‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 176 sur 999 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LE COMTE, seul.

Oui, va dormir aux bras de ta maltresse, Afin que si les cris de la France en détresse Viennent pendant les nuits l'éveiller en sursaut, Une voix de l'enfer te parle encor plus haut !... Va reprendre ta chaîne, avec tant d'art tissue, Qu'à l'esclave lui-même elle est inaperçue... Va, ton retard serait une rébellion, Faible daim... qui pourrais devenir un lion.

(André passe avec plusieurs archers qu'il met en

sentinelle dans la cour.) Dors, et sur ton sommeil je veillerai moi-même, Car en toi seul encor vit notre espoir suprême; Et Dieu n'eût pas remis un royaume en tes mains, Si tu ne le servais pour de secrets desseins... Peut-être quand, demain, à ton âme trompée J'offrirai pour miroir le fer de celte épée, A ton aspect soudain reculant malgré toi, Tu nlras que la lame ait réfléchi le roi...

Le flambeau n'est pas mort, tant qu'une lueur brille : Ma main protégera sa flamme qui vacille; J'écarterai tout vent qui lui serait mortel, Et je déposerai le flambeau sur Tau tel...

Un jour de pur éclat il brillera peut-être!...

(L'heure sonne : il écoute.) Minuit... Tranquillement dormez, mon noble maître : Nos yeux seront ouverts si vous, vous sommeillez. Sentinelles, veillez !

( On entend une seconde sentinelle répondre : ) Sentinelles, veillez.

(Le même cri se fait entendre de distance en distance, jusqu'à ce qu'il se perde dans le lointain. — La toile tombe.)

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