‹ OEuvres. Vec une notice biographiqueChapitre 10 sur 402 · XXXIJ · texte numérisé non relu

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même, en faisant connaître par la voie des journaux ce prf^cieux autographe , le considérait comme celui qui avait servi à mademoiselle de Gournay.

A l'apparition de cette e'dition, une controverse fort animée s'éleva entre les honunes de lettres pour avoir quelle devait être la .leçon préférée. Naigeon ■^. fondant sûr un avis à l'imprimeur , écrit de la main de Montaigne au verso du frontispice gravé de l'exemplaire en question, soutenait que c'était bien là celui qui devait servir de' copie à la nouvelle édition que l'auteur projetait , et cette opinion est partagée sans restriction par M. Amaury- Duval. Le seul moyen de décider la question, est de comparer les textes , et d'opposer l'une à l'autre, comme l'ont fait MM. Droz , Leclerc et Johanneau,' les phrases qui offrent des différences. Or , il résulte manifestement de cette comparaison qu'à part un petit nombre d'exceptions, une diction plus animée, des expressions plus énergiques, des tours de pfirase plus hardis se rencontrent dans l'exemplaire de 1595; et j'ajouterai que le choix de mademoiselle de Gournay doit être ici pris en considération. On sait qu'elle était allée en Guienne après la mort de Montaigne , et qu'elle s'était chargée de publier les Essais enrichis des traits de sa dernière main:, peut-être avait-elle reçu quehiues instructions de la famille sur la copie qu'elle devait préférer; mais dans tous les cas elle eut connaissance des deux exemplaires , puisqu'elle appelle en témoignage du soin qu'elle a apporté à l'édition de 159â une -autre copie qui reste en sa maison. La vénérat/on qu'elle portait à la mémoire de Montaigneet ^admiration qu'el le professait pour les Essais, ne permettent pas de supposer qu'elle ait négligé de comparer les deux copies avant de choisir l'une d'elles ^ et sa préférence, justiliée suivant moi, est une forte présomption en faveur de la version qu'elle a suivie.

Quoi qu'il en soit, l'édition de Naigeon offre un grand- intérêt pour les lecteurs de Montaigne, et c'est avec raison que M J.-V. Lecleic dit à son sujet : " L'exemplaire de Bordeaux n'est pas moins « précieux pour la critique ; il nous transmet (idè- « lement, dans les parties manuscrites, l'ortho- « graphe de l'auteur, que mademoiselle de Gournay « avait trop peu respectée, et quelques heureuses « corrections, quelques courtes phrases qui n'a- « vaientpas été transportées sur l'autre exemplaire. « Profitons de ces avantages , mais ne défigurons « pas l'ouvrage de Montaigne , pour le plaisir de « suivre mot à mot une copie qu'il avait lui-même « évidemment abandonnée. »

C'est ici le lieu de faire remarquer qu'à" la manière dont rindication de l'édition de 1588 est donnée uar INaigeon en lèle i\c l'avis à l'impri-

meur , on pourrait croire qu'elle était la sixième , tandis qu'elle est marquée cinquième , et que c'est Montaigne qui avait ajouté le premier de ces chiffres, eu égard à l'édition qu'il projetait.

— Le catalogue de la bibliothèque de M. S. Berard porte au numéro 160 un exemplaire de Montaigne. Paris., Lefèvre, 1808, petit in-8. 5 vol. Il y a probablement erreur, et c'est 1818 qui est la date véritable, car je ne connais pas d'édition des Essais publiée par M. Lefevre avant 1818.

55. Lesmêmes. — Paris, P Didot-, 4 vol. in-12. Nouveau tirage de l'édition de 1802.

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