Les mêmes. — Paris, Didot et Tournachon, 4 vol. in
Nouveau tirage de l'édition de 1802. .
57. Les ï/îéme^.— Nouvelle édition imprimée par Crapelet.Pans,Le/i?vre, 1818,in-8o.5 vol. Portrait gravé par Al. Tardieu , d'après Cocaskis. On a tiré cent exemplaires sur grand papier. Cette édition a été publiée par M. Eloi Johanneau ; elle contient, outre les Essais, un avertissement de l'éditeur, un précis de la vie de Montaigne, la dédicace et la préface de mademoiselle de Gournay , les sonnets de La Boëtie , neuf lettres de Montaigne , une notice sur son voyage en Italie par M. Aimé IMartin ; un extrait de la traduction faite par Montaigne de la théologie naturelle de Raymond Sebond, par M. Aimé Martin -, la Servitude volontaire de La Boëtie , et une table des matières. Il y a des sommaires aux marges.
La préface de Montaigne présente dans son titre l'inexactitude signalée à 1659.
Belle et bonne édition , qui était certainement à l'époque à laquelle elle parut lapins complète et la plus exacte qu'on eût donnée jusqu'alors , et qui est restée une des meilleures.
L'éditeur a ajouté un grand nombre de notes , soit pour indiquer des variantes, soit pour restituer le texte , soit pour expHquer les passages obscurs -, il y a joint un choix des notes de Coste.
A cette occasion , je relèverai une erreur échappée à M. Johanneau , dans une note.qu'il a ajoutée à la lettre de Montaigne, sur la mort de La Boëtie.
Notre auteur écrit que, trouvant son ami malade, «il approuva le projet qu'il avait formé de partir pour le Médoç, mais qu'il fut d'avis qu'il n'allât pour ce soir que jusqu'à Gtnnigna , qui n'est qu'à deux lieues de la ville. » Une note dit : Gei-mignac, non loin de Pons, département de la
SUR MONTAIGNE
Charente-Inférieure. La lecture de la lettre dëmontre qu'il y a nécessairement erreur dans cette ÏDdieatioD, et la distance eût été grande pour un malade qui quittait Bordeaux dans raprès-midi,^ car il n'y a pas moins de vingt-cinq lieues de cette ville à Gerniignac. D'ailleurs La Boêtie allait en Médoc et non en Saintonge. C'est Germinian qu'il faut lire; ce petit village , dont ne parlent pas les
■■ dictionnaires géographiques , existe à deux lieues de Bordeaux, entre le Taillant et Saint-Aubin, sur
■ le chemin de Castelnau , et se trouve indiqué sur la carte de Guienne par Belleyme.
58. Les mêmes.-^ Paris, Lefèvre, 1818, in-18, 6 volumes. Au titre est un portrait en médaillon,
-signé C. Hulot.
Réimpression de l'édition in-S», sauf l'avertissement de M. Johanneau, l'extrait du Voyage et •celui de la Théologie Naturelle ; on y trouve les neuf lettres de Montaigne. Même observation pour
titre de la préface qu'à l'in-S".
59. Les mêmes , — ( édition publiée par M. de lAuInaye et imprimée par Fain). Paris, Th. Desoè'r, 1818. grand in-8°. Un seul volume à 4eux colonnes. Portrait gravé par Leroux, d'après celui
• Piquet.
Cette édition n'a été tirée qii'à 500 exemplaires ; elle contient , outre les Essais , un avertissement <!.> l'éditeur, l'éîoge de Montaigne par M. Jay, s réflexions sur le caractère et sur la religion Montaigne (extrait de l'avertissement de Nain), la préface de mademoiselle de Gournay, iif lettres de Montaigne, la Servitude voloiitaire, glossaire et une table analytique. Les sonnets La Boëtie ne s'y trouvent pas. Traduction et iication d'auteurs. Notes hon signées, choisies rini celles de Coste et de Naigeon.
' )n n'a pas inséré les notes de l'éloge de Mon- -rne par M. Jay, et par conséquent l'avis de Câline de Médicis. La dédicace de mademoiselle de imay à Richelieu ne se trouve pas non plus à réédition.
Cette édition est la première . depuis le milieu du xvii' siècle . qui ait été publiée en un seul vohime ; elle est commode sous ce rapport ; elle est i lieues très bien imprimée.
00. Les mêmes. — Paris., Desoër, 1818, in-18, 4 ▼ol. Même portrait que la précédente édition ; jolie édition, en tout semblable à rin-8°.-
61. Les mêmes. — Paris et Liège, Desoër ^ sans date ( 1819 ),iu-36, 9 vol. Cette édition est conforme aux deux précédentes ; elle fait partie de la Bibliothèque portative du Voyageur.
6i. i^es »««»««,— publiés d'après l'édition la plus
authentique par Araaury-Duval , membre de l'Institut. Paris, Chcsseriau, 1820 à 1823, in-8', r, vol. Portrait par Audouin.
