‹ OEuvres. Vec une notice biographiqueChapitre 142 sur 402 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Coustume de Visle de Cea.

Si })hilosopher c'est doubter, comme ils disent, à plus forte raison niaiseret/fantastiquer comme je foys, doibt estre doubter ; car c'est aux apprentifs à débattre, et au cathedrant de résoudre. Mon cathedrant, c'est l'auctoritéde la volonté

(1) SÉN., Epist. 66 el 92 ; de Otto sapietuis, c. 52, etc. J. v. L. ■~ (2) Dédaignant ces animaux timides, il voudrait qu'un sanglier écumant vint s'offrir à lui, ou qu'un liou descendit de la montagne. Vinc., /£«., IV, 158. Celle application est aussi empruntée de SÉN., Episi. 64. i. V. L.

(5) SÉN., de Tranouilliiate animi , e. 13, d'après Y Ion. J. V. L.

(4) Abist., Probkin., secl. 50 ; Ctc. Ttiscitl., I, 33 ; Séx , ibid. J. V. L.

(3) Dans le Timùe, p. 34", G. C.

divine, qui nous règle sans contredict, et qui a son reng au dessus de ces humaines et vaines contestations.

Philippus» estant entré à main al*mée au Péloponnèse, quelqu'un disoit à Damindas que les Lacedemoniens auroient beaucoup à souffrir, s'ils ne se remettoient en sa giace : «Eh ! poltron! respondict il, que peuvent souffrir ceulx qui ne craignent point la mort? » On demandoit aussi à Agis comment un homme pourroit vivre Ubre: «Mesprisant, dict il, le mourir. » Ces propositions , et mille pareilles qui se rencontrent à ce propos, sonnent évidemment quelque chose au delà d'attendre patiemment la mort, quand elle nous vient: car il y a en la vie plusieurs accidents pires à souffrir que la mort mesme ; tesmoing cest enfant lacedemonien, prins par Antigonus, et vendu pour serf, lequel, pressé par son maistre de s'employer à quelque service abject : « Tu verras , dict il , qui tu as acheté : ce me seroit honte de servir, ayant la liberté si à main; « et, ce disant, se précipita du hault de la maison. Antipater, menaceant asprement les Lacedemoniens, pour les renger à certaine sienne demande : « Si tu nous menaces de pis que la mort, respondirent ils, nous mourrons plus volontiers : » et à Philippus, leur ayant escript qu'il empescheroit toutes leurs entreprinses : «« Quoy ! nous empescheras tu aussi de mourir?» C'est ce qu'on dict^, que le sage vit tant qu'il doibt non pas tant qu'il peult ; et que le présent que nature nous a\ t faict le plus favorable, et qui nous oste tout moyende nous plaindre de no.stre condition, c'est de nous avo^ir laissé la clef des champs : elle n'a ordonné qu'une entrée à la vie, et cent mille A ssues.^ Nous pouvons avoir faulte de terre pour y vivre; mais de terre pour y mourir, nous n'en pouvons avoir faulle, comme respondict Bojocalus aux Romains s. Pourquoy te plains tu de ce monde? il ne te tient pas : si tu vis en peine, ta lascheté en est cause. A mourir, il ne reste que le .vouloir:

Vbique mors est ; opiime hoc cavil Deus.

Eripere vilam nemo non homini polesl;

Àt nemo morlem : mille ad hune aditus paient *,

(i) Cet exemple et les quatre suivants sont lires de Plut., Apophlhegrnes des LacÉdemoniens. C.

(2) SÉN., Epist. 70. C.

(5J TACITE , Annal., XIII, 36 : Déesse iiobis terra, in qua vi vamiis potest; in qua moriamur non polesl.

ti) Par un effet de sagesse divine, iamorl est ;>nrlout. ('.lia

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