‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 251 sur 999 · DEL ACHAT · texte numérisé non relu

DEL ACHAT

Tu ne sais pas, pauvre enfant, ce que te coûterait un jour, à remplir toi-même , cette condition que tu lui imposes aujourd'hui ! Tu connaîtras plus tard combien prennent tout le cœur ces affections d'épouse et de mère!... La nature regarde devant elle, Amélie, et ne .s'occupe pas de ceux qu'elle laisse vieux et fatigués en arrière. Supposons donc que la carrière qu'a embrassée Arthur l'eût forcé à s'éloigner de Paris, tu l'aurais accompagné; moi, alors, et sans que j'eusse eu le droit de tne plaindre, comme autrefois j'avais quitté mes parents malgré leurs larmes , tu me quittais à mon tour

malgré les miennes Je restais alors vieux et

seul..... Je n'ai pas eu le courage d'envisager ce sort. — Adaptes, où m'avait entraîné, comme tu le sais , la nécessité de régler quelques affaires de fortune, je rencontrai un ange d'amour et de pureté , que je ne puis comparer qu'à toi , mon enfant...— Elle me promit, non son amour... je n'osais le lui demander, mais ces soins affectueux qui tiennent à la fois de la fille et de l'épouse. — Je me dis : Amélie appréciera son esprit distingué, ses qualités excellentes, et elle l'aimera; Teresa Terra mon Amélie : sa candeur et sa naïveté la toucheront. Tant qu'elles se chériront, qu'elles resteront toutes deux près de moi, je serai complètement heureux; si l'une des deux me quitte, eh bien! je ne serai malheureux qu'à moitié.

AUELIB.

Oh ! ce ne sera jamais moi !

DILAUTIAY.

Voilà ce que je me suis dit, ma fille ; et si , arrangeant tout pour mon bonheur, j'ai dérangé quelque chose au tien, pardonne-le-moi, pardonne à ton père : il n'avait pas pu le prévoir.

AXILIB.

Moi, vous pardonner, mon père!... C'est moi qui suis à vos genoux, c'est moi qui vous demande pardon de vous avoir affligé.... Mais la faute n'en est peut-être pas à moi toute seule : madame la baronne...

DILAUNAT.

Encore!

AMÉLIE

Maman! maman !... Je me trompe.

DELACNAY.

Amélie , tu es injuste : Teresa est aussi bonne que belle.

Oui, papa, maman est bonne et belle... mais elle ne m'aime pas.

BELAUHAY.

Et pourquoi?

AXILIB.

Le sais-je?...Mais chut!... c'est elle qui rentre.. • Papa, ne lui dites pas un mot de tout cela... Voyezvous? c'est peut-être moi qui ai tort... Oui, oui, je me rappelle... elle serait venue à moi, sans ma froideur qui'l'a retenue... Et je vais lui demander pardon devant vous.

BBLA1MAY.

Non , non : ma présence contiendrait peut-être vos sentiments à toutes deux : vous feriez par complaisance ce que je demande à votre conviction. •• Reste seule, mon enfant : attends ma femme.. • la

mère sois charmante avec elle comme tu Tes

avec moi.... Reviens vite ro'annoncer que, si tu n'as pas retrouvé en elle ce que Dieu ne donne qu'une fois , comme la vie , une mère , je t'ai du moins ramené une bonne et excellente amie. — Adieu, mon enfant : je te quitte pour m'occuper, avec Dulau , de toi et d'Arthur. — Tu auras soin que l'on ne nous dérange pas.

AUBLIE.

Adieu, mon père... Vous serez content de votre fille... Vous serez heureux... Adieu!

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