‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 136 sur 999 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SENTINELL1, CLAUTER, LAND1NI.

senti nelli, appelant les deux soldats qui montent

la garde à la porte.

Or çà, venez ici, mes braves. A défaut D'exécuteur légal et d'un bon échafaud.

Pour seconder la mienne on cherche deux épées, Dont les lames d'acier habilement trempées S'adaptent au besoin à deux bras vigoureux.

(Frappant sur le fourreau de leurs épées.) Pour les rencontrer là, serai-je assez heureux? Toyons, répondez-moi...

CLAUTER.

C'est selon, capitaine.

Dans quelle intention ?

SBNTINELLI.

Toici le fait : — la reine A cru parmi ses gens découvrir aujourd'hui Un traître... et sans procès veut finir avec lui. C'est moi qu'elle a chargé de terminer la chose.

LANDINI.

C'est un assassinat... alors qu'on nous propose!

CLAUTER.

Diable! un assassinat!...

SENTI NELLI.

Oh ! non, certainement :

CHRISTINE

Nous exécuteront l'arrêt d'un jugement.

Vous comprenez?

lanbtni.

Si bien que tous pouvez à d'autres Vous adresser ; pour moi je ne suis pas des vôtres.

CLAUTEB.

Ni moi...

SSNTINELU.

Votre courage est donc évanoui ?

CLAUTEB.

Non ; mais nous refusons.

8ENTINELLI.

Ab ! vous refusez?

LANDINI.

Oui.

SENTI NELL1

Comment! vous, Landini, si fameux duelliste!

Mais ce n'est qu'un de plus à joindre à votre liste.

landini.

Oh!... ce n'est point ici, maître, le même cas.

SENTINELLl.

Non, vous tuez gratis, et j'offre cent ducats.

LANDINI.

L'or que le meurtrier reçoit pour son salaire Porte souvent malheur, ou ne profite guère.

8BHTIHILU.

A tort j'ai donc compté sur votre dévouaient ? Voyons, réfléchisse!...

CLAUTIR.

Non, bien décidément, Nous ne pouvons...

SENTINELLl.

Allez me chercher Maudeville.

CLAUTEB.

Maudeville!

LANDIIfl.

Gomment?

SENTINELLl.

11 sera plus docile.

En scrupules sans doute il n'est pas si fécond, Et se chargera bien de trouver un second.

landinl, à Clouter.

Dis donc : s'il doit périr, nous pouvons, je le pense, Tout aussi bien que lui gagner la récompense.

CLAUTEB.

Sans doute... Quant à moi, je ne souffrirai pas Qu'à notre détriment il touche cent ducats...

LANDIIfl.

Voyons ! doit-il périr ?

SENTINELLl.

Sa mort est décidée.

LANDINI.

Rien ne peut le sauver?

SENTINELLl.

Rien.

CLAUTEB.

Nous changeons d'idée.

SENTINELLl.

Vous acceptez ?

TOCS LES DEUX.

Oui.

SENTINELLl.

Bien.

clauteb, à Landini.

A propos, compagnon, Nous avons oublié de demander son nom.

LANDINI.

Ah! oui, son nom?

8E!fTOTELLI.

Son nom ?. .. — Monaldeschi.

LANDIIfl.

Cet homme, J'en ai peur, capitaine, a des amis à Rome...

SENTINELLl.

Vous aurez cent ducats, et vous serez absous.

LANDIIfl.

Un ducat vaut, je crois, quatre livres dix sous : Cent ducats feront donc quatre cents...

CLAUTEB.

Eh! qu'importe?

Tout ce que je sais, moi , c'est que la somme est forte. Laisse là les calculs; lorsque nous la tiendrons, Bien plus facilement nous la calculerons.

Ah çà! sur votre honneur, vous répondez des suites?

SENTINELLl.

J'en réponds.

CLAUTEB.

On n'a pas à craindre de poursuites?

SENTINELLl.

Aucune, et cent ducats...

CLAUTEB.

Sur nous on-peut compter.

SENTINELLl.

Je me chargerai seul du soin de l'arrêter.

Tenez-vous là, messieurs I

{Il les place de chaque côté de la porte.) (Tirant non épée et la faisant plier. )

Allons, ma bonne épée, Prouvons-lui que ta lame à Tolède est trempée. Grâce à toi j'ai souvent écarté le trépas :

Qu'aujourd'hui ton acier ne me trahisse pas!...

( // entre che* Monaldeschi. )

Page 1