ACTE III, SCÈNE V
ARTHCR.
Dans sa chambre. — (Vivement.) Voulez-vous que je rappelle?
BELAUNAY.
Non : je suis bien aise de causer un instant avec
TOUS
arthur, inquiet.
Avec moi?...
BELAUNAY.
N'êtes- vous pas mon fils, mon meilleur ami?
ARTHUR
Et de quoi voulies-vous me parler?
BELAUNAY.
De mes chagrins, Arthur !
arthur, tressaillant.
Vous en avez!...
BELAUNAY.
Voilà bien la question d'un homme heureux !
ARTHUR
Et ces chagrins.. . qui les cause?
BELAUNAY.
As-tu remarqué la tristesse et la pâleur de Teresa?
ARTHUR
Oui.
BELAUNAY.
En devines-tu le motif ?
Je n'ai point cherché à m'en rendre compte.
DELAI) If AY.
Arthur, pourrais-tu vivre loin de la France, avec Fidée que tu ne la reverrais jamais?
ARTHUR
Oh! non!
BEL ADN AY.
Eh bien ! tout le mal de Teresa est dans ce que tu viens de dire : elle regrette Naples !...
ARTHUR
Elle n'y a plus de parents.
BELAUNAY.
Et leurs tombes, Arthur!... Il y a sous le ciel qu'ont vu nos yeux en s'ouvrant, dans l'air qu'on a respiré d'une poitrine jeune, libre cl joyeuse, dans le pays natal enfin, un charme qu'aucun autre ne peut rendre!... Teresa regrette tout cela, mon ami. arthur, adoptant vivement cette idée.
Oh! oui, oui sans doute!... C'est cela : c'est à cela qu'il faut attribuer sa tristesse, sa préoccupation... à cela, mon père, et pas à autre chose... Vous avex raison.
BELAUNAY.
Elle me le cache de peur de m'affliger : elle craint, cet ange de douceur, que je ne m'impose à moi les privations qu'elle n'a pas la force de supporter, mais je serai aussi généreux qu'elle.
arthur, prévoyant le dessein du baron.
Et que ferez- vous?...
BELAUNAY.
Je partirai demain pour Naples avec elle.
1 ARTHUR
Vous! vous, vous partiriez! Dites-vous
vrai?...
BELAUNAY.
Oui.
ARTHUR
Mais un pareil voyage demande des préparatifs?...
BELAUNAY.
Ils sont faits.
ARTHUR
Et sait-elle cela, elle?— (Se reprenant.) Madame la baronne.
BELAUNAY.
Pas encore.
ARTHUR
Et Amélie?...
BELAUNAY.
Ce n'est qu'au dernier moment que je l'en instruirai : je craindrais ses prières, ses larmes.
ARTHUR
Ah! oui... car ses prières, ses larmes vous retiendraient, n'est-ce pas?...
BELAUNAY.
Peut-être !... Hélas ! quand on quittée mon âge enfants et patrie, quelque courte que soit l'absence, on risque de ne plus les revoir !
arthur , à part.
Il ne faut pas qu'il parte.
BELAUNAY.
Je te recommande Amélie en mon absence , Arthur... Tes soins la consoleront : je fa saura* heureuse... aimée de toi, carson~bonhetif est dans so-n amour. — Voici Teresa : laisse-moi seul avec elle. arthur va au-devant de Teresa, et, en la saluant, lui dit bas et vivement.
Rappelez-vous que vous m'aimez !
(// sort.\ teresa , à part.
Que veut-il dire?