Ë A SARLAT EN 1531 , — MORT I.E 1« AOUT
On ne sait que bien peu de chose de La Boêtie. La lettre touchante écrite par Montaigne à son père sur la mort de son ami, et que l'on trouvera dans ce volume, l'ait assez voir la hauteur de son âme. De Thou en dit aussi quelques mots dans son Histoire universelle*.
«Etienne de La Boëtie , dit-il , à peine âgé de trente-trois ans, conseiller au parlement de Bordeaux, mourut à Sarlat en Périgord, lieu de sa naissance. 11 avait un esprit admirable, une érudition VaSle et profonde, et une facilité merveilleuse à parler et à écrire-, il s'appliqua surtout k la morale et à la politique. Doué d'une prudence rare et au dessus de son âge, il aurait été capable des plus grandes affaires s'il n'eût pas vécu éloigné de la cour, et si une mort prématurée n'eût pas empêché le public de recueillir les fruits d'un si sublime génie. Nous sommes redevables à Michel de Montaigne, son estimable ami, de ce qu'il n'est pas entièrement mort ; il a recueilli et publié plusieurs de ses ouvrages qui font voir la délicatesse, Télé-
(i) Ui, L\X\V.
gance et l'étonnante sublimité de ce jeune auteur. Je ne puis omettre son discours sur la Servitude volontaire dont j'ai déjà fait l'éloge, et qtii fut pris par ceux qui le publièrent en un sens tout-à-fait contraire à celui que son sage et son savant auteur avait en le composant. <•
Outre le traité de la Servitude volontaire, on a de La Boëtie :
Des traductions de fragments de Xénophon, iVÀristote et de Plutarque;
Des vers latins :
Des vers français publiés, ainsi que les ouvrages précédents, par Montaigne ;
Vingt -neuf sonnets publiés dans les Essais (liv, J, chap. 28);
Et enlin VHislorique description du solitaire et sauvage pays de Médoc, indiquée par les biographes, mais qu'aucun n'a jamais vu. [Voyez la notice bibliographique de M. Payen.)
Paris, 20 décembre 183G.
J.-A.-C. BUCHOW.