Cette édition fait partie d'une collection des moralistes français que devait publier le même éditeur, et dont il n'a paru que le Montaigne et le Charron.
Vie de Montaigne, juf^ments et critiques de quelques auteurs connus ; extrait de l'Éloge de Montaigne , par Villemain ; Notice sur les principales é<litions des Essais : dix Lettres de Montaigne ( l'éditeur a ajouté une dixième lettre aux neuf données par Coste ) ; extrait de la Théologie naturelle ; la Servitude volontaire ; extrait du journal du Voyage; Avis de Catherine 'de Médicis à^Çharles IX (c'est la seule édition, jusqu'à ce jdur, qui contienne cette pièce). Table des matières rédigées par M. A. D. Lourmond. Les sonnets de La Boëtie ont été supprimés ; dans cette édition, on a suivi celle de Naigeon, que l'éditeur a préférée pour les raisons énoncées précédemment. En tête des chapitres on trouve des sommaires qui indiquent les matières principales qui y sont traitées. Cette addition facilite la lecture des Essais, et montre que le désordre qui existe dans cet ouvrage n'est pas aussi grand réellement qu'on serait tenté de le croire au premier coup d'œi! i. Les notes ne sont pas signées; elles sontextraites de celles de Coste, de Naigeon, de Johanneau; M.Amaùry-Duval en a joint de nouvelles qui lui sont propres, pour éclaircir les phrases obscures, donner quelques détails historiques , ou indiquer flips emprunts faits par des auteurs modernes ; il en a de plus ajouté un certain nombre, choisies parmi celles très nombreuses que Naigeon avait écrites en marge d'un exemplaire qu'il possède aujourd'hui dans sa bibliothèque.
Cette édition a reparu en 1827 avec de nouveainc titres.
Je ferai quelques observations au sujet de la X« Lettre, qui pour la première fois se trouve jointe aux Essais, et dont le fac simile existe à la Grrde la Notice sur Montaigne , insérée dans la Galerie française (Paris, 1821-23 in-4'', 3 vol.). Je remarque d'abord qu'une note annonce que dans cette copie on a exactement suin l'orthographe de l'original, qui se voit à la ■ Bibliothèque du roi. Cette assertion est inexacte : l'erreur a tenu à ce que la lettre a été copiée , non sur l'original ni même sur le fac simile., mais, sur une copie qu'on trouve dans les notes de la Galerie française , et dans laquelle l'orthographe et les abréviations de la lettre de Montaigne n'ont point été conservées,
(1} Je crois très bonne ridée de ces sommaires ; on verra, à la 6u de cette Notice, que je sois d'avis de leur doooer ploc d'eïtensioo.
afin d*en faciliter la lecture. Ainsi Montaigne a vcvit jugtemanl , seulemant , honora btemant^ innoçammant^ par un a à ia dernière syllabe, et on a partout uiis un e; il fait beaucoup d'abréviations, par exemple , dans les mots que je viens de citer, il e'crit mat pour manf, il écrit logue pour longue, mosieur pour monsieur, et la copie n'en a suivi aucune; on verra plus loin que cette observation n'est pas sans importance. Quant à l'existenoe de Toriginal de celte lettre au dt'pôt des manuscrits de la Bibliothèque, j'aurais pu douter de sa realité, car malgré ma persévérance et les recherches faites avec une extrême complaisance par M. Paris, cette lettre n'a point été retrouvée, et les catalogues n'en font aucune mention ; mais M. Gouget , qin' s'est occupé avec tant de zèle et de succès de la recherche et de l'imitation des autographes, et qui est auteur des fac simile de la Galerie française, m'a aftiriué avoir vu, touché et calqué lui-même la lettre originale qui fait partie d un volume relié intitulé Lettres françaises de divers grands hommes. Elle lui fut indiquée par M. Méon et l'abbé Lépine, qui lui parurent l'avoir nouvellement examinée. Je suis donc convaincu de l'existence de cette pièce sans l'avoir vue, et l'examen du fac simile ne me laisse aucun doute sur son authenticité, d'après la connaissance de l'écriture de Montaigne , que m'a donnée l'étude du manuscrit de Bordeaux *.
