‹ OEuvresChapitre 275 sur 286 · La pitié est moins tendre que l'amour · texte numérisé non relu

La pitié est moins tendre que l'amour

828,» Les choses que l'on sait le mieux sont celles qu'on n'a pas apprises *.

829. Au défaut des choses extraordinaires, nous aimons qu'on nous propose à croire celles qui en ont l'air.

830. L'esprit développe les simplicités du sentiment, pour s'en attribuer l'honneur'.

• [Trivial — V.] — Rapprochez de la Maximo 559'. — G.

* [Mauvais. — V. j — Cette Maxime n*est pas aussi mauvaise que le dit Voltaire, pour ceux qui l'entendent à demi-mot : Vauvenargues avait à se plaindre de SCS proches^ qui ne se défiment pas de leurs conseils (Maxime 816*)i qui, par leur âge, se croyaient en droit de gouverner sa raison (Maxime 81 7«), qui voulaient le rendre heureux à ses dépens (Maxime 818*), en cherchant à le retenir, malgré lui, en Provence (voir la 3« note de la page 371), qui lui reprochaient la cerise imprudemm^^nt mangée (Maxime 819«), qui se montraient, à sou égard, plus sévères ^mh justes (Maxime 820'), qui lui reprochaient des fautes qui n'en eussent pas été, sans ses tnalheurs (Maximes 821'), car c'est Vadversitéy seule, qui Ta fait paraître imprudent et coupable (Maxime 822'], tandis que le succès l'eût justifié. I^ica n'est plus logique et plus intéressant < que cette suite de pensées qui s'expliquent les unes par les autres. — G.

s [Commun. — V.J

4 [On a cependant appris à lire. — V.]

s [Mauvais. — V.] — Voir la Maxime 475*, qui ne diffère do celle<i que que par deux mots. — G.

831. On tourne une pensée comme un habit, pour s'en servir plusieurs fois <• .

832. Nous sommes flattés qu'on nous propose comme un mystère ce qvk nous avons pensé naturellement.

833. Ce qui fait qu'on goûte médiocrement les philosophes, c'est qu'ils ne nous parlent pas assez des choses que nous savons.

83/i. La paresse et la crainte de se compromettre ont Introduit l'honnèleté dans la dispute.

835. Quelque mérite qu'il puisse y avoir à négliger les grandes places, il y en a peut-être encore plus à les bien remplir '.

836. Si ies grandes pensées nous trompent, elles nous amusent'.

837. Il n'y a point de faiseur de stances qui ne se préfère à Bossuel, simple auteur de prose; et, dans Tordre de lia nature, nul ne doit penser aussi peu juste qu'un génie manqué.

838. Un versificateur ne connaît point de juge compétent de ses écrits : si on ne fait pas de vers, on ne s'y connaît pas; si on en fait, on est son rival.

839. Le même croit parler la langue des dieux, lo]:squ'il ne parle pas celle des homjnes; c'est comme un mauvais comédien qui ae peut déclamer comme l'on parle.

SUO. Un autre défaut de la mauvaise poésie est d'allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l'abréger.

8^1. Il n'y a personne qui ne pense., d'un ouvrage en prose : Si je me donnais de la peine, je le ferais mieux. Je dirais % beaucoup de gens : Faites seulement une réflexion digne d'être écrite.

SU^. Tout ce que nous prenons dans la morale pour défaut n'est pastel*.

8^3. Nous remarquons beaucoup de vices, pour admettre peu de vertus \

Skli' L'esprit est borné jusque dans Terreui*, qti'on dit son domaine ^.

8/i5. L'intérêt d'une seule passion, souvent malheureuse, tient quel«

» [Mauvais. — V.I ' î* [Horace r« dit, et imeux. —V.]

3 [Obscur. — V.] — L*auleur veut dire qu'alors même que l*oecaiion de Us exécuter nous manque, ei que, par conséquent, ils restent à l'éttu de chimères, les grands desseins nous consolent, du moins, de la réalité. Dans cette Maxime, Vauvenarguea trahit une fois de plus la secrète ambiilon qu'il a couvée pendant toute sa vie. — G.

*-3-8 [Inutile.— V.]

quefois toutes les auti-cs en captivité; et la raison porte ses cliaines sans pouvoir les rompre *.

SU6, Il y a des faiblesses, si on Pose dire, inséparables de notre nature •.

8^7. Si on aime la vie, on craint la mort'.

8/18. La gloire et la stupidité cachent la mort, sans triompher d^elie *.

849. lie terme du courage est I*intrépidité à la vue d^une mort sûre.

850. La noblesse est un monument de la vertu, iramorlelle comme la gloire ^

851. Lorsque nous aiglons les réflexions, elles nous fuient ; et quand nous voulons les chasser, elles nous obsèdent, et tiennent malgré nous nos yeux ouverts pendant la nuit ^,

852. Trop de dissipation et trop d'étude épuisent également Tcspril, et le laissent à sec; les traits hardis en tout genre ne s'offrent pas à ur^ esprit tendu et fatigué^.

B53. Gomme il y a des âmes volages que toutes les passions dominent tour à tour, on voit des esprits vifs et sans assiette que toutes les opinions entraînent successivement, ou qui se partagent entre les contraires, sans oser décider*.

854. Les héros de Corneille étalent des maximes fastueuses et parlent magniflquement d'eux-mêmes, et celte enflure de leurs discours passe pour vertu parmi ceux qui n^ont point de règle dans le cœur pour distinguer la grandeur d'àme de l'ostentation '.

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