‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 160 sur 999 · UN ARCHER · texte numérisé non relu

UN ARCHER

Le théâtre représente une talle gothique.— Au fond, une porte ogire donnant aar tue coar, entre deux ero h é e i à vitraux colories.— A droite dn spectateur, une porte matqnée par une tapisserie. — A gaoche, une grande cheminée; aneaatre porte matqnée aussi par une tapisserie et donnant dans la chambre d'honneur.*— De chaque coté dea croiaéea et entre les portes, des panoplies naturelles. — Près de la cheminée, un prie-Dieu.

Plvsiidis Amenas entourent le feu? YAQOUB est couché du côté opposé, sur une peau de tigre; à la porte du fond paraissent à la fois vu pèlerin, et on àMCMËMportantsur ses épaules un daim qu'il vient de tuer.

n pèlhih, du seuil de la porte.

Que Dieu soit avec tous!

ahdié, passant devant lui.

Entrez, messire prêtre.

Charles de Savouy, notre seigneur et maître, Sur le seuil de sa porte en vous voyant ainsi, Vous dirait comme moi : «Mon père, entrez. »

Il F1LKJUH.

Merci.

( Yaqoub tressaille au son de cette voix, et se retourne.

Airoii.

II tous dirait encor, s'il était là : « Mon père, Seiez-vous sur mon siège et buvez dans mon Terre. Seiez-vous donc alors et buvez ; car, vrai Dieu ! C'est nous qu'il a chargés de le dire en son lieu.

(Jus archers.) N'est-ce pas?

LIS AICUI8.

Certe.

LE PÈLIBIIf.

Ainsi ferai-je tout à l'heure :

Mais, pour me rendre encor sa volonté meilleure, Pourrai8-je auparavant, le sachant fils pieux, Aller sur leurs tombeaux prier pour ses aïeux ?

andbé, décrochant une clef.

Jehan, prends cette clef, et conduis ce saint homme.

(Le pèlerin et Jehan sortent.) Maintenant, que celui d'entre vous qu'on renomme Pour un tueur de daims, me dise si beaucoup, Tirés à cent vingt pas, tombent ainsi d'un coup.

CHARLES VII

(Jetant le daim à terre.) Regardez.

(Ils font cercle autour de l'animal.)

UN ABCBEB.

Cest un daim d'une royale race.

andbé.

Depuis le point du jour que j'éventai sa trace, Il m'a fallu passer, ainsi qu'un sanglier, Pour le suivre, à travers et taillis et hallier; Aussi je me suis mis les mains et le visage Tout en sang.

(A Yaqoub.) — Tu ris, toi?

UN ABCHEl.

Laisse là ce sauvage.

yaqoub, $e retournant.

Beim!...

l'abcub.

A l'art de la chasse est-ce qu'il entend rien? La chasse est un plaisir de noble et de chrétien. yaqoub, comme se parlant à lui-même.

J'étais encore enfuit : un matin, sous sa fente, Mon père, l'œil en feu, poitrine haletante, Rentra, jetant son arc et ses traits, et me dit : « Yaqoub, par Mahomet! ce canton est maudit; Chaque nuit mon troupeau d'un mouton diminue. La lionne au bercail est encor revenue; Sur le sable j'ai vu ses pas appesantis.

Sans doute dans quelque antre elle a quelques petits. » Je ne répondis rien ; mais, quand sortit mon père, Je pris l'arc et les traits, et, courbé vers la terre, Je suivis la lionne. Elle avait traversé Le Nil; au même endroit qu'elle je le passai : Elle avait au désert cru me cacher sa fuite; J'entrai dans le désert, ardent à sa poursuite : Elle avait, évitant le soleil au zénith, Cherché de l'ombre au pied du grand sphinx de granit, De l'antique désert antique sentinelle ; Comme elle fatigué, je m'y couchai comme elle... Comme elle je repris ma course, et jusqu'au soir Mon pas pressa son pas; puis je cessai d'y voir. Immobile, implorant un seul bruit saisissable Qui vint à moi... Flottant sur cette mer de sable, J'écoutai, retenant mon souffle... Par moments, On entendait au loin de sourds mugissements : Vers eux, comme un serpent, je me glissai dans l'ombre. Sur mon chemin un antre ouvrait sa gueule sombre, Et dans ses profondeurs j'aperçus sans effroi Deux yeux étincelants qui se fixaient sur moi. Je n'avais plus besoin ni de bruit ni de trace, Car la lionne et moi nous étions face à face... Ah ! ce fut un combat terrible et hasardeux, Où l'homme et le lion rugissaient tous les deux... Mais les rugissements de l'un d'eux s'éteignirent... Puis du sang de l'un d'eux les sables se teignirent; Et, qnand revint le jour, il éclaira d'abord Un enfant qui dormait auprès d'un lion mort.

Cet enfant aux chrétiens ne sert pas de modèle; La chasse du lion est plaisir d'infidèle.

ANDlt.

Silence, Sarrazin!... Quand loin de leur pays

Les chrétiens vont chassant par tes champs de mais, C'est qu'ils sont tourmentés d'une sainte espérance ;

( Montrant Vaqoub.) Et voilà le gibier qu'ils rapportent en France! ( II détache les flèches passées autour de sa ceinture,

et pose son arc dans un coin. > Ouf!... Maintenant j'ai soif... A boire, compagnon! Que dit-on de l'Anglais? Que fait le Bourguignon ? Avons-nous du nouveau depuis hier?

(Il boU.) Ah! Bourgogne!

Bourgogne, qui nous fais la guerre sans vergogne, Je puis bien me brouiller avec tes enfants ; mais, Bourgogne, me brouiller avec ton vin, jamais !

un abcbeb. « Du nouveau? Guy- Raymond arrive.

ANB1B.

D'où?

l'aicui.

Je pense Que c'est du camp français.

ANMÉ.

Que Dieu le récompense, S'il vient nous annoncer que l'Anglais est battu, Ou que le roi reprend quelque peu de vertu!... Vous a-t-il, en passant, donné quelque nouvelle?

UN ABCHEl.

La comtesse l'a fait introduire auprès d'elle

Sitôt son arrivée : il nous a seulement

Dit, en passant ici, de l'attendre un moment.

ANDBÉ.

Sans doute que du maître il apporte un message?

l'abcub.

C'est probable.

AlfDHt.

Avec vous je le guette au passage.

Depuis bientôt trois ans qu'il est parti d'ici, Il doit avoir du neuf à conter.

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