(1) Unecirconstance remarquable c'est que cette Lettre est signée MOTAiCNE (sic), et toutes les signatures que j'ai vues de l'auteur des Essais sont écrites ainsi; I'n de la première syllabeétant supprimée et remplacée par un trait qui de l'Ose porte au sommet du T. C'est ainsi qu'est signé le litre de l'Histoire de Poloigne, par Herhurt deFulslin (Paris, 1S75, in-4"'), que possède M. Aimé-Martin , et Vachevé de lire que Montaigne ajoutait quelquefois à ses livres ( votjez le chap. X du liv. H ) , et qui se rencontre à celui-ci , présente encore ce nom (pour celui de son château-), écrit de la même manière. On trouve ceUe même signalure ( sans n à la première syllabe ) sur le litre du précieux exemplaire des C. JiUii Cœsaris Commenlariœ (Anluerpiae, 1870, in-8°, avec nombreuses noies marginalas et une page entière écrites de la main de Montaigne ) , que possède M. l'arison , de même que sur le Cento gioclii liburali e d'ingegno da innocentio Ringhieri (Bolo^na, 15G1, in-4o) , qu'on voit aussi dans la bibliothèque de ce savant. C'est encore cette même signalure qu'on lit sur le Tneod. Bezœ pomata ( Paris, H. ÉUenne, 1509, in-8° ), qui fait partie de la riche collection de M. Rcnouard, et ce savant bibliographe m'a dil qu'il croyait se rappeler que la signalure de Montaigne était ainsi figurée sur deux ouvrages italiens donll'un n'est plus en sa possession, et dont l'auire, qu'il a cilé dans le Cataloaiie de la bibliothèque d'un amateur, n'est pas en ce moment*dans sa bibliothèque de Paris ( il (ktlcchismo di Bern. Ochlno daSiena.in Basilea, 1361, in-8o). •Enfin, M. Guilbert de Pixérécourt possède une signalure de Montaigne, qui présente encore celle abréviation.
D'après ces exemples, je crois éire en droit de conclure que l'auteur des Essais signait toujours motaic:<e ; et celte opinion me parait d'autant plus probable, que nous «troTtt va que la suppression de I'.n lui était très familière , et
<)3. Les mêmes — mis en français mod^ne, aux! quels on a ajouté le Discours sur Ptsclavage ( la Servitude) volontaire, par Etienne de La Boëtie, publiés par A. Galland. Bruxelles^ Voglet^ 5 vol. in-8°, avec portrait.
Je n'ai pu me procurer cet ouvrage à Paris ; j'ignore en conséquence complètement ce qu'il est.
Ce n'est pas le premier projet qui ait été foriiié de traduire Montaigne en français moderne; mais c'est la première fois qu'il ait été suivi d'une ex('ciition complète. Dès 1733, un annnyme inséra dans le, Mercure de France (juin,pag. 1279-1307)
que toutes les fois que cette lettre était suivie d'un T, il la supprimait et la remplaçait par un trait ; peul-ètre ayi?snit-il ainsi pour se distinguer des lamilles du même nom qui habitaient la Guyenne, et qu'on voit cilées dans du Verdier et dom de vienne ; du moins j'ai rencontré un certain nombre de signatures de ces personnages, la Bibliothèque royale en possède du président de Montaigne, tout récemment j'ai examiné chez M.M. Debure une Bible qui porte celle signature, et qui n'est pas celle de Michel, et dans toutes la première syllabe est écrite sans abréviation.
Ces ici le Heu de rappeler la lettre datée d'Orléans, 1588. qui parut à la vente que fil, en 1834, le libraire Caillot des livres de madame de Caslellaue (sous l'anonyme de M***), et qui fut adictée 700 francs par M. G. de P., et puis rendue tomme a|)Ocryphe à son premier propriétaire. Celle pièce portait pour signalure Moiakjne, ce qui confirme encore l'idée que je viens d'émettre , quelle que soit d'ailleurs l'opinion qu'on ait adoptée sur son aullienlicilé , qu'on aurait pu attaquer par des raisons plus puissantes que celles qu'on a tirées de l'emploi du mol passeport , qui s'y rencontre, et qu'on a dit être inconnu du temps de .^lonlaigne, puisque M. Fontaine a cilé une lettre du cardinal de Lorraine, antérieure à celle-ci de 29 ans , et dans laquelle celle expression est employée, et qu'elle l'est également dans l'ordonnance de Louis XI sur les posies{146'ti.Je dois ajouter, au sujelde cette lettre, que M. Parison, qui l'a examinée, est d'avis que c'est une copie figurée (non calquée) d'une lettre aullienlique qui existe ou a dû exister. Subjudicelis est. (Les [lersonnes qui seraimi curieuses de connaître les détails des discussions qu'a soulevées celte dernière Lettre, pourront consulter les feuilletons du Journal de la Librairie (mai 1854, numéros 19 et 22 ) , le Journal des OCbais de c*tte époque? le Mamiel de l'Amateur d'/lHioi/rap/je*, par M. Fontaine (Paris, i836, in-8"), et la brochure du même bibliographe, sur l'utilité des collections aulograpliiques (Paris, 1854, in-8o).
