortune sans retour, de mourir plus pauvre * !

583. [Le plus grand effort de l'esprit est de se tenir à la hauteur de la fortune, ou au niveau des richesses.]

58i. Il y a de fort bonnes gens qui ne peuvent se désennuyer qu'aux dépens de la société.

585. Quelques-uns entretiennent, familièrement et sans façon, le premier homme qu'ils rencontrent, comme on s'appuierait sur son voisin, si on se trouvait mal dans une égliâe.

586. N'avoir nulle vertu ou nul défaut est également sans exemple.

587. Si la vertu se suffissdt à elle-même , elle ne serait plus une qualité humaine, mais surnaturelle.

« Rapprochez de la Maxime 182«. — G.

* Voir la 2* note de la page 80. — G.

688« [Ce qoi constitoe ordinairement une âme forte, c'est qu'elle soit dominée par quelque passion altiëre et courageuse, à laquelle toutes les autres, quoique vives, soient subordonnées ; mais je ne veux pas en conclure que les âmes partagées soient toujours faibles; on peut seulement présumer qu'elles sont moins constantes que les autres.]

589. [Ce n'est pas toujours par faiblesse que les hommes ne sont ni tout à fait bons, ni tout à fût médiaots; c'est parce qu'ils ont des vertus mêlées de vices. Leurs passions contraires se croisent, et ils sont entraînés tour à tour par leurs bonnes et par leurs mauvaises qualités. Ceux qui vont le plus loin dans le bien ou dans le mal ne sont ni les plus sages ni les plus fous, mus ceux qui sont poussés par quelque passion dominante qui les empêche de se partager. Plus on a de passions prépondérantes, quoique différentes, moins on est propre à primer, en quelque genre que ce soit.]

600. [Les hommes sont tellement nés pour dépendre, que les lois même, qui gouvernent leur faiblesse, ne leur Suffisent pas; la fortune ne leur a pas donné assez de maîtres; il faut que la mode y supplée, et qu'elle règle jusqu'à leur chaussure '.]

591. [Je consentirais à vivre sous un tyran, à condition de ne dépendre que de ses caprices, et d'être affranchi de la tyrannie des modes, des coutumes et des préjugés; la moindre de nos servitudes est celle des lois.]

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