SCÈNE XVII
LÉON seul; puis M. DE VERTPRÉ.
léon, accablé, sur un fauteuil.
Oui, Je fait est que j'ai été bien cruel, et sans m'en douter encore ! . . . Dieu me pardonne ! Me voilà bien entre deux amours comme ceux-là!... c'est qu'il n'y a pas eu moyen de lui dire un mot de mon mariage. Une lettre ! (// la regarde avec effroi.) Mais c'est que je ne l'aime plus du tout, moi, je ne sais pas comment cela s'est fait. Une lettre! allons, du courage, il faut la lire : « Restée seule en vous quit- » tant, j'ai presque eu du remords de la manière » dont j'avais d'abord reçu l'aveu d'un amour qui » paraissait si vrai et si passionné. » Oh ! il n'y a pas de doute ! continuons ! (// s'essuie le front. ) « Mais » il en est ainsi du cœur d'une femme : rarement il » lui est permis d'exprimer tout ce qu'elle éprouve, m Tout ce qu'elle éprouve ! j'espère que c'est clair , cela ! « Il faut , quand on est homme , plaindre et » pardonner. » Oui , certes, je me plains, mais je ne me pardonne pas. (77 retombe sur sa chaise.) Eston plus malheureux ! mais c'est de la fatalité ! Oh! les femmes ! les femmes ! c'est affreux, quand on y songe ! madame de Vertpré trahir son mari , un homme charmant... plein d'esprit... de franchise... aussi jeune que moi, car il n'a pas quarante ans et j'en ai plus de vingt... et pour qui? pour... certainement c'estflatteurpourmoi; n'importe, je ne dois pas lé souffrir. Mais que faire ? ( Se relevant vivement. ) Mon oncle qui va venir me demander le résultat; il est joli le résultat! Enûn moi, je ne puis pas lui dire... j'aime mieux qu'il l'apprenne par un autre, et ma foi !.. . (// va pour se sauver par laportedufbnd 'et s'arrête. ) Ah ! le voilà en bas sur la terrasse... si je descends par cette porte ou par l'autre, il va me voir... Est-ce qu'il n'y a pas moyen de s'échapper?