LIVRE I. CH\P. IT
Chipuft dir eom' egli arâe^ è in picàol fiioco* ,
disent les amonreux qui ved lent représenter une passion insupportable.
Misera qïiod omnes r.ripit xensiu mihi: nam, simul /e, Lesbia^ adspfjci, mhil est super mi
Quod loquar amens :
linrpta xed torpet ; temti* sub artus Flamma dimanat, sonim stiopte Tiiiniutit aures; gemina legunim
Lumina nocte*.
Au,»i n'est-ce pas en la vifve et plus cuysante chaleur de l'accès que nous sommes propres à (iesployer nos plainctes et nos persuasions; I ame est lors aggravée de profondes pensées et le corps abbattu et languissant d'amour; et de là s'engendre parfois la défaillance fortuite qui surprend les amoureux si hors de saison, et ceste glace qui les saisit, par la force d'une ardeur extrême, au giron mesme de la jouissance. Toutes passions qui se laissent gouster et digérer ne sont que médiocres :
Curœ levés loqimntur, ingénies sttipent '
La surprin^e d'un plaisir inespéré nous estonne de mesme •
et me conspexit venientem, et TroUa circum Arma amens vidii, magnis exterrita monstris, Diriguit visu in medio ; calor ossa reliquit ; Labitur, et longo vix tandem lempore faïur*.
Oultre la femme romaine qui mourut surprinse d'ayse de veoir son fils revenu de la route de Cannés^, Sophocles et Denys le TvTan qui tres-
(1) C'est aimer peu que de pouvoir dire combien fou aime. Pétraïque, dernier vers du sonnet 137. •
(3| Catt-lle, Carm., U, S. Ces vers sont une imitation d'une ode de Sapho que Boileau a traduite. DeliUe a fait quelques changements à cette traduction pour reproduire la forme de l'ode sapphi^ue.
De veine en veine une subtile flamme Court dans mon sein sitôt que je le vois. Et, dans le trouble où. s'égare mon ame.
Je demeure sans voix.
Je n'entends plus, un voile est sur ma vue : Je rêve et tombe en de douces langueurs ; Et sans baleine, inquiète, éperdue.
Je tremble, je me meurs .'
(5) . . . . Légères, eUes s'expriment ; extrêmes, eDes se taisent. Sé^sèqcc, Hipp,, acte U, scène 3, v. 607.
W Dès qu'elle m'aperçoiL dès qu'elle recosnait les armes troyennes, hors d'elle-même, frappée comme d'une vision effrayante, elle demeure inuncbile ; son sang se glace, eOe tombe et ce B est que longtemps après qa'eSe parvient à recouvrer la TCHx. Vue, ËnHde, ni, 306.
p) De b déroute de Canifs. Puse, \1I, 54.
pa.s.serent d'ayse*, et Talva' qui mourut en Corsegue, li.sant les nouvelles des honneurs que le sénat de Rome luy avoit décernés, nous tenons , en notre siècle, que le pape Léon dixiesme, ayant esté adverty de la prinse de Milan qu'il avoit extrêmement souhaitée, entra en tel excès de joye que la fiebvre l'en print et en mourut '. Et. pour un plus notable tesmoignage de l'imbécillité humaine, il a esté remarqué par les anciens* queDiodorusledialecticien mourut sur le champ esprins d'une extrême passion de honte pour, en son eschole et en public, ne se pouvoir desvelopper d'un argument qu'on luy avoit -aict. Je suis peu en prinse de ces violentes passions; j'ai Tapprelension naturellement dure, et l'encrouste et espessis touts les jours par discours.