Je terminerai celle digression par une remarque qui n'est pas sans intérêt : après {'acheva de lire, de la main de Montaigne, à la fin de l'Histoire de Poloijne précitée , lequel est daté de 1580. on voit placé entre parenthèses un chiffre 52, que M. Aimé-Mnriin a 1res ingénieusement expliqué en le rapportant a l'Age qu'avait alors Montaigne. F.n effet, notre auteur, né le dernier février 1533 , n'avait point encore complété sa cinquante-troisième année , bien qu'il en fût très près ; il a donc dû se donner cinquante-deux ans. Celle explication, qui paraissait très probable , est mise hors de toute contestation par l'examen que j'ai fail des Commentaires de C^sar, cités précédemment, puisque Vachère de lire daté de juillet 1578, est suivi du chifire 45, qui indiiiue précisément l'âge de Montaigne à celle époque. Ainsi ce philosophe ne se conlenlait pas d'inscrire à la fin de quelques ouvrages le jujernent qt^it en avait retiré en gros, comme il dit lui-même, il voulait en core se rappeler l'âge auquel il avait porté ce jugement*
SHR MO\TAIG\F
le projet d'une nonvollp «édition desEssAiSDE Moîi- TAiGNE. faite dans ce sens. Phis tard , le chevalier de Plassac-Mcro sollicitait M. Milton - d'ôlcr au style des Essais dk Mostaicne les défauts de son temps, qui suivant lui ne sont plus supportables dans celui-ci. . Il dit qu'Aristote prit ce soin des Œuvres d'Homère, et que lui-im^uie a essayé ce qu'il conseille, et que la trailuction du chapitre De la Vanité des paroles ne lui a pas coûté davantage qu'à le copier*. Bastide, qui admettait la nécessité de celle version, a employé une grande partie de sa vie à traduire les Essaïs, et à composer des Observations grammaticales et critiques sur Montaigne ou à son occasion. Ces travaux ont élé le sujet île communicitions fréquentes faites par lui à l'Académie de Berlin. On trouve une partie de ses Observations grammaticales dans les Mémoires de cette société. Plusieurs lectures du Montaigne moderne y sont mentionnées , mais on n'en rencontre pas même un échantillon ; le peu qu'on trouve des travaux de Bastide sur Montaigne dans les Mémoires de Berlin, rappelle souvent la trop longue plaisanterie du docteur Mathanasius , et n'est pas de nature à faire regretter beaucoup l'ensemble de ce travail, qui est parmi les manuscrits de la Bibliothèque du roi a. M.ChampoUion, qui en a eo connaissance, m'a dit qu'il n'offrait aucun intérêt, et M. Labouderie en a parlé dans le même sens ^. La manière dont ont été exécutées jusqu'ici les diverses tentatives de version des Essais, ne donnera pas gain de cause à ceux qui soutiennent
(1) Les éditeurs de 1725 rapportent dans les jugements et critiques l'extrait d'une lettre de M.dePlassacMERÉ à M. de Milton et ils riiidiqucnt comme étant la 90«. Jlgnoreoiiilsoot trouvé celte lettre , mais je ne l'ai pas rencontrée dans les 2 éditions qne j'ai compulsées des lettres de M. le cheTalier de Méré, Tune de 1682, l'autre de 1689 ( il en exifleune 3«queje n'ai pas eu o<-casion d'examiner) , « cet auleur connu d'abord sous le Doni de Plassac fut ensuite désigné sous celui de chevalier de liéré. Il appartenait «lu côté maternel à la maison de Bourbon- Condé; il était estimé del.a Rochefoucauld. Ménagelui dédia ses Observations sur la langue française, le père Bouhours fait son clogo, Pascal leconsultait, et Balzac avait de l'estime pour lui. Il était de son temps l'arbitre du bon air; il donna des leçons de bel-esprit à madame dé Maintenon , et on raconte que madame de Lesdiguières lui ayant tlit un jour : « Je voudrais avoir de l'esprit;» il lui répoiulit : « Laissez-moi faire, madame, et vous en aurez.» (Note manuscrite atlribuée au marquis de Paulmy. ) Voyez Dreux du Radier, BibL historique et critique du Poitou, et les Eloges de quelques auteurs français, par Michauli Joly et Bouhier, Dijon 1742, in-8o.
(ïj Voy., sur Bastide, une note à la liste des auteurs sur Montaigne.
ô! Ces manuscrits de Bastide sont seulement en dépôt à la Bibliothèque du roi, et à ce lilre ils ne peuvent élre communiqués. L'aulcur les avait légués à cei établissement à la condition qu'on les ferait imprimer. Leur étendue cl le peu d'intérêt qu'ib offrent ont déterminé à refuser ce legs.
