‹ OEuvres. Vec une notice biographiqueChapitre 352 sur 402 · LIVRE III, CHÂP. \II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHÂP. \II

cent environ comme un homme malade et géhenne d'avarice. L'offense a sans mesure plus d'aigreur que n'a la perte. Mille diverses sortes de maulx accoururent à moy à la file : je les eusse plus gaillardement souflerts à la foule.

Je pensay desjà entre mes amis à qui je pourrois commettre une vieillesse nécessiteuse et disgraciée : après avoir rodé les yeulx par tout, je me trouvay en pourpoinct*. Pour se laisser tumber à plomb et de si hault, il faut que ce soit entre les bras d'une affection solide, vigoreuse et fortunée ; elles sont rares s'il y en a. Enfin, je cogneus que le plus seur estoit de me fier à moy mesme de moy et de ma nécessité ; et, s'il m'advenoit d'estre froidement en la grâce de la fortune, que je me recommendasse de plus fort à la mienne, m'attachasse, regardasse de plus près à moy. En toutes choses les hommes se jectent aux appuis estrangiers, pour espargner les propres, seuls certains et seuls puissants, qui sçait s'en armer : chascun court ailleurs et à l'advenir d'autant que nul n'est arrivé à soy. Et me résolus que c'estoient utiles inconvénients, d'autant, premièrement, qu'il fault advertir à coups de fouet les mauvais disciples, quand la raison n'y peult assez ; comme, par le feu et violence des coings, nous ramenons un bois tortu à sa droicture. Je me presche, il y a si longtemps, de me tenir à moy, et séparer des choses estrangieres : toutefois, je tourne encores tousjours les yeulx à costé ; l'inclination, un mot favorable d'un grand, un bon visage me tente : Dieu sçait s'il en est cherté en ce temps et quel sens il porte! j'ois encores, sans rider le front, les subornements qu'on me faict pour me tirer en place marchande; et m'en deffends si mollement qu'il semble que je souffrisse plus volontiers d'en estre vaincu. Or, à un esprit si indocile, il fault des bastonnades ; et fault rebaltre et resserrer à bons coups de mail ce vaisseau qui se desprend, se descoust, qui s'eschappe et desrobbe

(1) Je me trouvai presque nu, avec mon seul pourpoint, c'eslà-dire douille de mon bien. C'est dans ce seos, seloa lé dictlonnaire de Trévoux, qu'on dit mettre un homme enpourpoint. Ce sens ne paraîtra point douteux, si l'on se rappelle le quatrain attribué à Charles IX

Le roy Frau<;oû ne faillil poial Lorsqu'il predit que reuli de Guiie Hetlroicnt tes enfanU en pourpoiuci.

Et teiu Kl tubjecu encbcmiic.

de soi. Secondement, que cest accident me ser voit d'exercitalion pour me préparer à pis; si moy, qui, et par le bénéfice de la fortune et par la condition de mes mœurs, esperois estre des derniers, venois à estre, des premiers, attrappé de ceste tempeste ; m'instruisant de bonne heure à contraindre ma vie et la renger pour un nouvel estât. La vraye liberté c'est pouvoir toute chose sur soy : Potentissimus est qui se habet in potestate *. En un temps ordinaire et tranquille, on se prépare à des accidents modérés et communs 5 mais en ceste confusion où nous sommes depuis trente ans, tout homme françois, soit en particulier, soit en gênerai, se veoid à chasque heure sur le poinct de fentier renversement de sa fortune ; d'autant fault il tenir son courage foumy de provisions plus fortes et vigoreuses. Sçachons gré au sort de nous avoir faict vivre en un siècle non mol, languissant ny oysif : tel qui ne Teust esté par aultre moyen se rendra fameux par son malheur. Comme je ne lis gueres es histoires ces confusions des aultres estats, que je n'aye regret de ne les avoir peu mieulx considérer, présent, ainsi faict ma curiosité que je m'aggrée aulcunement de veoir de mes yeulx ce notable spectacle de nostre mort publicque, ses symptômes et sa forme; et, puis que je ne la saurois retarder, je suis content d'estre destiné à y assister et m'en instruire. Si cherchons nous avidement de recognoistre, en umbre mesme et en la fable des théâtres, la montre des jeux tragiques de l'humaine fortune ; ce n'est pas sans compassion de ce que nous oyons; mais nous nous plaisons d'esveiller nostre desplaisir, par la rareté de ces pitoyables événements . Rien ne chatouille qui ne pince. Et les bons historiens fuyent , comme un' eau dormante et mer morte, des narrations calmes pour regaigner les séditions, les guerres, où ils sçavent que nous les appelions.

