‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 115 sur 999 · LB COUTE DS BRAHÉ · texte numérisé non relu

LB COUTE DS BRAHÉ

Oter votre manteau!... moi? — Votre diadème!

Oh ! non, jamais.

CHRISTINE

Hé bien, je te les rends moi-même.

Des insignes royaux que Charles soit orné.

(On présente à Charles- Gustave la couronne sur un coussin de velours; il l'essaye et la remet sur le coussin; un grand de l'État porte le manteau royal.)

UH HERAUT D'ARMES , OU peuple.

Ctaarjes Gustave, roi, vient d'être couronné. Vive Charles-Gustave!

cnisTiifi, descendant deux marches et prenant r attitude de suppliante.

A mon tour je désire Dons et faveur, veuillez mêles octroyer, sire. De mes vastes États, que je quitte si beaux, Vous plait-il m'accorder, sire, quelques lambeaux?

GUSTAVE

Ordonnez.

CHRISTINE

Comme bien personnel, je demande Les Iles de Gottland, d*Osedum, et d'Olande, Et d'Osel. — Je voudrais et Pôle et Nyckloster, Et Wolgast, et que nul ne me les pût ôter, Pas même vous.— Ces biens me suffiront pour vivre.

GUSTAVE

Vous les avez.

CHRISTINE

J'entends que l'on me laisse suivre Par tous ceux qui voudront s'en aller où je vais, Et partager mon sort, qu'il soit bon ou mauvais;

(D'une vois farte.) J'entends avoir sur eux droit de Justice haute; Et, quel que soit le roi dont je devienne l'hôte, n n'aura rien à faire aux gens de ma maison, Et je pourrai punir de mort la trahison.

GUSTAVE

Vous en aurez le droit.

CHRISTINE

Maintenant je désire Que vous alliez au temple et rendiez grâce, sire, Au Seigneur, qui m'a dit : — Fais de Gustave un roi ; Et que vous y priiez pour l'État et pour moi.

GUSTAVE

Je m'y rends.

CHRISTINE

Maintenant, ceux pour qui la fortune D'une ex-reine n'est pas tout à fait importune , Dans un quart d'heure au plus me trouveront ici. Nous partons aujourd'hui, messieurs.

SENTINBILI.

Reine, merci.

CHRISTINE

STOMÈnui, è Ebba.

Un mot, madame. Auprès de notre souveraine Restez-vous ?

EBBA

Oui, monsieur, partout je suis la reine.

SÎElïfBSEG.

Bien.

EBBA

Mais quel intérêt de savoir où j'irai Avez-vous ?

8TEIIVBEBO.

Un très-grand.

oxsifSTiEBif, descendant et baisant la main de Christine.

Ma fille, j'en mourrai.

(Tout le monde sort. Christine reste en haut des degrés du trône, Monaldeschi en bas; on entend au dehors la foule crier.)

LE PEUPLE

Vive le roi !

CHB18TME.

La foule à son tour l'environne.

On dit vive le roi ! — C'est vive la couronne Qu'il faudrait dire. — Eh bien ! a quoi donc pensons- C'est Christine, marquis, la reconnaissez-vous ? [nous ?

MONALDESCHI

Oh ! madame.

CHBISTIltB.

La reine aux cieux est remontée ; Mais la femme qui t'aime est près de toi restée. Mon diadème d'or contrariait tes vœux Quand tu voulais passer ta main dans mes cheveux.

MOlfALDESCMl.

Ouf, vous m'avez compris, et Je vous en rends grâce...

(A part.) Qui m'eût dit que j'aurais envié ta disgrâce, Magnus de La Gardie !

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