le principe de ces traductions dont la nécessité est au moins douteuse , suivant moi. Bastide prétendait qu'il fallait mettre les Essais îi la portée de ceux qui ont le temps de les lire., mais à qui le loisir manque pour ks étudier. Mais dans ce système il n'y a pas de raison de s'arrêter; on commencera, comme le veut M. de Plassac, par ôter seulement à Montaigne les défauts de son temps, en lui laissant ceux qui lui sont jiropres, et de proche en proche on arrivera à exécuter ce que voulait déjà l'anonyme de t733, qui soutenait que les Essais ne tant presque plus un livre français, et que ce vieux langage est bas et grossier. «Aussi « (lit-il, en donnant le programme dé sa traduc- « tion , qu'elle sera extrêmement libre; qu'il re- « tranchera ce qui lui paraît contraire aux mœurs,
* et ce qui lui paraîtra peu capable de plaire ; quel- « quefois il prendra le fonds de la pensée, et il
• lui donnera un tour diflcrent de celui dont l'au- « teur s'est servi ; il abrégera les histoires , et il « les racontera à sa manière ; an lieu de suivre « Tauleur dans son désordre, il essaiera de le cor^ « riger jusqu'à un certain point, de mettre un peu « plus de suite dans ses idées, et de les arranger « d'une manière , sinon plus naturelle, du moins « plus raisonnable ; enfin , il poussera la liberté « jusqu'à ajouter, lorsqu'il croira pouvoir le faire « agréablement et utilement pour le lecteur. » Oi pourrait penser qu'il y a exagération, si ce qui précède n'était une citation textuelle de l'auteur ; et en preuve il donne la traduction faite à sa manière, des chapitres 1, 2 et 4 du livre I, et dans ce dernier il remplace une phrase de Montaigne par six vers de Fontenelle !... Je le demande : où en seraient les Essais de Montaigne après une telle mutilation? La comparaison avec le vaisseau des Argonautes ne serait-elle pas audessous de la réalité? L'autorité de M. de Plassac n'est pas plus grande en cette occasion que celle de l'anonyme ; et malgré le mérite réel que lui accordent ses contemporains, on peut sans injustice mettre en doute son bon goût en cette circonstance, si on se souvient que le chevalier «trouvait un esprit mal fait dans Oaton , et un esprit étroit dans Scipion; qu'il faisait peu de cas des auteurs anciens, et surtout de Virgile, dont il disait que l'Éhéide était ennuyeuse à périr, qu'il trou vait des choses de mauvais air dansDémosihène et dans Cicéron, et qu'Homère le rebutait souvent , etc. '
Sorel, dans la Bibliothèque française, dit, au sujet même de ces essais de traduction : «Pnis- « qu'on n'y saurait rien changer sans les rendre ' tout autre que ce qu'ils sont , il faut les laisser « dans un état qui leur a déjà acquis tant de répu- « tation : » et on peut appliquer à Montaigne ce que
KXXVJ
disait Racine dans la préface de Mithridate : « Je « rapporte les paroles de Plutarque telles qu'Àmyot « les a traduites , car elles ont une grâce, dans le « vieux style de ce traducteur, que je ne crois point « pouvoir égaler dans notre langue moderne. »
On peut croire que Montaigne n'aurait pas approuvé l'excès de zèle de ses traducteurs , lui qui ordonne aux imprimeurs de suivre toujours l'ancienne orthographe (chap. 10 du liv. 111).
Je crois ne pouvoir mieux terminer cette digression qu'en citant un passage dans lequel Naigeon me paraît avoir traité cette question avec infiniment de justesse et de goût , en reproduisant exactement des idées énoncées par Sorel : « Je ne vois « qu'un seul moyen de rendre ce livre intelligible «pour la plupart des lecteurs; c'est d'y joindre « partout un commentaire presque aussi long que « le texte, ou plutôt de le traduire dans la langue « élégante, harmonieuse et claire que Voltaire,Buf- « fon, Diderot, d'Alembert et Rousseau ont parléeet « écrite. On réussira sans doute à faire des Essais « un livre agréable, peut-être même d'une utilité « plus générale ; mais je ne crains pas d'assurer « que cette espèce de traduction , en la supposant « même très exacte, ce qui ne serait pas sans « quelques difficultés , ferait très souvent perdre « au style de Montaigne une grande partie de sa « précision , de son énergie , de sa hardiesse , de « ce naturel aisé qui en fait un des principaux ' charmes , et donnerait à son livre , qu'on ne re- « fera pas plus que celui de Rabelais , un caractère « très divers, moins original et beaucoup moins «; iquant. Le projet de récrire dans notre langue « les Essais DE Montaigne peut passer comme tant « d'autres idées par la tête d'un ignorant ou d'un « sot, mais il n'entrera jamais dans celle d'un lec- « teur judicieux , instruit et d'un goût délicat et " sûr. »
On- devra consulter, comme exemple de ce qu'on pourrait se permettre à l'égard du langage des Essais, les citations qu'en fait M. Labouderie dans l'ouvrage qu il a publié sur le Christianisme de Montaigne. Ce savant , à l'aide de quelques changements presque insensibles , et souvent par la seule addition d'un mot entre pcH-enthèse, a rendu parfaitement intelligibles les passages des Essais qu'il a cités. C'est ici le lieu de rappeler que, rela- ^i^enient à l'orthographe de Montaigne, M. Labouderie est d'avis que les variations qu'elle présente dans le même mot employé plusieurs fois et dans les diverses éditions autorisent à ne pas la conserver, et il dit que les raisons alléguées contre cette oi>inion par les derniers éditeurs n'ont pas changé sa conviction. C'est le système suivi aussi par M.Buchon dans ses éditions de Froi.ssart.