Je doubte si je puis assez honnestement advouer à combien vil prix du repos et tranquillité de ma vie, je l'ay plus de moitié passée en la ruyne de mon pais. Je me donne un peu trop bon marché de patience, es accidents qui ne me saisissent au propre ; et, pour me plaindre à moy, regarde non tant ce qu'on m'oste que ce

(i) Le plus puissant est celui oui est le maître de lui-mêaK: SES., EjrisL 90.

ESSAIS IJE MOMTAIGIN E,

qui me reste de sauve, et dedans et dehors. Il y a de la consolation à eschever tantost l'un, taniost l'aultre, des maulx qui nous guignent de suitte, et assènent ailleurs autour de nous : aussi, qu'en matière d'interests publicques, à mesure que mon affection est plus universellement espandue, elle en est plus ioible; joinct qu'il est vray, à demy, tantumexpublicismalis senlimus, quantum ad privatas res perlinet^ ; et que la santé d'où nous partismes estoit telle qu'elle soulage elle mesme le regret que nous en debvrions avoir. C'estoit santé, mais non qu'à la comparaison de la maladie qui l'a suyvie ; nous ne sommes cheus de gueres hault : la corruption et le brigandage qui est en dignité et en office me semble le moins supportable; on nous vole moins injurieusement dans un bois qu'en lieu de seureté. C'estoit une joincture universelle de membres gastés en particulier, à i'envy les uns des aultres, et la pluspart d'ulcères envieillis, qui ne recevoient plus ny ne demandoient guarison.

Ce croulement doncques m'anima certes plus qu'il ne m'atterra, à l'aide de ma conscience, qui se portort non paisiblement seulement, mais fièrement, et ne trouvois en quoy me plaindre de moy. Aussi, comme Dieu n'envoyé jamais non plus les maulx que les biens touts purs aux hommes, ma santé teint bon ce temps là, oultre son ordinaire ; et, ainsi que sans elle je ne puis rien, il est peu de choses que je ne puisse avecques elle. Elle me donna moyen d'esveiller toutes mes provisions et de porter la main au devant de la playe qui eust passé volontiers plus oultre, et esprouvay en ma patience que j'avois quelque tenue contre la fortune, et qu'à me faire perdre mes arçons il fallait un grand heurt. Je ne le dis pas pour l'irriter à me faire une charge plus vigoreuse : je suis son serviteur ; je luy tend les mains* : pour Dieu, qu'elle se contente! Si je sens ses assauts? si fais. Comme ceulx que la tristesse accable et possède se laissent pourtant par intervalle tastonner à quelque plaisir, et leur eschappe un soubsrire; je puis aussi assez sur moy pour rendre mon estât ordinaire paisible et des-

(I) Nous ne sentons des maux publics que ce qui nous louche. TlTE LIVE. XXX, 44.Î

{^Cedo et maman colto. Cic, (ragm. Consolai, ap. LactanU, u.as.j. v. L.

charge d'ennuyeuse imagination ; mais je me laisse pourtant, à boutade, surprendre des morsures de ces mal plaisantes pensées, qui mebattent pendant que je m'arme pour les chasser ou pour les luicter.

