‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 252 sur 999 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

AMÉLIE, jmU TERESA.

AxiLiB, $eule.

Oh! il m'en coûtera bien d'appeler cette lia-

ift*

TERESA

Henné ma mère!.... Si Ton ajoutait foi aux pressentiments, je penserais que le malheur me viendra d'elle... La voici!

teresa , à port.

Encore cette enfant!

améue , à part en la regardant.

C'est bixarre! Il semble qu'elle éprouve pour moi le même éloignement que moi pour elle...

teresa , à paru Dans trois jours elle sera sa femme... la femme d'Arthur!... Ah!...

(Elle veut entrer ehe* le baron.) ahélie , à part.

Eh bien!... Elle s'éloigne déjà... — (Haut, en V arrêtant.) Pardon... mon père travaille en ce moment avec Dulau...

A quoi donc , mademoiselle ?

AMÉLIE

A notre contrat.

teresa, avec amertume.

Ah! oui... N'est-ce pas demain qu'il se signe?

AMÉLIE

Je le crois.

TERESA , à part avec un soupir.

Le contrat de mariage d'Arthur!...

amélie , à part, bien bas.

Allons, il le faut!... Maman...

TERESA , à part.

Sa mère!...

AMÉLIE. '

Uon père veut que nous causions...

TERESA

Je vous écoule , mademoiselle.

amélib, tristement.

Ah! si vous m'appelez mademoiselle, je ne pourrai pas vous appeler maman...

TERESA

Mais qui vous force à m'appeler ainsi?

AMÉLIE

Papa le désire...

TERESA

Et cela vous coûte?

Je n'ai pas dit cela... mais...

' TERESA

Hais?...

AMÉLIE

Vous êtes si jeune, que je vous appellerais plutôt ma sœur.

TERESA

Je comprends : vous m'aimeriez mieux pour votre sœur que pour votre mère?...

AMÉLIE

Oh! oui car alors mon père nous aimerait

toutes deux également.... tandis que...

TERESA

Achevez...

AMÉLIE

Tandis que j'ai tremblé un instant qu'il ne vous aimât plus que moi.

TERESA

J'aurais cru en ce moment votre cœur trop plein d'un autre sentiment pour qu'il put s'apercevoir.. • cela fut-il... que je lui avais enlevé quelque chose de l'affection paternelle.

AMÉLIE

Eh! quel sentiment peut donc remplacer la moindre part perdue dans l'amour d'un père?

Celui que vous avez pour H. Arthur et qu'il a pour vous serait une compensation, ce me semble.

AMÉUE.

Oh ! jamais !... c'est si différent !

TERESA

Et comment l'aimez-vous donc alors?...

AMÉUE.

Arthur?

TERESA

Oui , Arthur.

AMÉLIE

Un peu plus que Laure , mais moins que mon père.

TERESA , vivement.

Pas davantage?

AMÉUE.

Non.

TERESA

Et vous appelez cela de l'amour ?...

AMÉLIE

écoutez , maman. — (Teresa se rapproche.) En pension j'ai beaucoup entendu parler de' l'amour : on m'en faisait mille peintures diverses; d'avance on me disait quelles émotions il amenait avec lui... Quand Dulau me présenta monsieur Arthur en me confiant les projets de mon père sur lui, je me suis dit : Enfin je vais connaître l'amour!... J'ai alors, chaque fois qu'il me quittait, interrogé mon coeur et cherché les sensations nouvelles que l'amour devait y produire... Eh bien! cela a été vainement : rien ne m'a annoncé la présence de cet amour. Je me suis habituée à voir Arthur; j'ai du plaisir à le savoir près de moi ; je crois qu'il me rendra heureuse et que je le rendrai heureux : je l'épouserai avec joie , car je sais oue ce mariage est depuis longtemps le songe doré de mon père.— Voilà tout ce que j'éprouve , maman.. •• Est-ce cela ce qu'on appelle aimer?

teresa, à part, avec foie.

Grand Dieu !... (Haut, en lui prenant Im main.) Oui, mon enfant."

Page 1