64. Les mêmeg, — avec les notes de tous les commentateurs. Paris^ Lefevre (imprimé par Crapelet), 1823,in-8''5 5 vol. ; portrait d'après celui de
Cette édition est une réimpression de celle de 1818, à laquelle elle est en tout conforme , si ce n'est que le titre n'annonce pas d'éditeur spécial, quoi qu'en dise M. Brunet, et qu'on n'y trouve pas l'avertissement que M. Johanneau avait inséré dans l'édition précitée. M
Je ferai , à l'occasion de cette édition , une rM marque qui sera applicable aux suivantes : c'esP qu'on aurait dû, dans toutes les éditions modernes, dire avec des notes de tous les commentateurs , et non avec les notes, puisqu'il n'y a qu'un choix de chacune, et qu'aucune édition ne donne toutes les notes de tous les commentateurs
65. Les mémes^ — avec les notes de tous les commentateurs et précédés de î'Eloge de Montaigne, par M. Villemain ; Paris^ Froment, 1825, in - 18 , 8 vol. ; portrait d'après celui de Piquet.
Court avertissement { non signé) de l'éditeur. — A'otes de Coste , de Naigeon, d'Amaury-Duval, d'Eloi Johanneau, de Lefèvre. — Éloge par Villemain. Précis de la vie de Montaigne. — Préface de Gonrnay. — 9 lettres. — Servitude volontaire. — Table analytique. Edition d'après celle de M. Lefèvre.
66. Les mêmes, — avec les notes de tous les commentateurs , édition publiée par J.-V. Leclerc. Paris, Lefèvre, , 1826, in-8°, 5 vol. (imprimé par Jules Didot aîné ); portrait dessiné et gravé par Dupont.
Belle et bonne édition, faisant partie des classiques français publiés par le même libraire. Aux notes de Naigeon, de Coste, d'Amaury-Duval, d'Eloi Johanneau, l'éditeur en a joint qui lui sont propres, et d'autres extraites du commentaire de l'avocat général Servan sur les deux premiers livres des Essais.
Avertissement de l'éditeur. Discours sur la vie et les ouvrages de Montaigne. Notes «"preuves. Epoques de la vie de Montaigne. Famille de Montaigne. Théologie naturelle. La Boëtie. Montaigne à la cour. Château de Montaigne, Voyages de Montaigne. Mademoiselle deGournay. Mort et tombeau de Montaigne. Détracteurs de Montaigne, admirateurs et imitateurs de Montaigne (ces pièces préliminaires occupent 146 pages). 10 lettres. Extrait de la Théologie naturelle de Raymond Sebond. Notice sur le voyage de Montaigne. Servitude volontaire. Table analytique. Sonnets de La Boëtie. La préface de mademoiselle de Gournay ne fait pas partie de cette édition. Il n'y a pas de sommaires
SI R MONTAIGNE
txxvi»
aux marges. Le discours sur la vie de Montaigne est à très peu de chose près celui que M. Leclerc fit imprimer en 1812 sous le litre iV Eloge de messire Michel^ seigneur de Montaigne. Les notes qui suivent ce discours contiennent des renseignements utiles aux personnes qui veulent lire avec fruit les Essais.
67. Les métnes. — Paris, Rapilly^ 1827, in-S". ^ouveaux titres ajoute's à l'édition de Cbasse-
riau, 1820.
68. Lcsmémfs, — avec les notes de Coste, Naigeon, Amaury-Duval . Eloi Johanneau et autres commentateurs. Paris, Menard et Dcsenne, 1827 , lO vol. in-12 et in-18 , avec portrait.
Cette édition fait partie de la Bibliothèque française publiée par les mêmes libraires.
Précis de sa vie.— Dédicace à Richelieu. — Grande préface de Gournay. — Sommaires en tète des chapitres. — 9 lettres. — Servitude volontaire. — Pas de table analytique.
69. Les mêmes. — Paris , H. Bossange^ in-S", 1828, 4 vol. ; nouveau tirage de 1802.
70. Les même.?, — édition selon l'orthographe de l'auteur, avec les sommaires analytiques et les notes 'le tous les commentateurs ; précédés de la préface de mademoiselle de Gournay et d'un précis de la vie de Montaigne. Paris, Tardieu Denesle, 1828 , in-8o, 6 vol.
