SCÈNE XV
voos n'êtes pas mort : que je suis heureuse ! que je suis contente !
■. DR VERTPRÉ
Et moi aussi, je suis content et joyeux, et je ne sais pas le seul.
PAULINE
Gomment ?
H. DE VERTPRÉ
Tiens, voilà Léon qui est dans le délire. (A Léon.) Remettez-vous, Léon, c'est décidé, rien ne s'opposera à votre bonheur.
PAULINR.
Que dites-vous, mon oncle?
H. DE VEBTPIÉ.
Je dis que ce jeune homme t'adore.
PAULINE
Et moi je le déteste.
M. DR VRRTPRÉ.
Qu'est-ce que tu dis là? un amour si pur, si vrai, si ardent... Mais parlez donc un peu, vous aussi. Ne me disiez-vous pas tout à l'heure... itou.
Que j'aimais mademoiselle.
a. DE VERTPRÊ.
Que vous l'aimiez.... Vous disiez que vous en étiez fou, que vous ne pouviez pas vivre sans elle, que vous vous brûleriez la cervelle si vous ne l'obteniez pas. C'est à peu près cela que vous avez dit, n'est-ce pas?
LÉON
Pas tout à fait... mais...
M. DR VRRTPRÉ.,
Entends-tu? 11 répète qu'il se brûlerait la cervelle. Malheureux jeune homme, un suicide.... T avez-vous bien songé?
Comment, Léon, vous m'aimez à ce point?
LÉON
Oh ! plus que vous ne pouvez l'imaginer.
H. DR VRRTYRÉ.
Et il ajoutait : Je voudrais qu'elle fût là pour tomber à ses pieds. (A Léon.) A genoux! (A Pauline.) Qu'il n'y aurait de bonheur pour lui que lorsqu'il aurait obtenu de ta bouche... (A Léon.)k genoux! (A Pauline.) l'aveu qu'il était payé de retour; et tu ne peux pas le lui refuser , Pauline , car c'est un amour véritable , cela se voit , cela se sent, et tu répondrais de sa mort. (A Léon.) Mais à genoux donc!
(Léon tombe à genoux. )
PAULIN R
Ah! si je le croyais!
LÉON
Croyez-le, car votre oncle vous dit la vérité tout
entière, et j'ai encore mille choses, moi, mille choses à vous dire.
PAULINE
Et moi, Léon, je n'en ai qu'une.
LÉON
Dites donc !
PAULINE
Je vous aime.
*. dr vertpré, avec solennité.
Enfants , ( // saisit leurs mains. ) je vous unis. (A part.) Ce n'est pas sans peine.
Pauline, à M. de Pertpré.
Mon oncle, ma tante seule peut disposer de ma main ; elle est ma seconde mère, et je n'appartiendrai qu'à l'homme de son choix.
m. de vertpré.
C'est très -bien! Conte -lui tout cela, et nous allons chercher le notaire, nous.
LÉON
Ah ! laissez-nous un peu ensemble.
M. DR VRRTPRÉ.
Non, non, voyez-vous, ces choses-là, il faut les terminer séance tenante. (A part.) On ne sait pas ce qui peut arriver. (Prenant Léon à part.) Et maintenant, mon neveu, tu n'es vengé qu'à moitié. (Haut.) Il te reste à demander la main de Pauline à sa tante, et à lui dire... Tu sais ce que tu as à lui dire, du reste.
LÉON
Soyez tranquille. Au revoir, chère Pauline; je vous quitte , mais pour m 'occuper de notre bonheur, et le hâter autant que possible.
PAUUNR.
Vous ne reviendrez jamais assez vite.