‹ OEuvresChapitre 49 sur 286 · DE LA HAINE · texte numérisé non relu

DE LA HAINE

La haine est une déplaisance dans T objet haï. C'est une tristesse qui nous donne, pour la cause qui l'excite, une secrète aversion. On appelle cette tristesse jalousie, lorsqu'elle est un effet du sentiment de nos désavantages comparés au bien de quelqu'un. Quand il se joint à cette jalousie de la haine et une volonté de vengeance dissimulée par faiblesse, c'est envie.

* (Faible. 11 y a de meilleures choses à dire.— V.] — On peut ajouter qu'un chap. sur la Physionomie ne parait pas à sa place dans ce 2« livre, qui traite des Passions. —G.

* Vauvenargues entend ici par amour, toute disposition qui nous porte vers un objet; comme il entend par haine ^ toute disposition qui nous en éloigne.

'> Vauvenargues fait évidemment allusion à La Rocliefoucauld qui prétend que la pitié « est une habile prévoyance des malheurs où nous pouvons tom- « ber, • et que « les services que nous rendons sont, à proprement parler, des «c biens que nous nous faisons par avance. » (264* Max.) — G.

* [Cela mérite plus de détail. — V.] — [Vous cntondroz Htilvétiiis s'écrier : « Quel autre motif que Viniérêt personnel pourrait déterminer un homme à ■ des actions généreuses? > Vous aimerez mieux sans doute entendre ici Vauvenargues qui s'écrie : « Notre âme estrelle donc incapable d'un sentiment (iésintéressé ? » Les deux exclamations contraires ont également le ton de la conviction intime ; mais Helvétius entasse à Tappui de la sienne une foule de mr*:vais raisonnements, et celle de Vauvenargues est le dernier mot d'un court chapitre sur la Pitié. C'est qu'il était bien sûr que tous ceux qui ont une âme le dispenseraient de la preuve, et qu'Helvétius sentait que tout son <?sprit ne suffirait pas pour n'pondro à l'âme de sos loctcurs. — La H.]

11 y a \ievi de passions où il n^entre de l'amour ou de la baiue : la colère n*est qu'une aversion subite et violente, enflammée d'un désir aveugle de vengeance ; l'indignation, un sentiment de colère et de mépris ; le mépris, un sentiment mêlé de haine et d'orgueil; l'antipathie, une haine violente et qui ne raisonne pas '.

Il entre aussi de l'aversion dans le dégoût ; il n'est pas une simple privation comme l'indifférence ; et la mélancolie, qui n'est communément qu'un dégoût universel sans espérance, tient encore beaucoup de la haine *.

A l'égard des passions qui viennent de l'amour, j'en ai déjà parlé ailleurs ; je me contente donc de répéter ici que tous les sentiments que le désir allume, sont mêlés d'amour ou de haine.

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