Les sommaires sont ceux de M. Amaury-Duval. La préface de mademoiselle de Gournay est précédée de sa dédicace à Richelieu. Les sonnets se trouvent dans cette édition. Notes de différents commentateurs sans signatures.
Table analytique à longues lignes.
71.1e« mêmes. — (édition compacté), collationnée sur les meilleurs textes. Paris, Fume, L. Debure, 1830, un vol. grand in-8°, imprimé à deux
lionnes. Des exemplaires de cette même édition l'ortenl la date de 1831.
Eloge par Villemain. Notes non signées. 9 lettres. Servitude volontaire. Table analytique. Notes différentes de celle de l'édition de Desoër , quoique Quérard dise que c'est une réimpression de cette édition.
72. Les mêmes. Paris^ Lebigre et Firmin Didot, 10-8°, 4 vol., portrait.
Nouveau tirage de l'édition de 1802.
ï». Les mêmes , avec les notes de tous les com-
mentateurs. Pam, Lefèvre, 1834, l vol. grand in-8%in)i»rimé à deux colonnes, orné d'un pirirait d'après celui de l'édition de Leclerc. Les sniin. is existent.
Édition faite sur celle donnée par .M. Leclerc en 1826 , et dans laquelle ou n'a pas reproduit les pièces préliminaires. Quoique, compacte, ce volume est imprimé en gros caractère et est très lisible.
Notes de Coste , Amaury-Duval , Naigeon , Eloi Johanneau , J.-V. Leclerc.
74. Les mêmes , avec les notes de tous les commentateurs. Paris, Lefèvre., 1836, in-8o. 2 vol., imprimés à longues lignes, avec portrait d'après celui de 1826.
Le texte des Essais avec les notes , les lettres , la Servitude volontaire, et une table analytique.
75. Les mêmes ( faisant partie du Panthéon littéraire). Dédicace et notice sur Montaigne par M. Buchon. Notice bibliographique sur Montaigne , par le docteur Payen. — Préface de Mademoiselle de Gournay. — Choix des notes de tous les commentateurs.— Voyage de Montaigne.— 10 lettres de Montaigne. — Avis de Catherine de Médicis à Charles IX.— Servitude volontaire.— Index.— Table des. auteurs cités. — Table des matières.
Me sera-t-il permis , en terminant cette notice , de tracer la marche que je voudrais qu'on suivît pour une édition spéciale des Essais? François de Neufchàteau, dans son Essai -sur les meilleurs ouvrages écrits en prose dans la langue française (Paris, in 8°, 1816), a indiqué ce qui, suivant lui, restait à faire pour donner une édition de Mon aligne qui fut capable de satisfaire les hommes de goiit •. Je hasarderai d'ajouter à ces conseils, et je soumettrai humblement mes idées aux savants annotateurs des éditions modernes.
1° Je pense qu'il faut des notes aux Essais , mais je crois qu'elles doivent seulement être destinées à faciliter l'intelligence du texte, et non point à combattre ou développer les opinions de l'auteur. On devrait donc faire dans ce sens un choix des notes de Coste et de celles de MM. Johanneau , Amaury-Duval, Leclerc, etc. (celle de Servan seraient éliminées). Mais je voudrais surtout des note.s /)OMr comtnen/er 31 ont ai g ne par lui-même; lui, si divers, si ondoyant, « tantôt sage, tantôt libertin , tantôt vrai , tantôt menteur, chaste, impudique, puis libéral, prodigue et avare, et tout cela selon qu'il se vire. • Ainsi, soit que Montaigne exprime la même opinion en termes différents, ou
(IJ II se borne à recommander rindicatiou des variantes de 1588, 1595 et 1802; un Glossaire, un extrait du Voyage, on extrait de la Théologie naturelle , ce qui a été Cait dans les éditions suivantes.
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qu'il exprime une opinion opposée à celle qu'il a énoncée ailleurs, ce qu'il fait souvent en employant les mêmes termes •, je voudrais qu'une citation ou un renvoi nn't le lecteur à même de comparer l'auteur de la veille et celui du lendemain ^^ et les essais que j'ai faits de ce genre de notes m'ont convaincu de l'utilité et de fintérèt qu'ellesoffriraient.
2° Montaigne déclare qu'il a dissimulé les empnints qu'il a faits aux auteurs anciens, afin que les critiques donnassent sur son nez des nazardes à Plutarque ; il faudrait citer ces passages , et ils sont nombreux. ( Une grande partie de ce qu'il dit au sujet de la mort , Auguste et Ciima, etc. , sont littéralement traduits de Sénèque , etc. )5.
3" Un grand nombre d'auteurs modernes se sont emparé des idées de Montaigne, et souvent sans lui en faire honneur. Parmi ces derniers il faut surtout compter Pascal et J-J. Kousseau. Il serait très intéressant de rapprocher ces passages les uns des autres , et les éditeurs modernes n'ont fait qu'un très petit nombre de ces rapprochements'*.