Voicy un aultre rengregement de mal qui m'arriva à la suitte du reste. Et dehors et dedans ma maison, je feus accueilly d'une peste, véhémente au prix de toute aulire; car, comme les corps sains sont subjects à plus griefves maladies, d'autant qu'ils ne peuvent estre forcés que par celles là, aussi mon air très salubre, où, d'aulcune mémoire, la contagion, bien que voysine, n'avoit sceu prendre pied, venant a s'empoisonner, produisit des elfects estranges :

Mista semim et jiivenum densantur funera ; nullum Sœva caput Proserpina fugit * :

j'eus à souffrir ceste plaisante condition, que la veue de ma maison m'estoit effroyable ; tout ce qui y estoit estoit sans garde et à l'abandon de qui enavoit envye. Moi, qui suis si hospitalier, feus en très pénible queste de retraicte pour ma famille; une famille esgarée, faisant peur à ses amis et à soy mesme, et horreur où qu'elle cherchast à se placer : ayant à changer de demeure, soubdain qu'un de la troupe commenceoit à se douloir du bout du doigt ; toutes maladies sont alors prinses pour peste, on ne se donne pas le loysir de les recognoistre. Et c'est le bon, que, selon les règles de l'art, à tout dangier qu'on approche, il fault estre quarante jours en transe de ce mal, l'imagination vous exerceant ce pendant à sa mode, et enfiebvrant vostre santé mesme. Tout cela m'-eust beaucoup moins touché, si je n'eusse eu à me ressentir de la peine d'aultruy, et servir six mois misérablement de guide à ceste caravane ; car je porte en moi mes préservatifs, qui sont resolution et souffrance. L'appréhension ne me presse gueres, laquelle on craint particulièrement en ce mal ; et si, estant seul, je l'eusse voulu prendre, c'eust esté une fuyte bien plus gaillarde et plus esloingnée : c'est une mort qui ne me semble des pires; elle est communément courte, d'estourdissement, sans douleur, consolée par la condition publicque, sans cerimonie, sans dueil, sans presse. Mais, quant

(1) Jeunes gens, vieillards , tout s'entasse pôle mêle dans le tombeau ; nulle tête n'échappe à l'inexorable Proserpine. Hoa,, Od., I, 38, 19.

•LiVHE III, i:h\\\ \\\.

au monde des environs, la ceûliesme partie des anies ne se peut sauver :

Vtdeas 4e$er laque régna Pastorum, et longe tallus luieque vacanlei •.

En ce lieu, mon meilleur revenu est manuel : ce que cent hommes iravailioient pour moy chôma pour longtemps.

Or lors, quel exemple de résolution ne veismes nous en la simplicité de tout ce peuple ! Généralement, chascun renonceoit au soing de la vie : les raisins demeurèrent suspendus aux vignes, le bien principal du païs ; touts indifféremment se préparants et attendants la mort, à ce soir, ou au lendemain , d'un visage et d'une voix si peu effroyée qu'il sembloit qu'ils eussent compromis à ceste nécessité, et que ce feust une condemnation universelle et inévitable. Elle est tousjours telle : mais à combien peu tient la resolution au mourir? la distance et différence de quelques heures, la seule considération de la compaignie, nous en rend l'appréhension diverse 2. Veoyez ceuLx cy : pour ce qu'ils meurent en mesme mois, enfants, jeunes, vieillards, ils ne s'estonneut plus, ils ne se pleurent plus. J'en veis qui craignoient de demeurer derrière, comme en une horrible solitude, et n'y cogneus communément aultre soing que des sépultures ; il leur faschoit de veoir lescorps espars emmy les champs, à la mercy des be$t*>s, qui y peuplèrent incontinent. Comment les fantasies humaines se descoupent! les îSeorites, nation qu'Alexandre subjugua, jectent les corps des morts au plus profond de leurs bois, pour y estre mangés, seule sépulture estimée entre eulx heureuse^. Tel, sain, faisoit desjà sa fosse; d'aultres s'v couchoient encores vivants, et un manœuvre des miens, avecques ses mains et ses pieds, attira sur soy la terre en mourant. Estoit ce pas s'abrier pour s'endormir plus à son ayse, d'une entreprinse en haulteur aucunement pareille à celle des soldats romains qu'on trouva, après la journée de Cannes, la teste plongée dans des trous qu'ils avoient faicts et comblés de leurs mains en s'y suffoquant*? Somme,

(1) Toos auriez yu les campagnes et les bois diangés eo de vastps diserts. Viec, Georg., IIl, 476.

