‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 180 sur 999 · TAQOUB, LE ROI, AGNÈS · texte numérisé non relu

TAQOUB, LE ROI, AGNÈS

LE ROI

Que regardes-tu donc, Agnès, de la fenêtre, Et qui te fait sourire ?

AGNÈS

Oh ! mon seigueur et maître 1 Un instant avec moi regardez dans les cieux

CHARLES VII

Ce soleil, si brillanj qu'il fait baisser les yeux :

Eh bien ! il s'est levé voilé par un nuage :

A peine y pouvait-on distinguer son passage :

Tout était triste et froid sur la terre ; il semblait

Qu'avec peine aujourd'hui le inonde s'éveillait,

Que tout était souffrant, décoloré, sans âme,

Et pour vivre attendait un rayon de sa flamme...

Voilà que tout renaît où tout mourait sans lui.

Eh bien ! mon doux seigneur, je songeais aujourd'hui,

Eu le voyant vainqueur du nuage et de l'ombre,

Que si, semblable au sien, votre matin fut sombre,

11 doit aussi venir un jour où, radieux,

L'éclat de votre front fera baisser les yeux...

Car déjà, comme lui sur la terre ravie,

(Montrant Yaqoub.) Vous aussi paraissez, et rendez à la vie.

Ah ! oui, je reconnais l'esclave condamné.

AGÏfftS.

Parlons-lui, voulez-vous?

lx roi, faisant signe à Yaqoub.

En quels lieux es-tu né ?

Loin d'ici.

YAQOUB.

LX EOI.

Mais comment nomme ton ta patrie?

Le désert.

Le désert?

YAQOUB.

AGltfeS.

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