CHAPITRE XXVI
Des voulces.
Tacitus recite* qae, parmy certains rôys barbares, pour faire une obfigation asseurée,
(1) Episl. 50. C.
(2) Ëd. de 1588, je me ris.
(5) Ibid., de Peu emmener, (4) Annales, XU, 47. C. '
LiVKh il, CHAP. \\VI
leur manière estoii de joindre cslroictement leurs mains droicles Tune à Taullfe et s'entrelacer les pcwilces : et quand, à force de les presser, le sang en est oit monté au bout, ils les bleceoicnt de quelque legiere poincte et puis se les entresuceoient.
Les médecins disent * que les poulces sont les maistres de la main, et que leur eiymologie latine vient de pollere-. Les Grecs l'appellent àvTr/iic, comme quidiroit une aultre main. Et il semble que par fois les Latins les prennent aussi en ce sens de main entière :
Sed n*c vocibui ejccitala blandit, UoUi pollice nec rogaia, surgit i.
C'esioU à Rome une signification de faveur de com|Mrimer et baisser les poulces,
Fautor utroque tuum laudabit pollice ludum 4.
et de défaveur de les liaolser et contourner au dehors :
Corner so pollice vjlgi, Quemlibet occidunt populariier^.
Les Romains dispensoient de la guerre ceuk qui estoienl blecés au poulce, comme s'ils n avoient plus la prinse des armes assez terme. Auguste conikqua les biens à un chevalier romain qui avoit, par malice, coupé les poulces à deux siens jeunes enfants pour les excuser d'aller aux armées* : et avant luy le sénat, du temps de la guerre italique, avoit condamné Caius Vatienus à prison perpétuelle et luy avoit confisqué touts ses biens pour s'estre à escient coupé le poulce de la main gauche pour s'exempiêi de ce voyage'.
Quelqu'un, dont il ne me souvient point *,
(J) Ceci semble pris de Mncrobe, qui l'a pris à son tour «TAléius Capiio. Vo; le? Saturnales, Vli, 15. C. m Être fort et puissant. C.
(5) Ces deu-. vers de Nartui, XII, 98, 8, sont trop libres pour être traduits.
(4) Il applaudira i tes jeus en baissant les deux pouces. Hoa., Episl., 1, 18, 66.
(51 Dès que le peuple a tourné le pouce en Iiaui, il faut, pour lui plaire, que les pladiaieurs s'égor^nt. Jcvra., IH, 36. — Voyez ci-dessus, chap 23, la dernière citation de Pridesce. J. V. L.
(6) ScÉT., Auguite, c. 24. C.
(7) Val. Maxime, V. 3, 3. — On croit que c'est de là (a poUice thmco] que vient le mot de poltron, i. V. I^
(?) Philoclès, un des généraux des Alliéniens,dans la guerre du Pélopouèse. Voy. plct., Ltjsandre, c. 5; XÉ.V, Hist. Gr., 11, etc. j. V. L.
ayant gaigné une battaille navale, feft couper les poulces à ses ennemis vaincus pour leur oster le moyen de combattre et de tirer la rame. Les Athenier»s les feirent couper aux yEginetes pour leur oster la préférence en fart de marine *,
En Lacedemone, le maistre ehastioit les mfantsr en leur mordant le poulce^.