‹ OEuvresChapitre 37 sur 286 · SUR l'amour de la gloire · texte numérisé non relu

SUR l'amour de la gloire

La gloire nous donne sur les cœurs une autorité naturelle qui nous touche sans doute autant que nulle de nos sensations, et nous étourdit plus sur nos misères qu'une vaine dissipation : elle est donc réfllle en tous sens. Ceux qui parlent de son néant inévitable soutiendrsdent peut-être avec peine le mépris ouvert d'un seul homme. Le vide des grandes passions est rempli par le grand nombre des petites : les contempteurs de la gloire se piquent de bien danser, ou de quelque misère encore plus basse. Us sont si aveugles qu'ils ne sentent pas que c'est la gloire qu'ils cherchent si curieusement*, et si vains, qu'ils osent la mettre dans les choses les plus frivoles. La gloire, disentils, n'est ni vertu* ni mérite ; ils raisonnent bien en cela : elle n'est que leur récompense ; mais elle nous excite donc au travail et à la vertu , et nous rend souvent estimables afin de nous faire esthner.

Tout est très-abject dans les hommes, la vertu, la gloire, la vie ; mais les choses les plus petites ont des proportions reconnues. Le chêne est un grand arbre près du cerisier ; ainsi les hommes à l'égard les uns des autres. Quelles sont les vertus et les inclinations de ceux qui méprisent la gloire ^ L'ont-ils méritée?

« [Excellent. — V.]— (Voir plus loin les deux discours sur le même sujet) -G.

s « Ceux qui dérivent contre la gloire veulent avoir la gloire d'avoir bien i écrit ; et ceux qui Te lisent veulent avoir la gloire de Tavoir lu ; et moi qui ■ écris ceci, j'ai peut-ôtre cette envie ; et peut-être que ceux qui le liront, Tau- • ront aussi. » — Pascal, f* partie, art V, pensée iil ~ G.

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