4° Comparer très exactement les éditions primitives des Essais 1580, 1582, 1587, 1588, 1595, 1635 et 1802^ indiquer les additions, les suppressions , les corrections , et rapprocher ces variantes des changements survenus dans la position de Montaigne par son voyage , les événements politiques , sa nomination à la mairie , etc. ^
5" Remplacer les sommaires de l'édition de M. Amaury-Duval par une analyse assez développée de chaque chapitre. Je suis convaincu que rien ne faciliterait plus la lecture des Essais que celle de cet extrait , faite avant le chapitre qui y correspond; et j'en trouve une preuve dans l'utilité des sommaires précités et de ceux de la traduction de Plutarque par Amyot, quoiqu'il mon avis ils n'aient pas assez d'extension. L'ouvrage de M. Vernier ne me paraît pas avoir atteint ce but.
6" Alin de rendre plus aisée la collation des différentes éditions, on pourrait réunir, à la suite les unes des autres, et dans l'ordre dans lequel elles se présentent ou par ordre alphabétique, toutes les citations qui se rencontrent dans les Essais, en ne rapportant que les deux ou trois premiers mots, et
(1} Le but de noire carrière , c'est la mort , c'est i'objet nécessaire de notre visée. {Liv. i,ch. 19). Mais il m'est avis que c'est bien le bout, non pourtant le bul de la\ie. ( Liv. m. cliap. 12).
(2) Montaigne disait de lui-même : « Moi à cette heure et moi tantôt, sommes bien deux. »
(3) « J'aimerai quelqu'un qui me sache déplumer » ( liv. 2, diap. 10).
(4) Un critique ignorant qui se croit bien habile , ixjnnera sur ma joue un soufflet à Virç;ile.
• And. Chénier ).
les faisant suivre de l'indication de la page; je pii assurer que cette espèce de table serait très util car le meilleur moyen de trouver une phrase dai un chapitre est de se servir de la citation qui, précède et de celle qui la suit.
7" Bien que je sois d'avis que le livre des Essak n'est pas de ceux que des extt^iits puissent faire connaître, et que je me souvienne que Montaigne a dit :« Tout abrégé d'un bon livre est un sot livre;" je pense qu'il y aurait utilité à résumer en quelque sorte l'ouvrage, en rassemblant un certain nombre des pensées les plus remarquables; de celles qui dans un petit nombre de mots expriment un précepte de morale on de haute philosophie , ainsi « Toute autre science est dotnmageable k celui qui n'a la science de la bonté. Les boiteux sont mal propres aux exercices du corps, et aux exercices de l'esprit les âmes boiteuses. 11 fallait s'enquérir qui est mieux scavant, non qui est plus sçavant. Ce qui est hors des gonds de la coutume , on le croit hors des gonds de la raison.» Et tant d'autres! M. Labouderie a donné un certain nombre de pensées détachées à la suite du Christianisme de Montaigne,
8" Une table des matières devrait presque exclusivement se borner aux noms propres d'hommes , de pays . d'animaux , de rivières , etc, , et à ce qui regarde l'auteur lui-même, sa personne, son caractère , sa famille.
9» Il serait tout à la fois très intéressant et très instructif de rencontrer à la suite des Essais un extrait fait avec discernement des principaux jugements portés sur cet ouvrage.
10° Enlin un glossaire où chaque déQnition se rait appuyée d'un exemple tiré de Montaigne , ce qui est d'autant plus nécessaire pour cet auteur, qu'il n'est pas rare qu'il emploie des expressions usitées de son temps, en les détournant de' leur acception consacrée, et que souvent il crée le mot, ou plutôt il a recours aux locutions de sa province lorsque la langue lui semble ne pas suflire. 0ue le gascon y arrive si le français n'y peult aller {\iv. l'chap. 25).
Ce petit travail a trop peu d'importance pour me fournir l'occasion de remercier toutes les personnes qui ont bien voulu s'y intéresser, je ne puis pourtant me dispenser de reconnaître ce que je dois à l'obligeance extrême avec laquelle M.M. Amaury- Duval, Weiss,Beuchot,Jouanneau, m'ont donné les renseignements que j'ai réclamés auprès d'eux; et je me fais un plaisir de déclarer que c'est principalement à la complaisance de M. Richard, de la Bibliothèque du roi, que je dois d'avoir pu compléter cette notice dont les njatériaux étaient rassemblé! depuis longtemps.
SUR MONTAIGNE
Liste chronologique des éditions des Essais.
S° t. 15«0 Bordeaux.
Mniangps.
In-8»,tvol.
.\«» Si. «6» ex. Incomplet 1
i. 1SX2 Bordeaux.
Millaiiges.
as. 1662 p.tri<. 1
Courbé.
liWol.l vol.
S. ^5^7 Paris.
Ricltcr.
Lepetit.