(3) On le gousl tout diven, comme dans Fédilion de 1S88 , fol. «4.

n) DioB. DE sioLE, xMi, tas. c.

(4) TiTE LrvE, XXU,51. c.

toute une nation feut toconiinent, par usage, logée enune marche qui ne cède en roideur à aulcune resolution estudiée et consultée.

La pluspart des instructions de la science à nous encourager ont plus de montre que de force, et plus d'ornement que de fruict. Nous avons abandonné nature et luy voulons appren drc sa leçon ; elle qui nous menoit si heureusement et si seurement ; et cependant les traces de son instruction et ce peu qui, par le bénéfice de l'ignorance , reste de son image empreint en la vie de ceste tourbe rustique d'hommes impolis, la science est contraincte de l'aller touts les jours empruntant pour en faire patron, à ses disciples, de constance, d'innocence et de tranquillité. Il faict beau veoir que ceulx cy, pleins de tant de belles cognoissances, ayenl à imiter ceste sotte simplicité, et l'imiter aux premières actions de la vertu ; et que nostre sapience apprenne des bestes mesmes les plus utiles enseignements aux plus grandes et nécessaires parties de nostre vie, comme il nous fault vivre et mourir, mesnager nos biens, aymer et eslever nos enfants, entretenir justice, singulier tesmoignage de l'humaine maladie; et que ceste raison, qui se manie à nostre poste, trouvant tousjours quelque diversité et nouvelleté, ne laisse chez nous aulcune trace apparente de la nature, et en ont faict des hommes comme les parfumiers de l'huile ; ils l'ont sophistiquée de tant d'argumentations et de discours appelés du dehors qu'elle en est devenue variable et particulière à chascun, et a perdu son propre visage, constant et universel, et nous fault en chercher tesmoignage des bestes, non subject àfaveur, corruption, ny à diversité d'opinions : car il est bien vray qu'elles mesmes ne vont pas tousjours exactement dans la route de nature; mais ce qu'elles en desvoyent, c'est si peu que vous en appercevez tousjours l'ornière : tout ainsi que les chèvaulx qu'on mené en main font bien des bonds et des escapades, mais c'est à la longueur de leurs longes, et suvvent ce neantmoins toujours les pas de celuv qui les guide , et comme l'oyseau prend son vol, mais soubs la bride de sa filière' . Exsilia, iormenta, bella, morbos , naufragia meéi-

! (I) En terme de fauconnerie, on appelle /M*re nne ficelle I d'environ dix toises qoe fon tient atUchée aux pieds de foi- . seau pendant qu on le rédame, jusqu'à ce qall soit assmrë.

ESSAIS DE MONTAIGNE

tare.... ut nuUo sis malo tiro^ : à quoy nous sert ceste curiosité de préoccuper touts les inconvénients de l'humaine nature, et nous préparer avecques tant de peine à rencontre de ceulx mesmes qui n'ont à l'adventure point à nous toucher? Parem passis tristitiam facit, patiposse^; non seulement le coup, mais le vent et le pet nous frappe^ : ou, comme les plus fiebvreux, car certes c'est fiebvre, aller dès à ceste heure vous faire donner le fouet, parce qu'il peult advenir que fortune vous le fera souffrir un jour ; et prendre vostre robbe fourrée dès la Sainct Jean, parce que vous en aurez besoing à Noël? Jectez vous en l'expérience de touts les maulx qui vous peuvent arriver, nomméement des plus extrêmes; esprouvez vous là, disent-ils; asseurez vous là. Au rebours, le plus facile et plus naturel seroit en descharger mesme sa pensée : ils ne viendront pas assez tost ; leur vray estre ne nous dure pas assez, il fault que nostre esprit les estende et alonge, et qu'avant la main il les incorpore en soy et s'en entretienne , comme s'ils ne poisoient pas raisonnablement à nos sens. « Ils poiseront assez quand ils y seront, dict un des maistres, non de quelque tendre secte, mais de la plus dure * ; cependant favorise toi, crois ce que tu aymes le mieulx : que te sert il d'aller recueillant et prévenant ta malefortune, et de perdre le présent par la crainte du futur, et estre, dès ceste heure, misérable, parce que tu le doibs estre avecques le temps? » Ce sont ses mots. La science nous faict volontiers un bon office de nous instruire bien exactement des dimensions des maulx,

