‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 304 sur 999 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Wl

MLAUit at, se levant, et ne pouvant plus $e contenir. Mais qu'avez-vous donc encore à loi dire?....

arthvr, reculant.

A qui?...

RRLAUTIAT.

A celle que tous ni moi ne pouvons nommer désormais en face l'un de l'autre.

ARTHUR

Oh!...

RILAUHAT.

Il faut, Arthur, que vous soyez bien aveugle et

bien insensé! Je renonce au seul bien qui me

restait dans le monde, à ce qui pouvait me faire fermer la paupière sans maudire Dieu , à la seule chose qui pouvait faire que je dormisse tranquille dans mon tombeau... à la vengeance... j'y renonce pour ne pas faire ma fille veuve et son enfant orphelin.... et vous, vous... vous ne voyez là qu'une lâcheté dont vous profitez, sans en deviner la cause!.... Vous croyez donc que l'âge a brisé mes forces? enfant que vous êtes!... Hais songez donc que cette main, si elle serrait la vôtre, vous ferait mettre à genoux de douleur... et que si elle dirigeait sur votre cœur le bout d'un pistolet ou la pointe d'une épée, plomb ou acier vous irait droit

au coeur! Je voulais que vous partissiez sans

explication entre nous deux, et voilà tout : vous en voulez une : soit.— Eh bien ! je vous la demande... je vais à vous... Voyons, voyons... — ( // marche à lui.) si vous oserez me la donner debout.... arthur, tombant à genoux.

Oh ! grâce, grâce, mon père !...

delauhat.

Eh bien! oui.... à genoux! misérable! à genoux! Vous mériteriez que je vous brisasse le

front avec le pied!...— (Pleurant.) Savez-vous que c'est bien infâme ce que vous avez fait !... Et si je n'avais pu supporter votre crime, à vous, si je m'étais brûlé la cervelle, comme un instant j'en ai eu l'intention... croyez- vous que le sang du vieillard que vous osez encore appeler votre père ne serait pas retombé , pendant l'éternité , goutte à goutte sur votre cœur, dévorant comme du plomb fondu?. . . Dites : croyez-vous que vous auriez eu un jour de repos , une nuit de sommeil , un instant de bonheur?... Dites, le croyez-vous?

arthur, se roulant à $e$ pieds.

Oh! non, non!...

dklauhay.

Eh bien ! quand je veux réserver pour moi seul douleurs et insomnies, quand je veux vous épargner un enfer dans ce monde et dans l'autre, quand pour cela je ne vous demande que de partir... ignorant et par conséquent sans remords !.... non, non! vous voulez rester; vous ne devinez

rien; et il faut que je vous dise tout! Eh bien!

vous le savez : partez donc , maintenant , et soyez maudit !

ARTHUR

Oh ! je mourrai là , plutôt que de partir avec votre malédiction.

brlaunat, le saisissant par le bras et le remettant sur $e$ pieds.

Partez, vous dis-je ! car je puis faire plus que de

vous maudire! Partez... Je vais embrasser et

préparer ma fille Qu'à mon retour je ne vous

retrouve pas ici. Après ma mort... vous pourrez y revenir.

ARTHUR

Oh ! votre pardon !

DEL At If AT.

Arrière! — ( Arthur recule. ) Rendez mon

Amélie heureuse, monsieur, et à cette condition, à cette seule condition, entendez-vous? à l'heure de ma mort je vous pardonnerai peut-être.., Mais jusque-là... — ( Riant. ) Oh ! vous raillez !...

( // rentre chez Amélie : Arthur le suit des yeux. — Pendant ce temps , Teresa sort mourante de sa chambre , et va s'asseoir à la place où Delaunajr était assis. )

TERESA, assise, ARTHUR.

arthur , sans se retourner du côté de Teresa, qu'il n'a point entendue.

Quelle honte ! quel abtme ! quel enfer !

TERESA

Oui , vous avez bien raison : c'est horrible !

artbcr , se retournant.

Teresa!...

TRRRSA.

J'étais derrière cette porte : j'ai tout entendu.

arthur , chancelant et pleurant.

Oh! oh!... Je vous l'avais bien dit!...

teresa, vivement.

Oui, oui... àmoila faute... à moi seule! —

( A part. ) Et à moi seule la punition !

ARTHOR.

Que faire?...

TERESA

Partir... Le vieillard ne vous l'a-t-il pas ordonné?

ARTHUR

Partir!... Et vous?...

TRRRSA.

Ne vous inquiétez pas de moi, Arthur Le

jour où j'ai trompé mon mari... j'ai pris... pour l'heure où il découvrirait ma faute , une résolu-

258 TERESA

que je compte accomplir aujourd'hui '

tion...

même.

ARTHUR

Quelle est-elle? dites, car je tremble!...

TERESA

Rassurez-vous, Arthur: si l'accomplissement de cette résolution ne me rend pas heureuse , elle me rendra tranquille... du moins je F espère... Mais partez, partez donc!...

ARTHUR

Votre main!...

mis a.

Rien... rien , Arthur!... Une dernière caresse, à Pheure qu'il est, pèserait plus dans la balance divine que toutes mes fautes passées!... Adieu!

ARTHUR

Pour toujours?...

Page 1