‹ OEuvresChapitre 71 sur 286 · MAXIME DE PASCAL EXPLIQUÉE · texte numérisé non relu

MAXIME DE PASCAL EXPLIQUÉE

Le peuple et les habiles composent, pour V ordinaire, le train du monde; les autres le méprisent, et en sont méprisés^ : maxime admirable de Pascal, mais qu'il faut bien entendre. Qui croirait que Pascal a voulu dire que les habiles doivent vivre dans l'inapplication et la mollesse, dans les goûts dépravés du monde, etc. , condamnerait toute la vie de Pascal par sa propre maxime; car personne n'a moins vécu comme le peuple que Pascal à ces égards : donc le vrai sens de Pascal, c'est que tout homme qui cherche à se distinguer par des apparences singulières; qui ne rejette pas les maximes vulgaires parce qu'elles sont mauvaises, mais parce qu'elles sont vulgaires; qui s'attache à des sciences stériles, purement curieuses et de nul usage dans le monde ; qui est pourtant gonflé de cette fausse science, et ne peut arriver à la véritable ; un tel homme, comme il dit plus haut, trouble le monde ^, et juge plus mal que les autres. En deux mots, voici sa pensée, ex-

^ Vinet remarque le bonheur de ce mot tenter^ qui, «c ordinairement emtt ployé dans le sens du mal, est ici approprié au bien. » — G.

• On a vu plus haut que ce dernier mot sert de titre à la 16* Réflexion. — G. 3 Pensées de Pascal, V partie, art. VI, pensée XXV. ^ B.

* [Un algébriste troubie-t-il le monde? — V.]

pliquée d*uae autre manière : ceux qui n*ont qu*un esprit médiocre ne pénètrent pas jusqu'au bien, ou jusqu'à la nécessité qui autorise certains usages, et s*^igent mal à propos en réformateurs de leur siècle ' : les habiles mettent à profit la coutume bonne ou mauvaise, abandonnent leur extérieur aux légèretés de la mode, et savent se proportionner au besoin de tous les esprits.

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