CUfis aciiens moitalia corda ! ^

ce seroit dommage si partie de leur grandeur eschappoit à nostre sentiment et cognoissance ! Il est certain qu'à la pluspart la préparation à la mort a donné plus de torment que n'a faict la souffrance. Il feut jadis véritablement dict,

(1) Méditez souvent Texil-, la torture, les guerres, les maladies, les naufrages,... afin que nul malheur ne vous trouve novice. Sén., Episl. 91, 107.

(2) Il est aussi pénible de craindre un mal que de l'avoir souffert. SÉN., EpisC. 74.

(5) Non ad ictum tanlum exagiUanur, sed ad crepilum. lu., ibid.

(4) SÉM., Episl. 13 et 98. G.

(.6) éclairant les mortels par une triste prévoyance. Virc, Gôorq., I, 123

et par un bien judicieux aucteur : Minus afficit sensus fatigatio quam cogitation. Le sentiment de la mort présente nous anime parfois, de soy mesme, d'une prompte resolution de ne plus éviter chose du tout inévitable. Plusieurs gladiateurs se sont veus, au temps passé, après avoir couardement combattu, avaller courageusement la mort, offrants leur gosier au fer de l'ennemy et le conviants. La veue de la mort à venir a besoin d'une fermeté lente et difficile par conséquent à fournir. Si vous ne sçavez pas mourir, ne vous chaille ; nature vous en informera sur le champ, pleinement et suffisamment ; elle fera exactement ceste besongne pour vous, n'en empeschez vostre soing :

Incertain frustra, mortales, funeris horam Quœrilis, et qua sil mors acUtura via.

Pœna minor, certam subito perferre ruinam ; Quod timeas, gravius suslinuisse diu *.

Nous troublons la vie par le soing de la mort et la mort par le soing de la vie ; l'une nous ennuyé, l'aultre nous effraye. Ce n'est pas^ontre la mort que nous nous préparons, c'est chose trop momentanée ; un quart d'heure de passion sans conséquence, sans nuisance, ne mérite pas des préceptes particuliers. A dire vray, nous nous préparons contre les préparations de la mort. La philosophie nous ordonne d'avoir la mort tousjours devant les yeulx, de la preveoir et considérer avant le temps, et nous donne après les règles et les précautions pour prouveoir à ce que ceste prévoyance et ceste pensée ne nous blece. Ainsi font les médecins qui nous jectent aux maladies afin qu'ils ayent où employer leurs drogues et leur art. Si nous n'avons sceu vivre, c'est injustice^ de nous apprendre à mourir et difformer la fin de son total ; si nous avons sceu vivre constamment et tranquillement, nous sçaurons mourir de mesme. Ils s'en van-

(1) La souffrance du mal frappe moins nos sens que l'Imagination. QuiSTiL., Insl. Oral., 1, 12.

(2) En vain, mortels, vous cherchez à connaître d'avance votre dernière heure et le chemin par lequel la mort ira jus qu'à vous... Il est moins douloureux de supporter un moment le coup qui nous écrase que de souffrir longtemps le supplice de la crainte. — Les deux premiers vers sont de Prop., II, 27, 1, où on lit : Al vosincertam. J'ignore la source des deux autres. N.

(3) C'est à tort qu'on veut nous apprendre à mourir, et donner à notre vie une fin qui ne soil pas conforme à son ensemble, i. V. L.

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